Lisette Lombé et Nathalie Skowronek sont les lauréates du Prix Grenades

Lisette Lombé et Nathalie Skowronek, lauréates du Prix Grenades
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Lisette Lombé et Nathalie Skowronek, lauréates du Prix Grenades - © Tous droits réservés

Le Prix Grenades est un petit nouveau dans le milieu littéraire.

Depuis près de deux ans, les Grenades se sont donné la mission de dégoupiller l’actualité sous le prisme du genre et de l’inclusion. Des centaines d’articles et de contenus digitaux donnant la parole à toutes les femmes qui tissent la société d’aujourd’hui.

Des articles qui ont pour but de les visibiliser et de pallier le manque de paroles féminines dans les médias traditionnels. Pour rappel, les femmes représentent 37% des intervenantes dans les émissions d’information belges. Et 79% des experts invités à s’exprimer sont des hommes. 


►►► Retrouvez en cliquant ici tous les articles des Grenades, le média de la RTBF qui dégoupille l’actualité d’un point de vue féministe


"L’idée d’un Prix littéraire qui mettrait en lumière le travail des autrices belges francophones est apparue telle une évidence, voire peut-être même une urgence, au regard des chiffres", explique Safia Kessas (Les Grenades).  

En Belgique, sur l’ensemble des prix littéraires décernés par la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis le début du siècle dernier, 42 ont été décernés à des femmes, 135 à des hommes. 

Visibiliser le travail des autrices

Représenter les autrices, visibiliser leur travail, les faire connaître sont quelques raisons à l’origine du prix littéraire exclusivement réservé aux femmes. Une première en Belgique francophone qui pourrait donner l’envie à chacun et chacune de découvrir le talent d’écriture des femmes, de toutes les femmes et pourquoi pas de créer des vocations.

Parce que lire, regarder, entendre, admirer les œuvres pensées et créées par des femmes est d’une importance primordiale. Pour nourrir nos imaginaires d’autres points de vue que ceux des majorités et puis aussi pour construire une société plus égalitaire.

Au total près de 4000 personnes ont voté pour ce premier prix, preuve qu’il est nécessaire et qu’il répond à une demande. 

La cérémonie présentée par July Robert et Audrey Audrey Vanbrabant et accueillie à la Maison de la Francité le lundi 4 janvier, s’est déroulée aux côtés des 5 autrices finalistes : Alia Cardyn pour "Mademoiselle Papillon" (Robert Laffont), Fatoumata Fathy Sidibé pour "La voix d'une rebelle" (Luc Pire), Fatiha Saidi pour "Dans la peau d'une femme mendiante" (La boîte à Pandore), Mathilde Alet pour Sexy Summer (Flammarion), Lisette Lombé pour "Brûler, brûler, brûler", L'iconoclaste). Des membres du jury et de la marraine de cette première édition, Geneviève Damas, autrice et comédienne belge, étaient également présent.es. 

Les mots sont une arme redoutable pour lutter contre la binarité, les préjugés, la violence, le silence et l’oubli

Quand Safia Kessas m’a appelée pour me demander si j’acceptais d’être marraine de ce premier Prix littéraire grenades, j’ai d’emblée dit oui car pour moi c’était un honneur d’accepter d’être marraine d’un prix qui célèbre à la fois les femmes, et la littérature, et qui, par ce prix, dit que quand même les mots sont une arme redoutable pour lutter contre la binarité, les préjugés, la violence, le silence et l’oubli.” 

“Grâce au prix, (…) je me suis rendu compte qu’on a une littérature belge bien plus large que ce que j’imaginais, une littérature belge écrite par des femmes. Et que cette écriture ne se résume pas à un genre mais est protéiforme, multiforme”,  souligne-t-elle.


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Le Prix coup de cœur

Geneviève Damas a choisi de remettre son prix coup de cœur à Nathalie Skowronek pour son ouvrage "La carte des regrets", paru en février 2020 aux éditions Grasset.

Elle brosse un très beau personnage de femme en creux, ce personnage de femme ne parle jamais, mais en tout cas c’est une femme qui ne se laisse pas enfermer dans ce qu’on attend d’elle. Et c’est aussi un merveilleux hommage à toutes les formes d’art qui nous permettent de vivre les paradoxes de nos vies, que ce soit la musique, que ce soit le cinéma, que ce soit la peinture. 

Et enfin je trouve qu’elle adresse un vibrant hommage à tous ces artistes, de l’ombre, que l’Histoire ne retiendra pas, mais qui font avancer le travail de tous les autres. Parce que nous n’écrivons jamais seuls, nous créons ensemble.”

Le Prix Grenades essaie de donner la lumière sur la moitié de la population qui écrit, qui lit, et qui a aussi beaucoup à voir et à faire avec la littérature

Nathalie Skowronek s’est, elle aussi, exprimée : Ce Prix Grenades interpelle, on se dit "tient un prix de femmes décerné aux femmes", on se demande pourquoi on n’aurait pas le droit de concourir avec les hommes ? Pourquoi est-ce qu’on doit faire notre prix entre nous pour être sûres qu’un nombre d’autrices suffisant soit mis en valeur ? Ce sont des questions qui se posent et on constate qu’en effet l’ordre naturel des choses fait que les hommes sont plus souvent aux commandes et sont plus souvent enclins à se primer entre eux.” 

“Le Prix Grenades essaie de donner la lumière sur la moitié de la population qui écrit, qui lit, et qui a aussi beaucoup à voir et à faire avec la littérature. Donc merci infiniment d’avoir choisi La carte des regrets, je vous encourage et envoie toute mes pensées.”

Le Prix du jury

Le jury de cette première édition du prix Grenades a ensuite rendu son verdict. 

Pour sa justesse et ses textes inspirants et forts, le jury a choisi de remettre le Prix littéraire Grenades à Lisette Lombé pour son ouvrage "Brûler, brûler, brûler", paru en octobre 2020 aux éditions l’Iconoclaste.

Pour moi, c’est quelque chose de symboliquement fort, parce que mon écriture est engagée et expressément féministe

La lauréate, Lisette Lombé, a réagi : On a discuté quand le prix était lancé avec Pieterke Mol, on a discuté ensemble et on se disait que déjà être dans les vingt-deux finalistes, c’était déjà une belle lumière, et une lumière qui était faite sur toutes les écritures de femmes.”

“Pour moi c’est quelque chose de symboliquement fort, parce que mon écriture est engagée et expressément féministe, que je trouve que c’est gratifiant d’être valorisée à cet endroit-là, pour cette écriture-là. Et puis aussi de manière plus large, ça réinterroge les liens entre la littérature et la société dans laquelle on vit. Donc c’est symbolique et c’est très fort."

Le poème de Lisette Lombé pour Les Grenades

Et l’odeur singulière

des grenades mûres,

prêtes à

exploser, se

répandra partout,

au milieu de leurs

étals, de leurs écoles, de leurs

ébats et de leurs débats stériles.

Ceci n’est pas une menace, c’est une

déflagration

poétique.

Derrière la

montagne d’injures,

d’agressions, de ruses sexistes et

racistes,

grandissent déjà les graines d’une autre

histoire.

Dérangeante.

Les deux livres lauréats

Suicide, assassinat, mort accidentelle ? Les circonstances de la mort de Véronique Verbruggen sur un sentier des Cévennes n’auraient pas valu plus de quelques lignes dans la presse si la victime n’avait pas été une éditrice reconnue. Deux hommes s’interrogent et partagent un même chagrin : Daniel Meyer, son mari, ophtalmologue, et Titus Séguier, son amant, cinéaste qui jusqu’au bout aura attendu qu’elle vienne partager sa vie.

La carte des regrets, Nathalie Skowronek

Parution 5 février 2020 – Editions Grasset

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"Te faire douter.

Te faire avoir peur.

Te faire avoir honte

De ta couleur.

Qui oubliera ?

Qu’à un noir,

On disait tu…"

Antiracistes, féministes, politiques, les mots de Lisette Lombé font battre le pavé et le cœur. Le poing levé, à coups de mots et de collages, elle dénonce les injustices et poursuit le combat de ses aînées, d’Angela Davis à Toni Morrison.

 

Brûler, Brûler, Brûler, Lisette Lombé

Parution 7 octobre 2020 – Editions l’Iconoclaste

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Sous couverture avec Lisette Lombé

Le prix coup de cœur d’un montant de 500 euros est financé par la Direction à l’Égalité des Chances de la Fédération Wallonie Bruxelles.

Le prix littéraire Grenades d’un montant de 1.000 euros est financé par la Scam et les Grenades-RTBF.

Le Prix Grenades se fait en partenariat avec la Direction à l’Égalité des Chances, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la RTBF culture & Restart. Avec le soutien du PILEn et de la Maison de la Francité. 

Si vous souhaitez contacter l’équipe des Grenades, vous pouvez envoyer un mail à lesgrenades@rtbf.be.

Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d’actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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