L'Egypte s'attaque aux utilisatrices de TikTok

L'Egypte s'attaque aux utilisatrices de TikTok
L'Egypte s'attaque aux utilisatrices de TikTok - © Pixabay

En juillet, plusieurs jeunes influenceuses égyptiennes ont été condamnées à des peines de prison ferme pour des contenus partagés sur l'application TikTok, des contenus jugés comme des atteintes aux bonnes mœurs.

Cette application est particulièrement populaire chez les 15-25 ans dans le monde entier. De nombreuses jeunes femmes l’utilisent pour dénoncer les injonctions faites aux femmes et les violences sexuelles.


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L’Egypte ne fait pas exception : dans le pays aussi, l'application est utilisée comme un outil de libération de la parole, dans les pas de MeToo. En mai, une jeune femme, Menna Abdel-Aziz, 17 ans, a posté une vidéo sur TikTok dans laquelle elle apparaissait le visage couvert de contusions et affirmant avoir subi un viol en réunion.

Les autorités ont reconnu l'existence du viol mais elles ont aussi ordonné son arrestation, pour "promotion de la débauche", selon l'agence AFP. "Elle a commis des crimes […] Elle mérite d'être punie", a tranché le procureur général.

L'organisation Egyptian Initiative for Personal Rights a demandé sa libération immédiate et l'abandon de toutes les poursuites, exigeant qu'elle soit "considérée comme une victime de viol et une survivante". Ses six agresseurs présumés ont également été arrêtés et inculpés du même chef d'accusation. Selon le Code pénal égyptien, viol et agression sexuelle sont passibles de la prison à perpétuité.

D'autres femmes ont été arrêtées et condamnées, notamment pour avoir dansé et chanté sur le réseau social. Manar Samy a été condamnée à trois ans de prison pour "incitation à la débauche" pour des vidéos postées sur le réseau social TikTok, où elle danse et chante en playback des chansons à succès. Hadeer al-Hady a été arrêtée pour cette même raison.


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Cinq autres utilisatrices ont récemment été condamnées à deux ans de prison ferme car elles "menacent les valeurs familiales", selon les autorités égyptiennes.

 

Mawada al-Adham a été arrêtée en mai après avoir publié des vidéos parodiques (voir vidéo ci-dessous).

"Toutes des femmes, jeunes"

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a ratifié la loi sur la cybercriminalité il y a deux ans et a adopté une nouvelle loi réglementant les médias. Depuis, "la répression du pays contre les défenseurs des droits humains, les activistes et les influenceurs s'aggrave", d'après l'ONG de protection des libertés numériques Access Now qui estime que ce sont "toutes des femmes, toutes jeunes, toutes exerçant leur droit à la liberté d'expression en ligne" qui sont particulièrement attaquées en ce moment.

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