L'Egalité des chances et les Droits des femmes prennent leur place à part entière au Parlement bruxellois

L'Egalité des chances et les Droits des femmes prennent leur place à part entière au Parlement bruxellois
L'Egalité des chances et les Droits des femmes prennent leur place à part entière au Parlement bruxellois - © Tous droits réservés

Un vent nouveau souffle dans les couloirs du Parlement bruxellois. Ce mardi matin, dans la salle 206, Margaux De Ré (Ecolo) inaugurait officiellement la Commission pour l'Egalité des chances et les Droits des femmes.

"Une Région la plus inclusive possible", tel est l’objectif. Chaque décision politique devrait (et doit) être pensée en veillant à bénéficier de façon égale à tous les citoyennes et citoyens. Et ce, sans distinction d’origine sociale, de sexe, de genre, d’orientation sexuelle, de moyens financiers, d’handicap, de convictions religieuses...

C’est l’ambition qui se cache derrière la toute nouvelle Commission pour l'Egalité des chances et les Droits des femmes du Parlement bruxellois. Elle remplace l'ancien "Comité d'avis", un organe non permanent qui n'avait qu’un rôle indicatif et ne pouvait produire des textes contraignants et des recommandations.

Une commission dans l’air du temps

Nous avons rencontré Margaux De Ré, présidente de cette nouvelle Commission. "Les thématiques d’égalité et de droit des femmes sont dans l’air du temps. C’est fini de faire de ces questions des matières accessoires."

L’une des premières victoires de cette jeune députée est d’avoir réussi à changer le Parlement bruxellois de l’intérieur. "Quand on a commencé à se répartir les matières et les commissions entre députés, je me suis retrouvée à pouvoir présider le comité d’avis pour l’égalité. J’étais super contente surtout que, par le passé, cette place a été occupée par beaucoup d’hommes. Le problème, c’est qu’on n’avait pas la possibilité de produire des textes contraignants, seulement des avis. Les autres commissions n’étaient pas tenues de respecter ce qui avait été suggéré. On s’est dit : 'pourquoi ne pas transformer ce comité d’avis en Commission comme dans d’autres Parlements…' Nous avons désormais 'un volet contrôle' pour vérifier que la question de l’égalité et du droit des femmes est bien présente dans toutes les décisions mais aussi 'un volet proposition' pour améliorer les politiques de toutes les commissions. Il y a beaucoup d’attentes de la part des politiques et des citoyennes et citoyens. J’espère qu’on va construire une région exemplaire en la matière". Cette commission compte 15 membres effectifs et 24 suppléants.


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L'urgence d'agir

Au programme de la Commission, trois grands axes d’actions. "Le mouvement #MeToo et les mobilisations contre les violences faites aux femmes prouvent que la protection des femmes est une urgence. Nous voulons lutter contre les violences, les féminicides, le cyberharcèlement et le harcèlement dans l’espace public comme les transports. C’est une question qui devient tragiquement … vitale ! Deuxièmement, à plus long terme, nous voulons donner plus de place aux femmes. D’abord, une place physique, un espace sécurisé dans nos rues, dans nos transports, nos parcs en faisant en sorte que toutes les infrastructures leurs soient accueillantes. Mais aussi une place plus symbolique dans l’économie, l’emploi, la formation pour qu’elles puissent devenir plus actives encore. Enfin, nous voulons valoriser les femmes et leur permettre de prendre cette place. Qu’elles se sentent légitimes. Nous voulons susciter des vocations et voir s’ouvrir des portes. Nous voulons mieux visibiliser les femmes, celles qui se lancent mais aussi valoriser le matrimoine, repenser la question des noms des rues, des noms de métro." La commission compte s’appuyer sur le secteur associatif pour laisser plus de place aux citoyennes et citoyens.


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Peu d'hommes mais un message fort

Ce 21 janvier, au cours de cette première séance, la présidente a rappelé son objectif de développer des actions politiques les plus transversales possibles. Mme Ben Hamou, secrétaire d'État chargée du logement et de l'égalité des chances, a insisté sur le signal fort que la naissance de cette commission donne au gouvernement. "Bruxellois et Bruxelloises disposent désormais des mêmes droits pour participer à la société."

Ce matin, de nombreuses membres de la Commission ont notamment signalé leur déception de voir si peu d’hommes parmi elles; sur les 15 membres effectifs, un seul homme. Cette première séance a débuté par les questions adressées à Mme Ben Hamou. A l’ordre du jour : le cyberharcèlement et le harcèlement envers les femmes, y compris les journalistes et les politiques. Différentes députées ont d’ailleurs témoigné du harcèlement dont elles-mêmes ont été victimes.

La formation des policiers a notamment été remise en question. Lutter contre les violences et soutenir les victimes, un grand chantier pour cette jeune commission. Une thématique qui a déjà fait l’objet de plusieurs articles des Grenades, nous nous réjouissons que les politiques s’emparent de la question.

Les violences à l’encontre de la communauté LGBTQI, les discriminations envers les personnes intersexes, les violences commises à l’égard des travailleurs et travailleuses du sexe et le bracelet anti-rapprochement contre les violences conjugales ont également fait débat ce matin. Et maintenant comme le disait la Vice-Présidentes Leila Agic, il faut passer de la parole aux actes !

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