Le retour des films de Noël jusqu'à l'indigestion

Les fêtes de fin d’année approchent à grands pas et avec elles, la tradition des films kitch va envahir les écrans. C’est en effet, une des traditions les plus courues en cette période : des tunnels de films sirupeux à s’enfiler jusqu’à l’indigestion. Les titres font frémir en raison de leur originalité : coup de foudre sur une mélodie de noël, un noël d’amour et d’amitié, la rose de noël… Toutes ces petites merveilles vous attendent tout au long des congés. Plus de 100 films sur le même thème seront diffusés.

Des scénarios répétitifs

Très souvent dans ces films, une femme est confrontée à un manque, à un truc qui ne va pas, mais elle ne sait pas vraiment quoi. Alors, elle va faire un voyage initiatique en général en talon, et pas équipée dans une région où il y a beaucoup de neige. Et elle rencontre un homme qui va la sauver, combler ce vide en elle, et par là même régler tous ses problèmes car évidemment, ils vont tomber amoureux, se marier. En général, on a droit à une scène à la fin où l’on découvre cette femme complètement épanouie, car elle ne travaille plus et regarde ses enfants s’ébrouer dans le jardin, la tête penchée sur l’épaule de son sauveur.

Des personnages féminins stéréotypés

L’indigestion est provoquée par le fait que ces histoires mettent en scène toujours les mêmes profils : un couple hétéro. C’est bien connu, seuls les hétéros tombent amoureux, les autres couples : homosexuels ou mixtes n’existent pas. Pour en revenir au personnage féminin, ils sont tout simplement écrits de façon caricaturale. Les femmes sont toutes des ratées pour des tas de raisons : elles consacrent trop de temps à leur travail, elles n’ont pas d’enfants, elles sont veuves, orphelines, ou encore amoureuse de la mauvaise personne. Autant vous dire, tout de suite, aucun de ses films ne passent le fameux test de Bedchel.

Le test de Bedchel-Wallace

C’est un outil qui permet d’évaluer la représentation des femmes dans un film. Le test de Bechdel évalue la qualité des personnages féminins dans un film ou une série via trois questions :

  • Y a-t-il au moins deux personnages féminins portant des noms ?
  • Ces deux femmes se parlent-elles ?
  • Leur conversation porte-t-elle sur un sujet autre qu’un personnage masculin ?

Ce test permet de voir en fait si les personnages féminins jouent le rôle de faire-valoir des héros masculins. Appliqué à la production internationale de cinéma entre 2016 et 2018, le Bechdel-Wallace, selon le site Internet Bechdel Movie Data Base, donnerait des résultats plutôt alarmants : sur 7656 longs-métrages recensés, plus de 40% ne remplissent pas les trois conditions, et 10% n’en respectent aucune, ce qui veut dire que l’intrigue ne comporte même pas deux personnages féminins.

Le public est-il vraiment dupe ?

Il y a comme un accord tacite avec les téléspectateurs. Tout le monde sait que l’histoire est attendue et surtout comment ça va se terminer. Disons que si ces films cartonnent en termes d’audience, c’est parce qu’ils offrent une parenthèse où tout est simple, pas de fin de mois difficile, pas de maladie, pas de crise politique (même si tout le tout le monde s’en fiche). Cela nous replonge aussi dans nos propres souvenirs : les cadeaux, les batailles de boules de neige, etc. Certains y retrouvent la chaleur de l’enfance, même si on y matraque des messages ringards. Les films de Noël offrent un curieux mélange de stéréotypes et de plaisirs coupables.

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