Commission Samusocial: Pascale Peraïta fait usage de son droit au silence et quitte la salle

Ce mardi, la commission Samusocial devait auditionner, outre Valérie Vierset et Rita Glineur, administratrices de l’asbl Samusocial, Pascale Peraïta (ex-PS). Mais l'ancienne patronne du Samusocial, personnage-clef du scandale qui touche Bruxelles, a fait valoir son droit au silence après avoir prêté serment.

Après avoir lu une courte déclaration expliquant qu'elle réservait ses déclarations à l'enquête judiciaire en cours, et refusé de revoir sa position malgré l'insistance du président Stefan Cornelis (Open VLD), elle a quitté la salle après cinq minutes. 

Droit au silence

"Madame Peraïta fera bien usage de son droit au silence et ne répondra à aucune question en lien avec le Samusocial ou autres sujets connexes", avait averti son avocat.

Tout comme les deux autres témoins entendus ce mardi, Pascale Peraïta avait aussi souhaité faire valoir son droit à l'image. Elle refusait d'être filmée ou photographiée lors de son audition mais plusieurs médias, dont la RTBF, ont exprimé dans une lettre adressée au président de la Commission d'enquête leur "extrême inquiétude" face à cette demande et ont demandé que le droit à l'image s'efface devant le droit d'informer, ce qu'a finalement autorisé le président de la commission d'enquête sur le Samusocial.

Pour le député Ecolo Alain Maron, "madame Peraïta a invoqué son droit au silence sur un aspect, c'est le fait de ne pas être amenée à donner des réponses qui pourraient l'incriminer pénalement, commente l'écologiste. Donc, si nous lui posons des questions sur l'organisation interne du Samusocial, mais aussi sur les relais politiques qu'elle a activés pour obtenir plus de moyens pour le Samusocial, il n'y a pas de raison que cette question entre sous le coup de son droit au silence."

Les députés de la Commission comptent mettre toutes les chances de leur côté. Ils ont soumis leurs idées de questions à des experts judiciaires qui accompagnent la Commission, des experts qui ont donné des conseils sur la manière d'exprimer ces questions, pour éviter que Pascale Peraïta ne puisse invoquer un conflit entre les enquêtes. Les commissaires prévoyaient d'aborder surtout la manière dont fonctionnait la direction du Samusocial, et de quels relais politiques cette direction a bénéficié pour toujours obtenir des moyens supplémentaires, alors que le volet judiciaire concerne lui surtout les rémunérations polémiques des dirigeants du Samusocial.

Entendue par le justice le 23 juin

Pascale Peraïta a précisé que son avocat avait adressé un courrier au président de la commission, Stefan Cornelis (Open Vld), le 26 juin dernier affichant clairement ses intentions dans ce sens. "Cette information a été transmise à tous les médias trois heures plus tard", a ajouté Pascale Peraïta, semblant le déplorer.

L'ex-présidente du CPAS de la Ville de Bruxelles a confirmé avoir été entendue le 23 juin dernier par les enquêteurs auquel elle a assuré avoir répondu "à toutes les questions en toute transparence".

Audition de Pascale Peraïta

Arrivée de Pascale Peraïta

A son arrivée dans la salle de commission, l'avocat de Pascale Peraïta a vivement déploré que la demande de respect du droit à l'image de sa cliente ne soit pas respectée, contrairement à un engagement pris dans ce sens, selon lui par Stefan Cornelis.

Valérie Vierset: peu de réponses

Avant cela, l'audition de Valérie Vierset n'a guère apporté de réponses aux nombreuses questions. Le bras droit de Pascale Peraïta au Samusocial puis au CPAS de Bruxelles a souvent fait jouer son droit au silence, se retranchant derrière l'argument de l'enquête en cours. Elle a refusé de répondre à toutes les questions sur les jetons de présence.

Elle s'est limitée à donner des réponses factuelles concernant son rôle logistique et sa carrière au Samusocial dont elle défend l'action. Elle dit n'avoir été recrutée par personne et n'a participé à aucun recrutement. "Je ne connaissais pas l’asbl, ni Pascale Peraïta au moment de l’annonce". 

"J’ai poursuivi à mi-temps au Samusocial, quand Pascale Peraïta est devenue présidente du CPAS en 2013, pour apporter un soutien logistique aux équipes en place et aidé les gens dans la rue, comme par le passé. Jusqu’en juillet 2014, j’ai poursuivi ce travail à mi-temps mais c'était humainement difficile. J’ai ensuite pris un congé sans solde pour assurer un temps plein au CPAS. Je suis alors devenue membre du bureau du conseil d’administration du Samusocial ".

Elle reconnaît avoir eu un autre mandat rémunéré d'administratrice au CHU Brugman, mandat qu’elle a quitté suite au scandale du Samusocial.

Valérie Vierset a démissionné du Samusocial début juin : "Il fallait que je fasse un pas de côté par rapport aux équipes du Samusocial. Il y a eu une démission collective, qui doit encore être actée par une assemblée générale. Quitter le Samusocial, c’était une déchirure""Au bureau du Samusocial, je siégeais à titre privé".

Elle dit n'être jamais intervenue dans le versement de primes et ne se souvient si elle en a bénéficié. Victime plus souvent qu'à son tour de trous de mémoire et assez stressée, elle a du s'interrompre en pleine séance, sous le coup de l'émotion. Elle a farouchement nié avoir été en séminaire au Sénégal avec le Samusocial, tout comme le fait qu'il y ait eu consommation de "substances illicites".

Enfin, elle explique qu'elle n'a plus d'emploi ayant été licenciée du CPAS.

Rita Glineur: les yeux et les oreilles d'Yvan Mayeur

Rita Glineur n'a guère donné plus de réponses aux questions de financement et de conflit d'intérêt. Elle aussi victime de sa mémoire parfois défaillante, celle qui est le bras droit d'Yvan Mayeur, son chef de cabinet quand il devient bourgmestre en 2014, se définit comme femme de l'ombre et courroie de transmission, "une simple exécutante". A l'époque, elle est encore secrétaire du Samusocial. C'est Yvan Mayeur qui lui demande d'"être ses yeux et ses oreilles" au Samusocial.

Elle défend le travail de l'asbl dans sa lutte contre la pauvreté et justifie les jetons de présence pour son travail : "Pour moi, il n'y avait rien d'illégal. Et sur le plan éthique, le boulot était accompli". 

"Etait-on trop payé? On travaillait dur. S'il faut rembourser, si la justice le demande, je rembourserai".

Face à Emmanuel De Bock (DéFI) qui l'interroge sur ses doubles casquettes à la Ville et au Samusocial et sur l'absence de respect des procédures de marchés publics, notamment avec les Cuisines bruxelloises, Rita Glineur doit reconnaître : "Les marchés publics, ce n'est pas ma spécialité. Je reconnais avoir sans doute commis une erreur".

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