Les Palestiniens appellent à la mobilisation à travers les Territoires

Tous les mouvements palestiniens ont appelé à manifester vendredi après la grande prière hebdomadaire alors que les violences récentes entre Palestiniens et Israéliens semblent baisser d'intensité pour se concentrer autour de Hébron et du tombeau des Patriarches, dans le sud de la Cisjordanie.

La dernière attaque au couteau de Palestiniens isolés contre des Israéliens s'est cependant produite dans le nord du territoire occupé. Deux Palestiniens ont tenté de poignarder des garde-frontières près de Naplouse et ont été "neutralisés" par des tirs, ont indiqué la police et l'armée israéliennes.

Avec l'agitation qui secoue les Territoires palestiniens et Jérusalem depuis un mois, les rassemblements qui suivent la prière du vendredi ont été, plus encore qu'à l'ordinaire, l'occasion de heurts avec les soldats israéliens.

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Les Palestiniens appellent à la mobilisation à travers les Territoires © ABBAS MOMANI - AFP

Jérusalem n'a cependant plus connu d'attentat depuis le 17 octobre, sous l'effet apparent d'un déploiement sécuritaire massif et d'un accord diplomatique sur le site sensible de l'esplanade des Mosquées, qui avait catalysé la protestation en septembre.

Pour le deuxième vendredi consécutif, les fidèles peuvent aller prier sur l'esplanade à Jérusalem-Est, annexée et occupée par Israël, sans la moindre restriction d'âge, a annoncé la police israélienne, qui contrôle les accès au site.

La vague de violences qui a commencé le 1er octobre paraît s'être déplacée vers le sud de la Cisjordanie et le secteur de Hébron, théâtre depuis quelques jours d'une succession d'attentats au couteau contre des soldats, des gardes-frontières et des colons israéliens.

L'armée israélienne a confirmé dans la nuit avoir pris de nouvelles "mesures de précaution pour prévenir des attentats à l'avenir et préserver la sécurité et le bien être des Israéliens" à Hébron.

L'armée a décidé de mettre en place un dispositif de bouclage inspiré de celui utilisé à Jérusalem, où la police a installé des check-points aux accès des quartiers palestiniens les plus turbulents, rapporte le quotidien Maariv. Les soldats vont stopper les mouvements des Palestiniens de 15 à 25 ans aux abords des colonies du secteur, dit le journal.

Hébron, bastion en Cisjordanie du mouvement islamique Hamas, est une poudrière où 500 colons vivent parmi les Palestiniens derrière miradors et barbelés sous haute protection de l'armée.

Au moins sept jeunes Palestiniens ont été abattus ces derniers jours à proximité du tombeau des Patriarches, révéré par les musulmans et les juifs et source de vives tensions. Ils avaient attaqué des Israéliens à l'arme blanche, disent les forces israéliennes. Comme pour bon nombre des attentats récents, les Palestiniens contestent cette version.

Aux alentours de Hébron, le conflit est en outre permanent entre Palestiniens et Israéliens de colonies comme Kyriat Arba. Les affrontements entre lanceurs de pierres et forces israéliennes sont quotidiens.

Depuis le 1er octobre, les affrontements, les agressions et une série d'attentats anti-israéliens ont fait 63 morts (dont un Arabe israélien) côté palestinien et neuf côté israélien dans les Territoires palestiniens, à Jérusalem et en Israël.

La moitié des Palestiniens tués ont été abattus en commettant des attaques. Environ le quart de ces 63 morts venaient de Hébron.

Dix-sept Palestiniens sont aussi morts dans la bande de Gaza, pour la très grande majorité tués par des tirs israéliens en protestant devant la barrière de sécurité israélienne qui, avec la frontière égyptienne, enferme hermétiquement le territoire. A Gaza aussi, les Palestiniens sont appelés à manifester.

La jeunesse palestinienne est exaspérée par les vexations liées à l'occupation, la colonisation, le blocus de la bande de Gaza, l'absence de toute perspective personnelle et le discrédit des autorités et partis palestiniens.

L'esplanade des Mosquées a servi de cri de ralliement à la contestation.

Les violences ont accentué la pression du lobby procolonisation sur le gouvernement israélien en vue de relancer les constructions.

Sans annoncer de nouvelles constructions, le gouvernement israélien vient de légaliser rétroactivement près de 800 logements dans quatre colonies de Cisjordanie occupée.

La communauté internationale considère comme illégale la colonisation, c'est-à-dire la construction d'habitations civiles israéliennes sur les territoires occupés ou annexés depuis 1967. Elle passe pour un obstacle primordial à la recherche de la paix.

Dans leurs récents efforts pour calmer les esprits, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ou le secrétaire d'Etat américain John Kerry ont beaucoup évoqué l'effet produit par la colonisation sur les Palestiniens.

La Nouvelle-Zélande vient de présenter au Conseil de sécurité un projet de résolution appelant Israéliens et Palestiniens à éviter les actes pouvant saper les efforts de paix. Il cite l'expansion des colonies côté israélien et les initiatives anti-israéliennes à la Cour pénale internationale côté palestinien.

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