Le confinement n'arrête pas le harcèlement de rue

Dans les rues vides, le harcèlement envers les femmes continue
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Dans les rues vides, le harcèlement envers les femmes continue - © Getty Images

Si certaines avaient l’espoir d’y échapper avec le confinement, c’est raté. Le harcèlement de rue qui est le quotidien des femmes dans l’espace public n’a pas disparu avec la crise sanitaire et les mesures prises pour y faire face.

Sur les réseaux sociaux, les femmes témoignent de ce qu’elles vivent lors de leurs rares sorties essentielles. Et sans surprise, elles continuent à subir des sifflements, des regards insistants et des insultes pour avoir circulé dans l’espace public. Dans les rues vidées de leurs occupant.e.s, les femmes disent aussi ressentir un plus grand sentiment d’insécurité. "J'ai eu comme un sentiment d'effroi en me disant que si quelqu'un m'agressait ici, je n'aurais personne pour m'aider. Cette pensée est revenue plusieurs fois quand je me promenais seule. Du coup, quand je sors, c'est à Sainte-Catherine devant les bassins où c'est bien à découvert et où il y a encore un peu de passage", nous raconte une Bruxelloise.


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D’après Bruzz, la police ne voit pas le nombre de signalements et de plaintes augmenter à ce sujet. Les faits de harcèlement de rue arrivent rarement jusqu’aux commissariats. Une jeune femme, fatiguée de ce harcèlement, a témoigné pour le journal néerlandophone Het Laatste Nieuws. Elle précise : “Certains m’envoient des bisous, d'autres m'appellent. Cette semaine, j'ai été pourchassée par deux hommes qui m'ont offert 50 euros pour une fellation. Cela allait vraiment trop loin. Ils ont vraiment insisté, se sont rapprochés de plus en plus et m'ont traité de “pute”. J’ai paniqué et je suis retournée dans ma chambre.

Plus de neuf femmes sur dix ont déjà été confrontées à des comportements sexistes dans l’espace public

L’autrice néerlandophone Lize Spit a elle aussi tweeté sur le harcèlement de rue : “Depuis le confinement, le harcèlement de rue à Bruxelles s’est considérablement aggravé. Partout, des hommes qui nous ennuient, des machos excités. Après une promenade, vous ne voulez pas simplement vous laver les mains, vous souhaitez pouvoir rincer tout votre corps, de la tête aux pieds, de tous ces regards sales et tous ces murmures.”


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Punissable par la loi

Selon l’asbl JUMP, plus de neuf femmes sur dix ont déjà été confrontées à des comportements sexistes dans l’espace public. Le harcèlement de rue est constitué d’un ensemble de gestes graves et punissables par la loi. La loi contre le sexisme de 2014 punit d’une peine d’emprisonnement d’un mois à un an et/ou d’une amende de 50 à 1.000 euros l’auteur.e de tout geste ou comportement qui a pour but d’exprimer un mépris à une personne en raison de son sexe.

Cette culture du viol devient plus visible plus le confinement avance

Culture du viol

Les femmes qui s’expriment sur ces sujets subissent également un autre harcèlement sur internet. Des internautes n’hésitent pas à leur faire comprendre que le harcèlement de rue est de leur faute, qu’elles n’ont pas à se plaindre et que c’est parce qu’elles “sont jolies” (sic). Il s’agit d’exemples de la culture de viol qui consiste à faire peser la responsabilité de son agression sur la victime.

Cette culture du viol devient plus visible plus le confinement avance : certains hommes postent en effet des messages sur les réseaux sociaux dans lesquels ils expliquent qu’ils pourraient violer des femmes à la fin du confinement.

Les gestes et paroles sexistes ne se confinent visiblement pas, dans un contexte où les violences faites aux femmes augmentent.

Explosion des violences conjugales (JT 11/04/2020)

 

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Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d’actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.