"Nos tenues ne sont pas le problème. Le problème, c'est le harcèlement, les agressions, les viols"

"Nos tenues ne sont pas le problème. Le problème, c'est le harcèlement, les agressions, les viols"
"Nos tenues ne sont pas le problème. Le problème, c'est le harcèlement, les agressions, les viols" - © Rebecca Nelson - Getty Images

Apprenez aux garçons à ne pas voir les filles comme un objet sexuel.

Apprenez aux filles comme aux garçons que leur corps leur appartient.

Surtout, apprenez à dire "non" aux enfants, indifféremment de leur sexe ou de leur genre.

Avec l’opération #14septembre, les jeunes filles ont participé à une action visant à dénoncer le sexisme ambiant et à porter, sur LEUR corps, la tenue de leur choix : short, minijupe, crop top…

Trop souvent, les filles sont priées de quitter l’école et de revenir une fois vêtue de la tenue jugée "conforme au règlement scolaire".

"Les filles sont visées par les exclusions"

Certains établissement scolaires y mentionnent la longueur minimale des jupes et des shorts, qui varie entre 10 et 15 cm au-dessus du genou. Certes, les règlements sont censés s’appliquer à tous, mais ce sont souvent les filles qui sont visées par les exclusions.

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« On ne devrait pas punir les filles mais plutôt éduquer les garçons » Le mouvement est né en France et a rapidement fait tache d’huile sur les réseaux sociaux, y compris en Belgique. Le #lundi14septembre a invité les jeunes filles à faire fi du sexisme ambiant et à se présenter à l’école dans la tenue de leur choix. "Habillez-vous de manière 'indécente'. Osez les crop tops, les jupes, le maquillage. C’est le moment de riposter contre leurs propos sexistes", indique le message largement partagé sur Instagram ou encore TikTok. Il fait référence à des incidents qui se sont produits dans des écoles françaises. Mais la chaleur inhabituelle de ce milieu du mois de septembre a d’autant plus incité des élèves belges à suivre le mouvement. Selon les établissements, les règlements d’ordre intérieur sont plus ou moins précis en ce qui concerne la tenue vestimentaire. Il est question de "tenue sobre et correcte, classique, décente ou encore adaptée aux activités…" Pour beaucoup d’établissements, pas question de laisser apparaître trop de peau ou les sous-vêtements, pour les filles comme pour les garçons d’ailleurs. Certaines écoles vont aussi jusqu’à préciser la longueur minimale des jupes et des shorts, qui varie entre 10 et 15 cm au-dessus du genou. Mais ce règlement ne vise-t-il pas parfois aussi à protéger les jeunes filles d’une forme de harcèlement de la part de leurs condisciples ? "Je pense que certaines tenues peuvent engendrer des remarques de la part des garçons. Mais ce qui est le plus important, c’est d’en parler lors de certains cours, d’éduquer les élèves pour éviter que ça ne se reproduise", note Caroline Lalière, directrice d'un collège du Brabant Wallon. Certaines élèves ont d’ailleurs ce type de revendication : "On ne devrait pas punir les filles parce qu’elles s’habillent comme ça. On devrait plutôt éduquer les garçons. Ils seraient soi-disant excités quand ils voient un ventre ou une épaule ? Il faudrait un peu les éduquer !" #lesgrenadesrtbf #grenades #grenadesrtbf #lesgrenades #sexisme #feminisme #14septembre #lundi #ecole

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Quel message livre-t-on aux femmes de demain, sinon qu’elles seraient responsables de l’obnubilation des garçons qui, à la vue de leur épiderme, ne pourraient se concentrer sur leurs études ?

Si, le temps de changer de tenue, elles loupent un cours, c’est moins grave que la distraction qu’elles pourraient causer aux garçons ?


►►►A lire aussi : Le #lundi14septembre s'est aussi invité dans nos écoles


"Les garçons, des êtres concupiscents ?"

Qu’il faut partir du postulat que les garçons sont des êtres potentiellement concupiscents, infichus de contrôler leur libido ?

Et que si précisément, ils perdent le contrôle de leurs émotions à la vue de l’épiderme susmentionné, si les garçons se permettaient des paroles blessantes ou des gestes inappropriés, c’est parce que les filles ont montré leurs guibolles ?

On ne peut que se réjouir que la sexualisation des filles se retrouve au cœur des débats : l’apprentissage des normes sexistes engendre une inégalité dans les relations mais également la vulnérabilité des femmes

Le 14 septembre, il faisait très chaud, le mouvement a été bien suivi et la réussite de #14septembre tient dans la médiatisation dont l’action a bénéficié.

On ne peut que se réjouir que la sexualisation des filles se retrouve au cœur des débats : l’apprentissage des normes sexistes engendre une inégalité dans les relations mais également la vulnérabilité des femmes.

Cette reproduction sociale enraie toute forme de remise en question des codes sexistes et a pour conséquence la prise de pouvoir par autrui sur le corps des filles.

En somme, perpétuer ces codes sexistes, c’est renforcer une société patriarcale. Les déconstruire, c’est favoriser le respect et l’épanouissement de chacun.e, fille ou garçon.


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Un regard critique sur les clichés

C’est l’objectif de notre campagne #FaisPasTonGenre !, qui vise à interroger nos propres stéréotypes et encourage une éducation "dégenreante", notamment via un quizz.

Apprendre à poser un regard critique sur les clichés que nous véhiculons, c’est un premier pas. En notre qualité de parents, nous transmettons à notre enfant les codes nécessaires à son intégration dans la société et c’est sur base de ce bagage qu’il.elle se construit.

Sans en avoir conscience, nous contribuons nous-mêmes à la transmission de stéréotypes et des valeurs sexuées que nous jugeons pourtant dépassées. Prendre conscience nous permettra de transmettre aux enfants les réflexes qui contribueront à faire d’eux les adultes émancipé.e.s de demain.

Vivacité : Le Journal 8H

Maco Méo est chargée de campagne pour la Ligue des familles.

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Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d’actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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