Immigration italienne en Belgique : quelle place pour les femmes et les enfants ?

Cette chronique a été écrite pour la première émission des Grenades série d'été, saison 2, diffusée tous les dimanches de 17h à 18h sur La Première.

En juin 1946, les premiers immigrés italiens débarquent en Belgique avec la fameuse signature des accords charbon. Il y a deux protagonistes dans cette histoire, d’un côté la Belgique qui est meurtrie par la guerre et en manque de main-d'œuvre. De l’autre, l'Italie qui est instable politiquement et peine à se relever économiquement.

Les deux pays y voient donc l’opportunité d’une collaboration. La Belgique profite d'une main-d'œuvre à bas prix, pour exploiter les mines. L'Italie saisit l’occasion d’envoyer loin une partie de sa jeunesse sans travail, tout ça en en échange de charbon.


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Le rôle de l’Église

Les italien·nes qui mettent le pied sur le sol belge sont assez croyant·es et sont d’ailleurs accompagnés par l’Eglise catholique dès leur arrivée en Belgique. Ce qui arrange bien le patronat et les institutions publiques qui eux ne voient pas d’un bon œil la montée des partis communistes au sein des mines. Or, l’Eglise est fondamentalement anticommuniste.

Le clergé finance et publie par exemple un journal gratuit, distribué aux immigré·es italien·nes et qui sert de promotion à l’apolitisme et encourage, par exemple, les Italien·nes à ne pas se mêler des luttes sociales belges et donc, à ne pas faire grève. Un accompagnement qui se veut donc moral et religieux mais aussi politique, comme un organe de contrôle qui éduque à la docilité et au travail.


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Des femmes et des enfants aussi

Les immigrés italiens n’arrivent pas seuls pour travailler et sont bientôt rejoints par leur famille. Dans l’ombre de ces jeunes travailleurs arrivent donc parfois des femmes, des enfants. Certaines femmes arrivent parfois même seules. Ces femmes, on sait qu’elles existent, il nous a cependant été difficile de trouver des traces écrites et des sources les concernant. Elles ne sont que très rarement mentionnées dans les écrits traitant de cette époque. Pourtant elles sont bien présentes et actives dans les milieux industriels comme en témoigne leur implication directe dans la bien connue grève des femmes de la FN d’Herstal, 20 ans après l’arrivée des premiers ouvriers italiens en Belgique.

Pour elles aussi, l’Église a une idée… Elle met à leur disposition des assistantes sociales pour aider à l’installation de toute la famille. Des assistantes sociales qui s’avèrent un brin "maternalistes" et qui n'hésitent pas à porter des jugements moraux sur leurs "clientes" en considérant par exemple qu'il faut "inculquer la patience aux femmes battues"...

Femmes d’ouvriers, femmes ouvrières, femmes malmenées, battues ou non, mais des femmes battantes souvent invisibilisées dans les livres d’histoire traitant de l’émigration italienne.


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Femmes auxquelles Martine de Michèle, metteuse en scène et invitée des Grenades série d'été, a souhaité rendre hommage sur les planches à travers son projet théâtrale Montenero.

Des récits de rencontres, des témoignages, … tout ça afin de redonner vie à celles qu’on a oubliées et qui devraient pourtant faire partie intégrante de la mémoire ouvrière.

Ecoutez l'émission dans son entièreté

Extrait JT du 06/06/2021

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