"Women Who Lead", contre la discrimination à l'emploi

La discrimination à l’emploi est toujours une réalité. Bruxelles est une des villes les plus cosmopolites au monde avec huit chercheurs et chercheuses d’emploi sur dix d’origine étrangère. Sur le terrain pourtant, de nombreuses personnes rencontrent des difficultés à trouver un travail.

C’est une des conclusions que l’on peut retrouver dans le rapport annuel d’Actiris, l’Office Régional Bruxellois de l’Emploi. L’étude stipule ainsi "qu’il est plus difficile de trouver un emploi quand on est d’origine étrangère, même avec des qualifications. Par exemple, le taux de chômage des personnes d’origine maghrébines et des afro-descendants est trois à quatre fois plus élevé que celui des belgo-belges".


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Actiris Inclusive, service diversité et anti-discrimination de l’Office, souligne également que la Belgique présente l’un des taux les plus faibles d’emploi des femmes d’origines étrangères.

La crise du Covid-19 n’a fait qu’exacerber des difficultés déjà bien présentes sur le marché de l’emploi et ce, surtout pour les femmes, plus exposées durant la pandémie.


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Taux de chômage en Belgique. Rapport Actiris 2019 © Tous droits réservés

En octobre 2020 pour palier le problème, Actiris et LEAD –  Les Entreupreneurs Actifs de la Diversité, se sont réunis pour créer le programme "Women Who Lead". Cette formation a pour but de revaloriser les compétences des femmes issues de la diversité en recherche d’emploi ou souhaitant élaborer un projet entrepreneurial. Sur près d’un an, les femmes inscrites suivent des ateliers avec des professionnel.les de terrain afin de se reconnecter au marché du travail en tant que salariées, mais aussi en tant qu’entrepreneuses.

Comme nous l’explique Florence Collès, program manageuse de l’ASBL LEAD, nombreuses sont celles qui sont venues avec une idée de projet en tête. La formation propose des modules pour faciliter la création de celui-ci ou une aide à la réinsertion professionnelle : élaborer un business plan, trouver des ressources de financement, se construire un réseau, rédiger un contrat pour engager un.e employé.e, prendre la parole face à un public, trouver un sens à son projet en y ayant entièrement sa place… Tout cela en faisant preuve de créativité et d’initiative.


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Une fois par mois est également proposé une soirée intitulée "Inspiration Talk" invitant une personne entrepreneuse pour raconter son parcours, répondre aux questions et donner des conseils. La dernière soirée en date accueillait Elise Cogels, 25 ans et créatrice de "Folle Comm".

Un programme d’empowerment

Women Who Lead, c’est donc trois rendez-vous par mois. Cela permet aux personnes inscrites de travailler ou de suivre d’autres formations sur le côté. Tout le monde ne peut d’ailleurs pas se permettre de suivre le programme jusqu’au bout. "Au départ, on a commencé avec 35 femmes. Comme on pensait le faire en présentiel, on était limité par la capacité de nos locaux qui ne pouvaient pas accueillir plus de personnes. [Ndlr : Avec le Covid] on est passé en virtuel, mais on a perdu quelques personnes en cours de route parce qu’elles ont trouvé du travail. C’est une victoire pour nous de les voir s’en aller parce qu’elles ont obtenu un emploi", nous raconte Florence Collès.

C’est d’ailleurs le cas d’Hekma Hammu, inscrite pour développer "Up Together" dans le domaine de la prévention du stress, du burnout et de l’inclusion des femmes sur le marché professionnel. Consciente qu’il fallait entre un et deux ans avant que son activité démarre réellement, elle a trouvé un travail en parallèle en tant que salariée. Elle nous explique qu’il manquait quelques pièces à son puzzle pour pouvoir se lancer entièrement et que c’est la formation Women Who Lead qui lui a permis de le faire.

"Je trouve qu’il y a quelques difficultés qui concernent plus particulièrement les femmes qui ne sont pas prises en compte dans les autres formations classiques s’adressant à tous publics. Ici, j’avais l’impression qu’il y avait vraiment une volonté de nous pousser à travailler au niveau du networking, au niveau de son selfbranding, avec une dynamique de réseau. Cela correspondait en plus à mes valeurs d’égalité et d’empowerment des femmes".

Le programme est entièrement gratuit pour ne pas freiner les personnes sans emploi avec un accès payant. Étant entièrement en ligne, LEAD a également mis à disposition des ordinateurs pour celles n’en ayant pas.

Si la formation se termine en septembre 2021, l’ASBL a l’intention de la répéter sur plusieurs éditions en s’adressant à plusieurs publics différents.

Vers un plan interfédéral de lutte contre le racisme et les discriminations

Le Comité de gestion d’Actiris reprend les avis du CNDD - Conseil de la non-discrimination et de la diversité - qui lui émet des propositions pour lutter contre la  discrimination à l’emploi. Il agit aussi en ce sens avec son aile Inclusive, comprenant le service diversité et le service anti-discrimination. L’Office de l’Emploi rappelle les 19 critères protégés par les lois antis-discriminations comme les critères raciaux, le handicap, l’orientation sexuelle ou l’âge. Via des plans, le service soutient chaque année environs 200 entreprises du secteur privé qui veulent renforcer leur diversité.

Depuis 2002 sont passés des accords entre le Gouvernement Bruxellois et les partenaires sociaux pour promouvoir la diversité des travailleurs et travailleuses dans les secteurs privés et publics. Pour lutter contre le racisme systémique, d’un point de vue régional, plusieurs plans d’actions sont actuellement en cours, notamment les Assises contre le racisme qui ont débuté le 29 avril dernier et ont pour but de dresser et d'ajuster les constats pour en donner de nouvelles solutions durables.


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Jusqu’à l'été prochain, défileront au Parlement expert·es et acteurs de terrain ainsi que représentant·es des différents secteurs : logement, santé, emplois… Cela devra déboucher à une résolution du Parlement qu’il adressera au Gouvernement bruxellois dans l’optique de l’élaboration d’un plan régional et interfédéral de lutte contre le racisme et les discriminations.

Si vous pensez vivre un ou signaler une discrimination sur votre lieu de travail, le numéro d’Actiris 0800 35 089 est gratuit.

 

Cet article a été écrit dans le cadre d'un stage au sein de la rédaction des Grenades.

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Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d'actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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