La peste porcine africaine livrera-t-elle un jour ses secrets?

Dans le centre de collecte de Virton arrivent toutes les carcasses de sangliers.
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Dans le centre de collecte de Virton arrivent toutes les carcasses de sangliers. - © RTBF

La recherche active des carcasses de sangliers est toujours en cours en Gaume. A ce jour, les autorités ont dénombré 104 sangliers positifs au virus de la peste porcine africaine. Le centre de collecte installé à Virton carbure donc à plein régime. Ce centre organise l’autopsie et l’analyse des carcasses retrouvées par les agents du Département Nature et Forêt, épaulés par des chasseurs. 

Ces autopsies doivent permettre de connaître la région d'Europe de l'Est d'où vient le virus mais aussi si les sangliers viennent ou pas de l'étranger.

Un travail de fourmi pour affiner la connaissance génétique du virus

Depuis le centre de Virton, des échantillons de sangliers sont envoyés laboratoire de référence de Sciensano à Uccle. Thierry Van den Berg, directeur du département des maladies infectieuses animales explique: "Rapidement , on a une réponse : c’est positif ou c’est négatif. Depuis la semaine dernière, nous avons pu en plus confirmer que le virus est le même que celui qui sévit dans une zone d’Europe de l’Est mais on ne sait pas être plus précis à l’heure actuelle parce qu’on manque de suffisamment de séquences d’autres types de virus que pour pouvoir le pointer".

Le but des chercheurs de ce laboratoire de référence est de trouver dans le virus des marqueurs génétiques, des petites mutations particulières qu’on retrouverait dans certains autres virus d’Europe de l’Est pour connaître avec plus de finesse encore le pays d'origine du virus.

L'ADN des sangliers, l'autre piste de recherche

Mais la clé du mystère pourrait provenir de l'UCL. Dans un de ses laboratoires, on teste ici l'ADN des sangliers et notamment celui des tous premiers cadavres morts de la peste porcine africaine, les sangliers primo infectés. Ceux trouvés sur le camp militaire de Lagland mais pas seulement.

Marie-Christine Flamand, chercheuse à l'UCL explique : "Il s’agit ici d’échantillons qui sont fortement dégradés donc les génotypages sont difficiles, il faut les reproduire plusieurs fois. On compare l’empreinte moléculaire des sangliers suspects à notre référentiel composé de 1300 sangliers de nos Ardennes." 

Toutes les analyses ne sont pas terminées mais l'enquête judiciaire ouverte et qui tente de voir si la peste porcine est liée au lâchage illégal de sangliers pourrait avoir des réponses prochainement. 

"Nous avons des premiers résultats. Mais que nous ne pouvons pas communiquer car tous les résultats ont été saisis par la juge d’instruction".

Peste porcine africaine : poursuite des analyses

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