Noir Jaune Blues et après? À Aiseau-Presles, l'incinérateur qui fait tousser

Depuis 40 ans, Pont de Loup, un des villages d’Aiseau-Presles vit à l’ombre d’un encombrant voisin, l’incinérateur de l'ICDI où atterrissent les déchets des 420.000 habitants de la région de Charleroi. "On transforme notre village en poubelle des alentours", se désole Irma Fabro.

A la tête d’une association de riverains, elle l’assure, le site, par sa proximité avec les habitations, représente un vrai danger : "La fumée qui en sort est le produit de l’incinération de déchets ménagers, donc elle contient des produits toxiques, des dioxines, des métaux lourd, rien de bon." Sur les hauteurs de Pont-de-Loup, la rue des Monts, a été funestement renommée "rue des cancers". Pas moins de 19 cas recensés, dont Monique, une septuagénaire qui met sa maladie sur le compte des rejets de l'incinérateur. "Il n'y a aucun cancer dans ma famille, j’ai eu une vie saine, je ne fume pas et je ne bois pas", affirme-t-elle

Elle a bien pensé à déménager, mais le discours tenu par des agents immobiliers l'en a dissuadé. "Nos maisons dévaluent à cause de l'incinérateur, ma maison autre part dans la campagne vaut 100 000 euros en plus."

Perçu comme une opportunité économique dans les années 70, l’incinérateur fait aujourd’hui l’unanimité contre lui. 450 tonnes de déchets y sont traités chaque jour.

Un autre projet en cours

Et selon Philippe Teller, son directeur opérationnel, l'activité est certes polluante, mais moins qu'il n'y paraît, en particulier en matière de dioxine, une substance cancérigène : "Les quatre incinérateurs de Wallonie ne produisent que 1% des dioxines à l'échelle de toute la Wallonie". Selon l'ICDI, le remplacement en 2019 d'un four, vieux de 30 ans, doit contribuer à réduire davantage les rejets toxiques dans l'air.

Problème, entre temps, l’incinérateur a fait des émules. Une autre entreprise de traitement des déchets, Carolo Recycling, entend prochainement s’installer tout près. De quoi remonter les riverains. À l'unanimité, le conseil communal de Pont-de-Loup a introduit un recours contre cette implantation. La balle est désormais dans le camp du ministre wallon de l'Environnement.

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