Les Panama Papers font descendre les Islandais dans la rue, le Premier ministre s'accroche

Les Panama Papers font descendre les Islandais dans la rue, le Premier ministre, cité, s'accroche
Les Panama Papers font descendre les Islandais dans la rue, le Premier ministre, cité, s'accroche - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

Le Premier ministre islandais Sigmundur Davíð Gunnlaugsson aurait vendu la moitié d'une société offshore à son épouse pour la somme d'un dollar la veille de l'entrée en vigueur d'une loi islandaise qui l'aurait obligé à déclarer la propriété ce qui représente un conflit d'intérêt sérieux.

Selon des documents dévoilés par le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, 41 ans, a créé en 2007 avec sa future épouse une société dans les îles Vierges britanniques pour y parquer des millions de dollars, jusqu'à ce qu'il lui cède ses parts fin 2009 pour un dollar symbolique. Quand il a été élu député du Parti du progrès (centre-droit) pour la première fois en avril 2009, il a omis cette participation dans sa déclaration de patrimoine, alors que la loi l'y obligeait.

Le parti Pirate à la manoeuvre

L'opposition a appelé le Premier ministre à démissionner et a déposé une motion de défiance qui sera votée mardi, selon le parti Pirate qui a traité le chef du gouvernement de "charlatan, menteur, en état de paranoia avancé" sur Facebook. 

Sigmundur Davíð Gunnlaugsson a déclaré ce lundi au parlement qu'il n'avait pas l'intention de démissionner de son poste. A son départ du parlement, des manifestations de protestation ont éclaté à Reykjavik.

Des milliers d'Islandais sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère. Pour le parti Pirate, le mieux placé dans les sondages pour remporter des élections si elles avaient lieu maintenant, se rassembler sur la place du Parlement est le "seul espoir" pour se débarrasser de Sigmundur Davíð Gunnlaugsson.

La police a indiqué à l'AFP que la manifestation rassemblait plus de monde que celles qui en 2009, après la révélation des graves manquements des responsables politiques dans la surveillance des banques, avaient poussé le gouvernement de droite à la démission. Mais les forces de l'ordre n'ont pas fourni de décompte.

"Prenez vos responsabilités" ou "Où est la nouvelle Constitution? ", lisait-on sur des pancartes, en référence au projet de nouvelle Constitution né de la crise politique de 2009, resté en rade au Parlement.

La police a dû dresser des barrages autour du Parlement pour empêcher les manifestants d'y accéder. Plus de 4000 personnes étaient rassemblées vers 17 heures (locales) selon la police.

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