Monique Hars, la nature comme refuge

Monique Hars, la nature comme refuge
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Monique Hars, la nature comme refuge - © Tous droits réservés

Le printemps est à nos portes, alors que la nature n’a jamais été meilleur refuge qu’en ces temps difficiles. Monique Hars, médecin et guide nature, partage avec nous son amour pour le vivant.

Monique Hars a 66 ans, elle est médecin généraliste et guide nature. De ses yeux malicieux, elle nous explique l’histoire de sa passion pour les arbres, les feuilles, les oiseaux, les fleurs, les papillons…  "Quand j’étais enfant, la nature était mon terrain de jeux, de découvertes, de détente. J’étais la petite dernière d’une fratrie de trois et mon frère m’entraînait partout dans les terrains vagues. Il a étudié la biologie et s’est intéressé aux papillons, ça a été un facteur déclenchant. On avait des tas de terrariums à la maison, on a toujours été proches des animaux."

Après ses études de médecine, Monique Hars devient docteure. Elle garde une grande place dans sa vie pour les balades. Mais elle veut aller plus loin… "J’ai suivi la formation de guide nature que j’ai terminée en 2001." Elle commence à guider pour la commission ornithologique de Watermael-Boitsfort, dont elle est membre. "Le public y est essentiellement formé de personnes de mon âge. (Elle rit) Mon souhait a toujours été de pouvoir amener des plus jeunes à ce genre de choses, mais c’est compliqué parce que c’est le dimanche matin."

Il y 4 ans, Monique Hars a rejoint le réseau WOK en transition (des communes de Wezembeek-Oppem et Kraainem). "Ça a été une découverte pour moi, j’ai rencontré des tas de jeunes avec des enfants, qui ont vraiment envie de changer le monde. Je leur ai proposé de faire des balades nature pour eux. Je me suis lancée et là, c’est un public tout à fait différent."

Une balade pré-covid par Monique Hars

Un modèle de résilience

Mars 2020 et la pandémie sont venus bousculer les plans de tout le monde, y compris ceux de Monique Hars et de ses balades guidées. Les inégalités ont augmenté durant cette période. Paradoxalement, le confinement a été synonyme de prise de conscience de l’importance de la nature pour de nombreuses personnes. "On a quand même eu la grande chance d’avoir un temps exceptionnel, la nature renaissait, il y avait un calme… Je me suis dit ‘enfin, on peut entendre la nature et pas les voitures’."

Le chant des oiseaux, les bourgeons, les feuilles aux 1000 couleurs, il suffit de quelques pas dans la forêt,  sur un chemin de montagne ou au parc pour se sentir mieux. C’est prouvé, la fréquentation de la nature renforce l’immunité et apporte une forme d’apaisement (et là on a autant besoin de l’un que de l’autre !). La randothérapie est d’ailleurs de plus en plus tendance.


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En tant que médecin, Monique Hars a bien entendu un avis sur la question. "Je crois qu’il faut vraiment approfondir le concept de santé global, notre santé qu’elle soit psychologique ou physique est dépendante de la santé de l’environnement. Tout ça fait un tout et c’est ça qu’il faut comprendre. Ça me tarabuste depuis des années, ça m’a vraiment fait plaisir de rencontrer ce groupe de transition et de voir que jeunes s’intéressent à ce problème."

Je n’ai d’ailleurs jamais vu autant de personnes se balader dans ma rue, ni jamais croisé autant de gens qui s’arrêtent, qui regardent les petites choses. Je pense que les personnes ont repris conscience de leur environnement

Pour elle, la nature est un modèle de résilience parce qu’elle s’adapte à tout. "J’insiste très fort, quand je guide sur le fonctionnement de la nature, comprendre ce qu’est un écosystème, comprendre pourquoi on le dérange et quel est notre impact sur celui-ci… On ne doit pas faire n’importe quoi."

Observer et comprendre

Depuis un an, nos vies sont complètement bouleversées, il y a quand-même quelques côtés positifs... "Il y a un tas de gens qui me disent ‘j’ai découvert des endroits que je ne connaissais absolument pas dans le quartier’. Je n’ai d’ailleurs jamais vu autant de personnes se balader dans ma rue, ni jamais croisé autant de gens qui s’arrêtent, qui regardent les petites choses. Je pense que les personnes ont repris conscience de leur environnement."

Elle fait une pause, son visage s’assombrit. "J’ai une pensée pour les familles qui habitent dans les centres des villes. Les parents, les enfants que j’ai connus quand je faisais de la médecine scolaire… Je me demande comment ils et elles font…" La médecin insiste sur l’importance de créer des lieux de nature pour que les gens puissent se ressourcer, même dans les centre-villes. "C’est essentiel ! Moi, presque tous les jours je fais une balade même un quart d’heure s’il faut, puis je nourris les oiseaux et j’observe ce qui vient à la mangeoire."


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Cette attitude d’observatrice, elle la partage avec ses petits-enfants. "Ma petite fille de 8 ans fabriquait une écurie avec ses kaplas, je lui ai dit : ‘Tu pourrais décorer ça avec ce que tu trouves dans la nature, un petit peu de mousse, quelques branches d’arbres pour faire des paysages.’ Maintenant, quand elle part en balade, elle ramasse des trucs. C’est tout simple, ça ne coute rien, c’est sain."

Monique Hars avoue d’ailleurs rêver de "l’école dehors". "Quand le temps le permet pourquoi ne pas faire des classes dehors régulièrement avec les enfants ? Et partir de là pour parler de ceci, de cela."


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En attendant, elle préconise évidemment de sortir le plus souvent possible. Le télétravail a des cotés négatifs, mais pourquoi ne pas profiter de l’heure du midi pour sortir faire une petite balade solo, en couple, en famille, entre voisin·es ?

"Ce que je remarque, c’est que quand on croise les gens en balade malgré le masque, on voit quand même qu’ils et elles vous sourient, qu’ils et elles disent ‘Bonjour, ça fait du bien quand même de sortir un peu, il fait beau !’"

Monique Hars est un concentré de bonnes ondes et de sagesse : "Je ne suis pas encore certaine que la majorité des gens font le rapport entre la pandémie et les problèmes environnementaux, or, il est là, c’est clair et net. Il faut rester positifs et positives, la nature s’en sortira, elle est affaiblie, mais elle va s’en sortir. Nous, on s’en sortira aussi, mais il ne faudra plus faire n’importe quoi."


Quelques conseils balades de Monique Hars

  •  La réserve du Doode Bemde à Neerijse
  •  Kortenberg, la section Erps-Kwerps :  randonnée dans la Forêt de Silsom, dont le point de départ est le Centre d’accueil  Groene Vallei, Lelieboomgaardenstraat 60.
  • Points noeuds: 86_108_109- 87_88_89- 85
  • D’autres idées balades sur le site de Natagora.

Son bon plan lecture - guide nature

"J’ai 36000 guides qui sont vieux comme le monde qui ne tiennent plus en pièces qui me servent toujours, mais le Guide de la faune et de la flore aux éditions Flammarion pourrait servir de référence. C’est un petit livre qui aborde tout aussi bien de la botanique, que l’entomologie [NDLR, l’étude des insectes], que de l’ornithologie. "



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