90% des victimes de meurtres de jeunes aux USA sont des filles: les féminicides explosent aussi chez les ados

Une femme couchée à Paris lors d'une manifestation contre les violences faites aux femmes
Une femme couchée à Paris lors d'une manifestation contre les violences faites aux femmes - © ZAKARIA ABDELKAFI - AFP

Une étude, relayée par le site internet américain Newsweek.com révèle que 90% des jeunes de moins de 18 ans tués par leur partenaire ou ex-partenaire sont des filles. 90% des auteurs de ces féminicides sont des jeunes hommes. Cette étude a été publiée dans la revue pédiatrique JAMA.

Pour leurs recherches, les auteurs de l'étude ont collecté, sur une période de 13 ans, les données de plus de 2000 homicides dans 32 états des Etats-Unis. Sur les 150 meurtres commis sur de jeunes adolescents, 135 des victimes étaient des jeunes filles. 

Les enquêteurs ont également compilé les mobiles invoqués. Dans la majorité des cas c'est lorsque la jeune femme annonce qu'elle veut quitter son partenaire que ce dernier passe à l'acte. Parmi les autres motifs: une dispute, un désaccord sur une grossesse ou l'usage imprudent d'une arme à feu.

"Dans une relation amoureuse, les adolescents, en particulier les filles, peuvent être exposés à un risque d'homicide, surtout en cas de rupture ou de jalousie et lorsque les auteurs ont accès à des armes à feu. Comprendre l'homicide dans les relations amoureuses précoces peut éclairer les efforts de prévention et d'intervention adaptés aux adolescents ", ont avertis les chercheurs. 

Avanti Adhia, chercheuse au Harborview Injury Prevention and Research Center de la faculté de médecine de l'Université de Washington et autrice principale de l'étude, explique à la revue JAMA que la violence entre partenaires intimes " est une question de santé publique qui devrait être prise au sérieux."

"Bien qu'il ne s'agisse pas d'un phénomène courant, il se produit plus souvent qu'on ne le pense", ajoute-t-elle. 

Selon Avanti Adhia, "la majorité des homicides se produisent chez des adolescents âgés de 16 à 18 ans. Il arrive souvent qu'une victime mette fin à une relation avec l'agresseur ou qu'elle éprouve de la jalousie à l'idée de sortir avec quelqu'un d'autre."

"L'une des raisons pour lesquelles je m'intéresse à ce sujet est la perception selon laquelle la violence dans les relations entre adolescents est moins grave que la violence entre adultes. Mais il est important de comprendre que les choses peuvent aussi s'aggraver chez les adolescents", conclut Avanti Adhia.

L'usage des bons mots, un devoir des médias

Chez nous, il n'y a pas encore de chiffres disponibles concernant les féminicides de mineures. 

L'an dernier, 33 femmes ont perdu la vie en Belgique sous les coups de leur compagnon, ou ex-compagnon.

Depuis janvier dernier, 7 femmes ont déjà été tuées. 

Il y a quelques jours, Le Conseil Wallon de l'Egalité entre Hommes et Femmes (CWEHF) a publié son Memorandum annuel.

Dans ce texte, Le Conseil point du doigt la responsabilité des médias. 

La présidente du CWEHF, Maryse Hendrix, explique: "On s’aperçoit que cette violence n'est pas toujours bien reprise dans les médias. On parle de drame familial ou de disputes et pourtant il s'agit d'assassinat. Le langage doit évoluer, les mots ne sont pas innocents. C'est très important de faire attention à la manière dont on présente les choses"

Archives: Journal télévisé 24/08/2018

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK