Pourquoi les femmes meurent-elles moins du coronavirus?

Pourquoi les femmes meurent moins du coronavirus ?
Pourquoi les femmes meurent moins du coronavirus ? - © ©CHARLY TRIBALLEAU - AFP

L’épidémie de coronavirus inquiète et est largement médiatisée depuis plusieurs semaines. Plus de 82.500 cas de Covid-19 sont connus dans le monde, dont plus de 78.000 en Chine, et plus de 3000 personnes ont perdu la vie depuis le début de l'épidémie. De nouveaux cas sont recensés chaque jour dans le monde.

Le Centre chinois de contrôle et prévention des maladies a publié une étude portant sur 72.314 cas confirmés, suspects, diagnostiqués cliniquement et asymptomatiques de la pneumonie virale. Il s’agit de la plus importante menée depuis le début de l’épidémie et selon ses résultats la maladie est "bénigne" dans 80,9% des cas, "grave" dans 13,8% des cas et "critique" dans 4,7% des cas.

Si les enfants lui résistent bien, les personnes les plus à risque semblent être les aîné.e.s, d’autant plus si ces personnes présentent d’autres problèmes de santé comme le diabète. Outre l’âge, d’autres facteurs sont pris en compte par les chercheurs et les chercheuses. Les résultats de l'étude du Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies indiquent que même si les hommes et les femmes ont été autant infecté.e.s, le taux de mortalité chez les hommes est de 2,8 %, contre 1,7 % chez les femmes.

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Une différence genrée qui n'est pas nouvelle

Une journaliste du New York Times, Roni Caryn Rabin, s’est intéressée à cette différence genrée qui n’est pas nouvelle. Une telle différence s’est déjà manifestée à plusieurs reprises par le passé. Lors de l’épidémie de SRAS ("severe acute respiratory distress syndrome") en 2003, plus de femmes que d’hommes avaient été infectées en Chine mais le taux de mortalité était supérieur de 50% pour les hommes. Plus loin encore dans l’Histoire, durant l’épidémie de grippe espagnole de 1918, les jeunes hommes adultes sont décédés en plus grand nombre que les femmes du même âge.

Interrogée par le New York Times, la scientifique américaine Sabra Klein explique : "Quand il s’agit de monter une réponse immunitaire contre les infections, les hommes sont le sexe faible. Nous l’avons vu avec d’autres virus. Les femmes les combattent mieux."

Œstrogène et chromosome X

Selon les scientifiques, les facteurs qui l’expliquent sont notamment à chercher dans la biologie. L’œstrogène, hormone féminine, protégerait les femmes car cette hormone joue un rôle dans l’immunité. Le chromosome X contiendrait également des gènes liés à l’immunité. Les femmes portent deux chromosomes X, les hommes un seul. Cette réponse immunitaire accrue s’accompagne pourtant d’un revers : les femmes sont plus sujettes aux maladies auto-immunes, caractérisées par un dysfonctionnement du système immunitaire. Elles représentent 80 % des malades dans le monde selon l’article.

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Le genre, c’est-à-dire les constructions sociales qui entourent le biologique, entre également en jeu. Dans le monde, les hommes fument cinq fois plus que les femmes, et cela a son importance dans le cas de maladies respiratoires. L’article relève que les hommes ont tendance à aller moins chez le médecin, une autre étude sur le coronavirus impliquant 4.021 patient.e.s a montré que les hommes arrivaient à l’hôpital seulement quand leurs symptômes avaient empiré. Or, et c’est encore plus le cas chez les hommes âgés, les médecins soulignent l’importance de détecter tôt la maladie pour pouvoir mieux la combattre.

Depuis le début de l’épidémie, les campagnes autour du coronavirus se sont également centrées sur le lavage des mains pour empêcher sa propagation. Différentes études ont pourtant montré que les hommes, même les soignants, se lavent moins les mains que les femmes. D'où l'intérêt de tenir compte du genre dans les cabinets médicaux et dans les campagnes de santé publique.

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