"Plus rien n'est comme avant": les filles du couple Riva s'expriment au procès de la tuerie du musée juif

Moment d'émotion au procès de la tuerie du musée juif de Belgique: la famille du couple Riva, tué lors de la fusillade, s'exprime ce jeudi après-midi.

L'audience a commencé par la diffusion de photos de famille. Un moment qui a imposé le silence dans la salle d'audience. Les filles du couple Riva, le frère jumeau d'Emmanuel et la sœur de Miriam sont invités à répondre aux questions de la présidente.

"On a beaucoup de mal à être ici"

Les filles de Miriam et Emmanuel Riva sont les premières à prendre la parole dans leur langue natale, l'hébreu. 

Ayelet a 19 ans et effectue son service militaire obligatoire. Shira a 21 ans, elle se prépare à des études supérieures.

Les deux jeunes femmes aux longs cheveux châtains ont du mal à s'exprimer. "On a beaucoup de mal à être ici". La présidente a souhaité leur présence afin que le jury imaginent mieux qui étaient Miriam et Emmanuel Riva.

"Notre vie a complètement changé"

"On était très proches, on passait beaucoup de temps ensemble" racontent les sœurs Riva.

Au moment de la tuerie du musée juif, le couple Riva était en Belgique pour fêter son 18ème anniversaire de mariage. "Ils voyageaient ensemble pendant qu'on était à l'école. Et ils attendaient d'être tous les deux à la retraite pour voyager encore plus". 

Ayelet Riva raconte ensuite comment elles ont appris la mort de leurs 2 parents. "Shira était à l'extérieur pour balader le chien. Quand elle est revenue, on a regardé le JT. On a vu qu'il s'était passé quelque chose, on a essayé de se renseigner. On a appris la nouvelle à 4h du matin". 

Enfin, les 2 sœurs expliquent leur ressenti face à leur vie sans leurs parents.

"Nous vivons seules. On doit se débrouiller seules, même si on reçoit de l'aide de la famille. Notre vie a complètement changé. Les fêtes, les anniversaires, tout est différent, plus rien n'est comme avant. Nous continuons notre vie, mais cette tragédie nous accompagnera peu importe ce qui arrive autour". 

Aucun regard de Mehdi Nemmouche

Mehdi Nemmouche a gardé les yeux baissés ou le regard tourné dans la direction opposée aux deux jeunes filles durant toute la durée de l'audience.

Le frère jumeau d'Emmanuel Riva, Arieh, prend ensuite la parole pour aborder la complicité qu'il avait avec son jumeau.  "Je ne connais pas ma vie sans lui. Il était l'aîné parce qu'il était né 5 minutes avant moi, mais c'était moi qui agissait comme un grand frère. On ne devait pas se parler, il suffisait de bouger une paupière pour savoir ce que l'autre voulait".  

"Un jour, on a une famille heureuse avec des ambitions. Le lendemain, on a plus rien"

Eilat, la sœur de Miriam Riva, raconte sa petite sœur et son rôle de maman. "Les filles, c'était tout son monde. Elle faisait tout pour qu'elles réussissent tout ce qu'elles entreprenaient. Elle était tout le temps présente. On peut la décrire comme une mère et une femme qui s'occupait de sa famille de manière exceptionnelle". 

L'oncle et la tante de Shira et Ayelet concluent leur audition en insistant sur la difficulté d'affronter le quotidien depuis le décès du couple Riva. " C'est une tragédie, comment peut-on décrire ce qui s'est passé ? Un jour, on a une famille heureuse qui a des ambitions. Le lendemain, il n'y a plus rien. Nous avons pris la responsabilité sur les filles. Nous essayons de leur donner le plus qu'on peut même leur vie d'aujourd'hui n'est pas dans la continuité de la vie d'avant". 

Le procès reprend ensuite sur de nouvelles questions relatives aux armes. La journée est un véritable marathon; il faut respecter le planning pour que les témoins puissent reprendre leurs avions/trains.

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