Gaza: le Hamas annonce un cessez-le-feu "illimité" avec Israël

Gaza: le Hamas annonce un cessez-le-feu "illimité" avec Israël
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Gaza: le Hamas annonce un cessez-le-feu "illimité" avec Israël - © SAID KHATIB - BELGAIMAGE

Un cessez-le-feu doit entrer en vigueur ce mardi soir à Gaza. Le président palestinien Mahmoud Abbas a confirmé officiellement mardi l'accord et à 18H00, une source gouvernementale à Tel Aviv a annoncé que les Israéliens, qui n'avaient fait aucun commentaire sur la question au cours de l'après-midi, ont finalement accepté un cessez-le-feu "illimité" à Gaza. Plus tôt dans la journée, Israël a accusé le président palestinien de tirer des "missiles diplomatiques" menaçant les responsables de l’État hébreu.

Plusieurs dirigeants du Hamas, le mouvement qui contrôle la bande de Gaza, et du Jihad islamique, la deuxième force dans l'enclave palestinienne, sont apparus mardi soir en public, pour la première fois depuis le début de la guerre avec Israël il y a 50 jours.

Les hostilités, selon cet accord, doivent cesser à 16H00 GMT (18H00 HB), avait annoncé plus tôt un haut responsable palestinien sous le couvert de l'anonymat. De son côté, l'Egypte, qui mène la médiation entre Palestiniens et Israéliens, a confirmé mardi qu'un "accord de cessez-le-feu" doit "entrer en vigueur à 16h00 GMT", au cinquantième jour de guerre dans la bande de Gaza, selon l'agence de presse gouvernementale Mena. Depuis le début de la guerre le 8 juillet, les violences ont fait plus de 2130 morts côté palestinien et 68 côté israélien.

Cet accord prévoirait notamment "la levée du blocus de la bande de Gaza" mis en place par Israël en 2006, la principale exigence des Palestiniens, a précisé ce haut responsable sous le couvert de l'anonymat.

C'était la principale exigence des Palestiniens. Les points de passages entre Gaza et Israël au nord et l'Egypte au sud seraient immédiatement ouverts.

A Gaza, des tirs de joie ont éclaté et les mosquées résonnaient des louanges à Dieu.

Ce mardi, les bombardements réciproques continuaient et étaient même particulièrement violents. Un Israélien a été tué par un obus de mortier tiré de Gaza. L'aviation israélienne a poursuivi ses raids meurtriers. Elle a visé ces derniers jours les immeubles les plus hauts de la bande de Gaza. La nuit dernière, deux tours de 14 et 16 étages ont été réduites à des tas de débris.

C'est donc, pour le Hamas qui dirige Gaza, c'est une victoire sur des ruines et avec une crise humanitaire à la clé.

Fin du blocus?

Israël serait disposé à ouvrir plus largement ses points de passage et à soutenir la présence de gardes de l'Autorité palestinienne à la frontière entre Gaza et l'Egypte, a-t-il dit. Mais on est encore "loin" d'un accord plus global prévoyant la reconstruction de Gaza en échange de sa démilitarisation, a-t-il précisé.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas se prépare, lui, à réclamer du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il fixe une date butoir pour la fin de l'occupation israélienne des Territoires palestiniens, a indiqué un responsable officiel. Mais cette tentative paraît vouée à l'échec, les Etats-Unis s'opposant traditionnellement à toute mesure jugée anti-israélienne.

Première apparition publique de chefs du Hamas et du Jihad islamique depuis le début de la guerre

Plusieurs dirigeants du Hamas, le mouvement qui contrôle la bande de Gaza, et du Jihad islamique, la deuxième force dans l'enclave palestinienne, sont apparus mardi soir en public, pour la première fois depuis le début de la guerre avec Israël il y a 50 jours.

Les dirigeants des deux mouvements islamistes, qui ont infligé à l'armée israélienne ses plus lourdes pertes depuis 2006, n'étaient pas apparus durant cette guerre au cours de laquelle l'aviation israélienne a mené deux raids contre des dirigeants du Hamas.

Le chef des puissantes Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas, Mohamed Deif, a réchappé au premier raid selon son mouvement, tandis que trois de ses lieutenants ont été tués dans l'autre.

Mahmoud Zahar, un haut dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza et Mohamed al-Hindi, un des leaders du Jihad islamique, ont prononcé un discours devant des milliers de Palestiniens réunis dans le quartier de Rimal, dans l'ouest de la ville de Gaza.

"Nous allons construire notre port et notre aéroport", a promis M. Zahar à la foule, alors que son mouvement a déjà revendiqué la "victoire" après cette guerre, la troisième en six ans à Gaza.

L'une des exigences des négociateurs palestiniens était la réouverture de l'aéroport de Gaza et la possibilité de réutiliser le port maritime.

Ces points épineux "devront être discutés durant les négociations" prévues sous un mois, selon la proposition du médiateur égyptien.

"Celui qui attaquera notre port, nous attaquerons son port et celui qui attaquera notre aéroport, nous attaquerons de nouveau son aéroport", a toutefois promis M. Zahar, faisant référence aux tirs de roquettes du Hamas sur l'aéroport de Tel-Aviv, qui ont provoqué des annulations de vols et une brève fermeture du terminal aéroportuaire durant le conflit.

Il a ensuite assuré que se poursuivrait à Gaza "l'armement et le développement des capacités de la résistance". "L'avenir est à nous, pas à l'occupant" israélien, a encore lancé M. Zahar, promettant de "reconstruire toutes les maisons" détruites durant la guerre.

Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), 475.000 Gazaouis ont été déplacés, tandis que près de 55.000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, dont au moins 17.200 totalement ou quasi-totalement détruites.

"Nous voulons renforcer notre union avec le Jihad islamique et tous les mouvements de la résistance pour libérer toute la Palestine", a encore ajouté M. Zahar, alors que pour la première fois pour ces négociations indirectes avec les Israéliens, les Palestiniens ont envoyé au Caire une délégation représentant le Hamas, le Jihad islamique et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui chapeaute l'Autorité palestinienne.

Depuis l'accord de réconciliation entre le Hamas --qui avait pris le pouvoir par la force à Gaza en 2007 après avoir été privé de sa victoire aux législatives-- et l'OLP, les Palestiniens se sont dotés d'un gouvernement d'union nationale composé de figures indépendantes qui a remplacé les directions rivales de Ramallah et de Gaza.

"Missiles diplomatiques" sur Israël

Le ministre israélien chargé des renseignements Youval Steinitz a accusé mardi le président palestinien de tirer des "missiles diplomatiques" sur Israël en menaçant les responsables de l’État hébreu de possibles poursuites devant la Cour pénale internationale.

"Nous faisons face à une bataille du terrorisme menée avec des missiles, ainsi qu'à une campagne de diffamation" de Mahmoud Abbas "qui veut s'adresser à la CPI et aux institutions de l'ONU".

Le dernier cessez-le-feu à Gaza, entré en vigueur le 11 août, a tenu neuf jours, pendant lesquels les Egyptiens ont essayé au Caire de convaincre Israéliens et Palestiniens de souscrire à une trêve prolongée et de poser les jalons d'un accord de fond.

Les hostilités ont donc repris le 19 août. Depuis, au moins 113 Palestiniens ont été tués, ainsi qu'un enfant israélien. L'armée israélienne dit avoir frappé depuis plus de 350 objectifs tandis que les Palestiniens tiraient quelque 650 roquettes sur Israël.

Dix Palestiniens, dont un enfant de trois ans et un journaliste pigiste qui avait auparavant travaillé par le télévision du Hamas, sont morts lundi dans des frappes israéliennes distinctes, ont rapporté les secours.

Trois enfants et deux adultes réfugiés dans une école de l'ONU à Jabaliya ont de leur côté été blessés par des éclats d'obus lors d'un bombardement israélien non loin, ont rapporté des responsables médicaux et de l'ONU.

Quatre mosquées ont également été détruites dans les frappes lundi, portant à 71 le nombre de mosquées démolies depuis le début de l'offensive, selon le ministère des Affaires religieuses à Gaza.

Parallèlement aux dizaines de roquettes tirées depuis l'enclave palestinienne lundi, une roquette tirée depuis le Liban s'est abattue sur le nord d'Israël dans la soirée, a indiqué l'armée israélienne, sans faire état de victime. Les militaires israéliens ont répliqué, selon des sources de sécurité. Une source de sécurité libanaise a confirmé le tir lundi soir en précisant: "c’est une roquette katioucha qui a été tiré de la région Wadi Jarmaq, au Sud, à une quinzaine de kilomètres de la frontière". L’armée s’est déployée dans la région pour essayer de retrouver les responsables du tir.

RTBF avec AFP

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