Plusieurs femmes journalistes victimes d'une usurpation d'identité

Plusieurs femmes journalistes victimes d'une usurpation d'identité
Plusieurs femmes journalistes victimes d'une usurpation d'identité - © Tous droits réservés

Une dizaine de femmes journalistes en Belgique subissent ce qui ressemble à une attaque coordonnée.

Leur identité a été usurpée et a servi à répondre à des annonces à caractère sexuel postées sur le site Vivastreet. Depuis, elles reçoivent des sollicitations sexuelles explicites et des photos de sexe masculin, des “dickpics”, non consenties.

Toutes ont en commun d’être des femmes qui prennent la parole publiquement”, explique Gilles Milecan qui s’occupe du dossier pour l’Association des Journalistes Professionnels (AJP).

Toutes ont également un profil sur le site de l’AJP, Journaliste freelance.be, qui sert à visibiliser les journalistes indépendant.es auprès de potentiels employeurs. Ce site a peut-être servi à trouver des informations personnelles sur elles, telles que leurs adresses mail ou leur numéro de téléphone.


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Nous allons prendre des mesures, souligne Martine Simonis, directrice de l’AJP. Le site existe depuis 2015 et nous n’avons jamais eu de problèmes. Il y a deux possibilités pour les journalistes de laisser leur contact, soit elles ajoutent leurs coordonnées directement à leur profil, soit il y a un formulaire de contact qui peut être utilisé, sans que les coordonnées ne soient visibles. Le choix leur est laissé. Cet annuaire professionnel a peut-être été utilisé de manière frauduleuse”.

Ce harcèlement des femmes journalistes est dans l’air du temps”, précise encore Martine Simonis. L’AJP centralise les plaintes dans ce dossier, aide les femmes dans leurs démarches et les accompagne au commissariat si elles le souhaitent.

Toutes ont en commun d’être des femmes qui prennent la parole publiquement

Nous leur conseillons de porter plainte, c’est comme cela que le problème sera visibilisé. Cela deviendra une priorité si les plaintes se multiplient. On leur conseille de citer la plateforme "Journaliste freelance" de l’AJP dans leur plainte car la police peut trouver des informations de connexion et elles peuvent aussi citer les autres femmes harcelées pour que cela s’ajoute à leur dossier”, indique Gilles Milecan.


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Des insultes sexistes fréquentes

L’une d’entre elles a reçu, en plus, des menaces de mort et pensait que cela était lié, elle ne savait pas que d’autres journalistes étaient également touchées par une usurpation de leur identité. Une autre m’a dit qu’elle recevait tellement fréquemment des insultes sexistes qu’elle avait fini par penser que cela faisait partie du boulot”, précise-t-il. Des réactions qui montrent dans quel climat les femmes journalistes font leur travail.

Deux plaintes ont déjà été déposées, d’autres suivront dans les prochaines heures et les prochains jours.

En 2018, une enquête de la Fédération internationale des journalistes montrait que deux tiers des femmes journalistes (66%) avait déjà été victime de harcèlement sexiste en ligne. Ce ne sont plus les rédactions qui sont attaquées mais les journalistes elles-mêmes, en tant que personnes. Dans ce contexte, les journalistes freelance sont particulièrement isolées et donc fragilisées.

Si vous souhaitez contacter l’équipe des Grenades, vous pouvez envoyer un mail à lesgrenades@rtbf.be

Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d'actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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