Procès d'un prêtre brugeois suite au suicide d'un fidèle: jugement reporté

Une pièce majeure manquait au dossier
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Une pièce majeure manquait au dossier - © GAELLE PONSELET - BELGA

Le secret de la confession est-il total ? La question est au centre d'un procès qui devait se clôturer ce matin à Bruges. Alexander S., un prêtre de 57 ans est soupçonné de négligence coupable. En octobre 2015, un homme de 54 ans originaire de Gistel (Flandre occidentale) lui a livré son intention de se suicider. Le prêtre a reçu trois coups de fil et plusieurs sms avant que l'homme, souffrant d'une dépression, ne passe à l'acte dans sa voiture. Alexander S. n'a averti ni les secours ni la police.

Lorsque la femme du défunt a pris connaissance des échanges que son mari avait eus avec le prêtre avant de commettre l'irréparable, elle a porté plainte auprès d'un juge d'instruction. L'ecclésiastique se défend en invoquant le secret de la confession.

Un pièce indispensable manquait au dossier

Ce lundi, le tribunal correctionnel de Bruges devait rendre son jugement. Celui-ci est reporté puisqu'un document majeur n'a pas été annexé: le procès-verbal initial qui constate le suicide. Or, c'est évidemment sur cette question de suicide que repose tout le dossier. Le tribunal n'a pas pris le risque de rendre un jugement sans ce document, le risque de nullité aurait été trop important.

L'audience est fixée au 5 novembre

L'affaire est mise en continuation et une prochaine audience est fixée. Le jugement pourrait soit être rendu dans la foulée, soit un mois plus tard si l'affaire est mise en délibéré. Le procureur n'a pas requis de peine minimale à l'encontre du prêtre. En théorie, une personne condamnée pour négligence coupable risque jusqu'à un an de prison et une amende s'élevant jusqu'à 3

 

000 euros.

"Le prêtre aurait dû aller chercher de l'aide"

"Il est du devoir de chacun d'aider une personne dans le besoin. Un point c'est tout", a plaidé Me Patrick Bernard Martens, représentant de la partie civile. Le ministère public est également d'avis que le prévenu ne peut se retrancher derrière le secret confessionnel.

De son côté, la défense a fait valoir qu'Alexander S. a tenté de changer les idées de la victime. Me Jan Leysen a comparé la situation avec le travail de la ligne téléphonique de prévention au suicide. Il a demandé l'acquittement de son client.

Quant au secret de la confession, le président du tribunal a rappelé que son institution n'était pas concernée par le droit canon. La défense a à peine plaidé autour de cette notion, Me Leysen se contentant de rappeler que son client faisait face à un grand dilemme en raison de ce secret. "Si vous ne considérez pas important mon secret confessionnel, alors on peut en dire de même de l'indépendance de ce tribunal. Je suis entre deux chaises. C'est à vous de juger", a indiqué Alexander S. dans sa dernière déclaration.

Archive : JT 14/11/2017

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