Louis Michel: "Il vaut mieux une démocratie autoritaire qu'un système militaire"

Ce mardi sur La Prem1ère, c’est le député européen MR Louis Michel qui s’est prêté au questions de Bertrand Henne. Turquie, Brexit Johnson et Barroso, autant de sujets abordés avec le père de l'actuel Premier ministre belge  

Avec le grand nettoyage effectué par le président Erdogan, la Turquie remplit-elle encore les conditions pour adhérer à l’Europe ? Pour l’ancien commissaire européen l’instrumentalisation du putsch afin de durcir le régime est manifeste: "Il vaut mieux une démocratie autoritaire qu’un système militaire, même si j’ai du mal à imaginer qu’en quelques heures l’on puisse dresser des listes de milliers de suspects. On peut imaginer qu’une partie de ces listes existait déjà. Et l’Union européenne ne peut pas transiger sur cette question-là." Et de rejoindre les propos du chef de groupe Ecolo à la Chambre Jean-Marc Nollet qui, sur le Prem1ère ce lundi, regrettait l’opportunité manquée de réconcilier, rapprocher les points de vue et donner une dimension plus humaine à la démocratie turque.

Ne pas oublier la sensibilité des autorités turques à l’argument économique

Mais avec l’importance prise par la Turquie dans la crise migratoire et son rôle au sein de l’OTAN, difficile pour l’Union de condamner trop fermement même si, comme le rappelle Louis Michel, "transiger sur les principes n’est pas acceptable." Alors que faire ? "La riposte doit être proportionnelle, c’est un principe de droit élémentaire qui semble ne pas être respecté pour le moment. Lorsque l’on entend monsieur Erdogan parler d’un éventuel rétablissement de la peine de mort, il n’est pas possible à l’Europe de transiger sur ces concepts. Il ne faut cependant pas oublier, la sensibilité des autorités turques à l’argument économique étant donné leur expansion. Difficile donc de faire l’impasse sur une relation nouvelle avec ce pays. Il faut que l’Union sache quel modèle elle défend."

La nomination de Boris Johnson au poste de ministre des Affaires étrangères est presque un pied de nez

Autre sujet qui marque l’Europe, le Brexit. Avec une sortie de l’Union annoncée pour le 1er janvier 2019, le Royaume-Uni semble être maître de l’agenda. Semble, car pour Louis Michel les autres membres ont leur mot à dire et leurs arguments à faire valoir. "Moi je pense qu’il faut aller plus vite. Le Brexit est ancré dans une majorité des esprits britanniques, il n’y a pas de retour possible, inutile donc de perdre du temps. D'autant que la surprenante nomination de Boris Johnson, l’ancien maire de Londres, caricature de toutes les singularités, de toutes les outrances, au poste de ministre des Affaires étrangères, est presque un pied de nez. "

Je me suis demandé si ce n’était pas le premier avril

Sur le cas Barroso engagé par Goldman Sachs, Louis Michel regrette le choix de son ancien collègue à la Commission européenne. "Je me suis demandé si ce n’était pas le premier avril. J’ai été très surpris. Faire cela au moment du Brexit et évoqué cela comme argument. Cela m’a attristé car j’ai toujours eu de très bons rapports avec Barroso. Je n’ai jamais cru qu’il commettrait une telle faute de goût à l’égard de son engagement européen."        

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