La force des voyages à vélo: la communauté warmshowers

La force des voyages à vélo: la communauté warmshowers
La force des voyages à vélo: la communauté warmshowers - © Tous droits réservés

Nous voici à Saarbrucken, petite ville de l’ouest de l’Allemagne. Il fait nuit et les phares des voitures m’éblouissent les yeux. J’enfonce mon bonnet sur mes oreilles et plonge le menton dans ma veste. Je peste car j’ai faim...et quand j’ai faim, une hypersensibilité d’humeur m’envahit, je peux me transformer en petit monstre. Il ne reste plus qu’un kilomètre pour arriver chez nos hôtes de ce soir. Mince, ca monte. Je me cramponne à mon vélo en chantonnant. Allez, j’y suis presque!  Arrivés en haut de la colline, Hildegard et Gerhard nous attendent déjà devant le garage pour y déposer les vélos. Avant qu’ils ne puissent commencer à parler, je dégaine rapidement mon plus bel allemand, appris cette après-midi: “Es tut mir leid, ich spreche Französisch und spreche kein Deutsch”. Loupé, je ne reçois en échange que des yeux écarquillés et une réponse en français d’Hildegard. Ma fierté se ratatine mais, au moins, ma soirée est sauvée! 

Une communauté internationale: les warmshowers

Hildegard et Gerhard font partie d’un réseau international d’échange d’hospitalité entre cyclo-voyageurs et voyageuses: Warmshowers. Comparable au couchsurfing du cycliste, Warmshowers est une plateforme où plus de 85.000 membres s’accueillent mutuellement. En plus de l’avantage évident d’avoir une douche chaude et un toit pour la nuit, il s’agit surtout de se rencontrer et d’échanger. Nous ne sommes pas déçus: avec des dizaines de voyages à leur actif, ce couple de retraités a plus d’une histoire dans son sac. 

Hildegard a appris à faire du vélo à 33 ans et depuis a parcouru le monde

Hildegard raconte: “Je n’ai appris à faire du vélo qu’à 33 ans. Pour moi, c’était quelque chose pour les hommes car mes frères roulaient beaucoup en vélo. Et je ne voulais absolument pas faire comme eux à l’époque. Plus tard, j’ai rencontré une anglaise qui voyageait déjà en vélo. Ca m’a beaucoup intéressée et j’ai décidé d’essayer. J’ai acheté un vélo pour femme et mon mari a pris le vélo de mon père. On a acheté deux sacoches chez Aldi et on est simplement partis.”

Interview de Hildegard

Et leur vie a alors changé. Ils ont depuis exploré le monde, dont beaucoup de pays que nous traverserons dans les prochains mois. Hildegard a même traversé l’Australie en solitaire. Lorsqu’elle en parle, ses yeux rient et les ridules au coin de ses lèvres se plissent joyeusement. Après l’avoir interviewée pour le documentaire que je réalise, nous partons à quatre visiter la ville et parcourir une trentaine de kilomètre ensemble.

Du haut de ses 60 ans, Hildegard mène le peloton. Quel coup de pédale! Je peine à suivre. C’est une femme remarquable par sa force et son assertivité. Hildegard sait ce qu’elle veut et n’a pas peur de le dire. C’est quelqu’un qui a su continuellement se développer et qui a laissé sa curiosité la porter aux quatre coins du monde. Une vraie inspiration.

Cyclo-féministement vôtre et à la semaine prochaine!

Manon Brulard, contributrice

 

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