Yasser Arafat n'a pas été assassiné, selon la justice française

Portrait de Yasser Arafat sous un drapeau palestinien près de Bethléem dans les Territoires palestiniens, le 11 novembre 2011
Portrait de Yasser Arafat sous un drapeau palestinien près de Bethléem dans les Territoires palestiniens, le 11 novembre 2011 - © AFP

Un non-lieu a été requis mardi en France dans l'enquête sur la mort du leader palestinien Yasser Arafat, ouverte en 2012 pour "assassinat", a annoncé à l'AFP le parquet de Nanterre (région parisienne) qui était en charge de l'enquête.

Le parquet "a rendu un réquisitoire définitif aux fins de non-lieu" dans ce dossier, où aucune mise en examen n'a été prononcée.

Le président de l'Autorité palestinienne est décédé le 11 novembre 2004 à 75 ans dans un hôpital militaire de la région parisienne, après une brusque détérioration de son état de santé. Les causes de son décès n'ont jamais été élucidées.

Trois juges de Nanterre étaient saisis de cette enquête depuis août 2012, après une plainte contre X déposée par la veuve de Yasser Arafat, Souha Arafat, à la suite de la découverte de polonium 210, substance radioactive hautement toxique, sur des effets personnels de son mari.

La tombe d'Arafat avait été ouverte en novembre 2012 et une soixantaine d'échantillons prélevés sur sa dépouille répartis pour analyse entre les trois équipes d'experts suisses, français et russes.

Les experts mandatés par les juges français ont à deux reprises écarté la thèse de l'empoisonnement, la dernière fois en mars, estimant que la présence d'un gaz radioactif naturel, le radon, dans l'environnement extérieur, expliquerait les fortes quantités de polonium enregistrées.

Des experts suisses sollicités par la veuve avaient au contraire jugé la thèse de l'empoisonnement "plus cohérente" avec leurs résultats.

A l'annonce de la clôture de l'enquête, en mai, les avocats de Mme Arafat, Me Francis Szpiner et Renaud Semerdjian, avaient reproché aux juges d'avoir fermé le dossier trop vite et d'avoir agi dans la "précipitation et l'urgence".

"N'en déplaise aux juges et au procureur, personne n'est à ce jour en mesure de dire de quoi est mort Yasser Arafat et d'expliquer les circonstances de son décès. Ce seul élément justifie que l'enquête se poursuive", avaient-ils plaidé, s'étonnant "de cette célérité à vouloir clore à marche forcée un dossier d'une telle importance".

Les avocats avaient demandé fin mai une quinzaine d'actes supplémentaires, parmi lesquels une "nouvelle expertise par un collège international" et l'audition de plusieurs médecins. Ces demandes avaient été refusées.

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