Le féminicide d'Agitu Ideo Gudeta choque l'Italie

Le féminicide d’Agitu Ideo Gudeta choque l’Italie
Le féminicide d’Agitu Ideo Gudeta choque l’Italie - © Tous droits réservés

Ce 29 décembre, Agitu Ideo Gudeta, une réfugiée éthiopienne de 42 ans, a été retrouvée morte à son domicile, dans le nord de l'Italie, annonce La Repubblica. Elle était connue dans tout le pays grâce à son activité, couronnée de succès, d’éleveuse de chèvres et avait été à de nombreuses reprises médiatisée.

Une célèbre bergère

Selon le quotidien local Il Dolomiti, Agitu Gudeta était devenue "la bergère la plus célèbre des vallées du Trentin". Et son histoire n’était pas banale. En 2010, elle avait dû fuir l’Éthiopie à cause de son activité de militante environnementaliste. Elle subissait des menaces de poursuites judiciaires et des menaces de mort car elle s’opposait à l’accaparement des terres par certaines multinationales.

A 30 ans, toute seule dans un nouveau pays et dans la région réputée inhospitalière du Trentin, elle avait commencé une autre vie, avec ses 180 chèvres et sa propre entreprise prospère de fromages bio baptisée "La Capra Felice", la chèvre heureuse. Elle avait choisi de protéger une espèce rare, la chèvre Mochena, qui survit dans cette vallée isolée.


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Insultes et menaces racistes

Avec sa réussite, c’est à d’autres menaces qu’elle avait dû faire face : des menaces et insultes racistes de la part de ses voisins. Elle avait été agressée physiquement également. Elle avait porté plainte contre l’un d’eux qui avait été condamné en janvier à 9 mois sous liberté conditionnelle.


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Mardi, elle a été tuée avec un marteau par un ancien collaborateur ghanéen, à cause d’un différend salarial. Elle pourrait également avoir été violée. Toute la presse italienne s’est fait l’écho de ce féminicide.


Pourquoi nous parlons de féminicide dans cette affaire ?

Le féminicide, notamment reconnu par l'ONU, est souvent le fait d'un conjoint ou d'un ex-conjoint et le résultat d'un continuum de violence, comme nous l'expliquions dans cet article. On l'appelle plus précisément "féminicide intime".

Il existe d'autres formes de féminicide, dont les féminicides non intimes, c'est-à-dire non commis par des conjoints ou des personnes proches, qui sont définis comme des meurtres de femmes. Ils sont parfois accompagnés de violences sexuelles, comme dans cette affaire.


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