Noir jaune blues et après : à Jette, Touria, des fleurs et du soleil pour les femmes

Touria Menkor
Touria Menkor - © Photo Hatim Kaghat pour Le Soir / RTBF

L’isolement familial et culturel, Touria Menkor en a fait la lutte de sa vie. À Jette, cette pétillante belgo-marocaine a fondé l’ASBL "Fleur du soleil – Femmes du monde". Son mantra: sortir les femmes bruxelloises de chez elles. Physiquement et mentalement.

Cela passe par des activités de bien-être, des excursions, des médiations mais aussi des cours de français. "L’isolement, cela concerne toutes les femmes. Certaines sont vraiment en détresse prévient Touria Menkor. Mais on a évidemment plus de membres maghrébines que de Belges ‘de souche’", reconnaît-elle.

"On manque de liens de voisinage, fraternels, amicaux…" regrette-t-elle. Parfois, Touria Menkor désespère: "J’ai vécu presque toute ma vie à Jette. Depuis quelques années j’ai l’impression d’être redevenue une étrangère; surtout depuis les attentats. Mais on est Belges. On est des enfants de la Belgique. J’ai l’impression que tout le monde se déteste, on a peur de tout. Presque peur d’aller demander du sel à son voisin."

Il faut voter!

Elle ne baisse cependant pas les bras. Jamais. "Jette est vraiment un village. J’aime cette commune. Elle reste accueillante, on fait tout comme une famille." Au sein de son association, elle exclut les considérations politiques ou religieuses qui mettent "toujours le frein à toute discussion ou à toute solution rationnelle", lance cette musulmane pratiquante qui aime détendre l’atmosphère en évoquant "le chiffon" sur sa tête.

Pourtant, la politique, elle y croit. Pour faire bouger les choses. "Bien sûr que je vais voter. Il faut voter ! Il faut qu’ils m’invitent plus souvent, les politiques. Touria aime bien aller taper du poing sur la table", s’amuse-t-elle à la troisième personne.

"Singulière", voilà un mot qui caractérise parfaitement Touria Menkor.

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