Mons: des Nanas, mais aussi des dragons, à l'exposition Niki de Saint Phalle

Niki de Saint Phalle (1930-2002) voulait faire sortir l'art des musées. Trois Grâces dansent dans le jardin du Mayeur, à Mons.
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Niki de Saint Phalle (1930-2002) voulait faire sortir l'art des musées. Trois Grâces dansent dans le jardin du Mayeur, à Mons. - © RTBF - Pierre Wuidart

Près du beffroi de Mons, quatre totems en mosaïques brillent de lumière et de couleurs vives. La rétrospective Niki de Saint Phalle se joue aussi en plein air. Ça tombe bien. L'artiste franco-américaine n'aimait rien de mieux que de sortir l'art des cercles d'initiés. Dans le jardin du mayeur, trois Grâces dansent tout en rondeur. Et près du Musée des Beaux-Arts, une étrange fontaine et une maison-nana invitent à la détente avant d'attaquer le cœur de l'expo.

Dans le musée, on retrouve les fameuses Nanas apparues dans les années 60. Kyla Mc Donald, commissaire de l'exposition, explique pourquoi l'artiste les a créé si volumineuses: "Niki de Saint Phalle voulait rendre hommage à la maternité et à la place de la femme. Elle fait référence aussi aux anciennes déesses de la fertilité. Elle voulait absolument montrer la femme en tant que personnage puissant. Sa toute première rétrospective à Amsterdam s'appellait d'ailleurs Les nanas au pouvoir".

L'art comme une cartharsis

C'est suite à une dépression que Niki de Saint Phalle découvre la peinture. Elle utilise l'art pour vaincre ses démons, elle qui fut victime d'inceste par son père, quand elle avait 11 ans. En 1960, alors qu'elle a 30 ans, elle quitte son mari et deux enfants en bas âge pour poursuivre sa carrière artistique. A Paris, elle s'entoure d'autres artistes dont Jean Tinguely qu'elle épousera en secondes noces.

Outre les femmes, Niki de Saint Phalle a aussi beaucoup utilisé l'image du dragon dans son oeuvre, comme l'explique Bloum Cardenas, sa petite-fille: "Les dragons et les monstres font partie de son langage. Un film s'intitule Who is the monster ? You or me ? Elle se considérait aussi comme un dragon. Souvent, c'est les hommes qui sont considérés comme un dragon. Ou son papa." Une de ses sculptures monumentales s'appelle "Le dragon de Knokke". Elle a imaginé et construit une maison de jeu pour enfants avec une langue-toboggan !

 

Niki de Saint Phalle est également connue pour ses tirs, performance au cours desquelles il s'agissait de tirer dans une oeuvre en plâtre qui contient quelques poches de peinture. Effet défoulant garanti ! A Mons, grâce à une installation numérique, les visiteurs peuvent tester la version virtuelle de ce paintball artistique. Il y a de la violence dans cette expo, mais c'est la joie qui domine. Elle devrait plaire aussi aux enfants. "Ici, tout est possible" est à voir au BAM de Mons jusqu'au 13 janvier. Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h.

Ecoutez le reportage que nous avons réalisé sur l'exposition

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