Peste porcine africaine: les éleveurs de porcs ont-ils touché leurs indemnités ?

4.000 cochons ont été abattus par mesure de précaution dans le sud de la province de Luxembourg
4.000 cochons ont été abattus par mesure de précaution dans le sud de la province de Luxembourg - © Tous droits réservés

C'était en septembre dernier: une épidémie de peste porcine africaine parmi les sangliers était annoncée dans le sud de la province de Luxembourg. Le début d'une crise qui engendre son lot de conséquences. Le ministre fédéral de l'Agriculture Denis Ducarme (MR) signe un arrêté ministériel qui ordonne la mise à mort des 4.000 porcs situés dans la zone infectée. Un coup de massue pour les éleveurs de la région, à qui l'on a promis des indemnités. Trois mois plus tard, nous sommes allés sur place pour demander si les promesses avaient été tenues. 

Une indemnité fédérale

Christophe Dubois et sa compagne Marie-Alexandra Ska ont été particulièrement bouleversés par la perte de leurs cochons. "Je m'occupais des truies et des naissances. Je ne suis plus retournée dans leur enclos depuis...Je ne m'attendais pas à ce que ce soit si dur", témoigne Marie-Alexandra. Un mois et demi après que leurs bêtes aient été abattues, la première indemnité est arrivée. "Il s'agit de l'indemnité fédérale, qui sert à compenser la perte financière du cheptel abattu. Par contre, nous n'avons pas encore reçu la deuxième indemnité", précise-t-elle.

...Et une indemnité régionale

Cette deuxième indemnité est régionale. Il s'agit d'un versement trimestriel qui compense la perte financière jusqu'à ce que la situation revienne à la normale. "Nous avons reçu les papiers à remplir pour la recevoir. Mais il y a plusieurs conditions à remplir", explique Marie-Alexandra. " Je ne peux pas utiliser mes bâtiments d'élevage porcin pendant toute la durée de la crise. Je trouve ça normal, puisqu'en contre-partie, je reçois une sorte de chômage en compensation", témoigne Gérald Schmitz, qui possédait 1.000 cochons. Nous avons contacté le cabinet du ministre wallon de l'agriculture René Colin, qui nous affirme que cette indemnité devrait commencer à la fin du mois de décembre. 

Craintes pour l'avenir

Même si ces deux indemnités assurent une stabilité financière aux éleveurs, ils n'en dorment pas pour autant sur leurs deux oreilles. "Ce qui me fait peur, c'est l'avenir. Quand l'épidémie sera terminée et que je pourrai reprendre l'élevage de porcs, mes fournisseurs et mes acheteurs seront-ils toujours au rendez-vous? Mon avenir s'inscrit toujours en pointillés", conclut Gérald Schmitz. 

Archives : 7 à la Une 29/09/2018

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