La voyageuse : la nouvelle plateforme pour les baroudeuses

Les vacances approchent mais voyager seules, pour les femmes n’est pas toujours évident. Vous connaissez sans doute le couchsurfing, cet anglicisme signifie « surfer d'un canapé à un autre ». Le principe est simple : on s'inscrit sur un site internet, qui compte actuellement plus d'un million d'adhérents dans le monde. Chaque couchsurfer tient une fiche avec sa photo, ses hobbies, ses voyages, les langues qu'il parle. En fonction des affinités, on peut le contacter, pour lui demander s'il veut bien nous héberger. Mais cette option s’avère parfois peu rassurante pour les femmes seules.  Il faut composer avec la peur de l’agression, y compris sexuelle. La question de la sécurité reste un frein pour bon nombre de femmes. 

Loger chez l'habitant: sécurisant?

On ne sait en effet jamais vraiment où l’on va atterrir. Et, cohabiter seule avec un ou plusieurs hommes n’est pour certaines, pas toujours très rassurant. C’est pourquoi Christina Boixiere vient de lancer « La Voyageuse », une plateforme sécurisée d’hébergement uniquement pour les baroudeuses. Comme son homologue mixte américain Couchsurfing, le site propose des hébergements gratuits pour les voyageuses mais particularité :  les accueillantes et les accueillies sont exclusivement des femmes. Sans doute, un bon filon économique car les femmes qui voyagent seules sont de plus en plus nombreuses. Elles étaient 138 millions en 2017.

Le voyage: véritable outil d’émancipation 

A l’époque des « aventurières en crinoline », voyager seule constituait un défi à l’ordre masculin », raconte Franck Michel, anthropologue, mais aujourd’hui, la majorité des baroudeuses cherchent plus à recouvrer la liberté. C’est vers 35-40 ans que les femmes tentent leur premier départ en solo, à un moment où elles ont déjà construit leur vie professionnelle et amoureuse, où leurs enfants ont un peu grandi. Sans le savoir, la plateforme voyageuse développe des pratiques féministes car elle est conçue pour participer à l’émancipation des femmes par le voyage, en créant des espaces safe non-mixte comme le mouvement féministe des années 70, qui mettait en avant la non-mixité comme lieu d’expression et de prise de conscience, libérés de la présence des groupes dominants. En fait la créatrice de ce site ne dit pas autre chose, elle souhaite que les accueillantes et les accueillies retissent du lien. En s’organisant en groupe et en partageant leurs propres expériences, les femmes comprennent que leurs problèmes ne sont pas personnels, y compris en termes de sécurité, mais s’inscrivent dans une structure d’oppression. A noter, que le côté non-mixte en voyage, est perçu comme cool,  et ne suscite l’ire de personne. Car dans d’autres circonstances quand les femmes ont besoin d’espace safe non-mixte, pour libérer la parole, cela déclenche de nombreux tweets et papiers.

 

Pratiquement, les voyageuses qui veulent bénéficier des services de la plateforme, paient un abonnement de 119 euros pour un an, et peuvent ensuite se faire héberger autant de fois qu’elles le souhaitent, gratuitement.  Enfin, la plateforme propose plein d’hébergements en France pour les autres pays, c’est pour bientôt.

 

@safiakessas

 

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