Harcèlement à l'université: "J'en garde des séquelles"

Harcèlement à l'université: "J'en garde encore des séquelles"
Harcèlement à l'université: "J'en garde encore des séquelles" - © Getty Images

Depuis 1993, les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans les auditoires de l’enseignement supérieur, et elles réussissent mieux comme le montraient les chiffres de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2015 et de l'Iweps en 2018. Elles connaissent cependant des obstacles spécifiques sur leur parcours étudiant.

Il n’existe pas de chiffres officiels sur le harcèlement moral et/ou sexuel dans les universités belges. En France, un vade-mecum de 2017 de Association Nationale des Études Féministes a collecté des témoignages de femmes dans les établissements d’enseignement supérieur ou la recherche. Ce texte a été présenté à l'ULiège en février 2018 par la sociologue Erika Flahault, co-autrice du Petit livre blanc sur les violences sexuelles dans les universités.

Des rapports de pouvoir pouvant conduire à des abus

"[Ces témoignages] démontrent qu’il y existe, comme ailleurs, des comportements déplacés, discriminatoires, voire violents, qui nuisent à l’intégrité des personnes et au déroulement de leurs études ou de leur carrière", écrit l’association dans le vade-mecum, qui constate : "Dans les universités, grandes écoles ou encore instituts de recherche, publics ou privés, existent des rapports de pouvoir pouvant conduire à des abus".

Morceaux choisis parmi les différents témoignages recueillis par l'association : "Il y a eu lors de cette année un net abus de pouvoir qui a failli me coûter un redoublement"; "J’étais trop épuisée, perdue, je me sentais sale, je voulais me laver et dormir. J’ai passé une longue période en état de choc"; "Je suis très angoissée lorsque je dois avoir des entretiens ou des réunions de travail seule avec un employeur ou un hiérarchique."

"Dommage que vous n’ayez pas aussi oublié de vous habiller, mademoiselle", paroles accompagnées d’un sourire équivoque

"Myriam vient suivre une première année d’études universitaires en France, pays qu’elle découvre, seule, sans famille ni ami·e·s. Un enseignant vacataire la convoque sous prétexte de lui donner des conseils, lui fait des avances sexuelles à plusieurs reprises, qu’elle refuse. Elle n’arrive pas à faire cesser le harcèlement et ne sait pas à qui se confier. Déstabilisée, elle arrête les cours, ne valide pas son année, décide de déménager dans une autre ville"; "Lors d’un oral, une étudiante se présente à son professeur puis se dirige vers la salle de préparation pour rédiger ses réponses au sujet. Elle s’aperçoit alors qu’elle a oublié son stylo et revient sur ses pas pour demander au professeur de lui prêter un stylo. Ce dernier lui tend l’objet en disant : "Dommage que vous n’ayez pas aussi oublié de vous habiller, mademoiselle", paroles accompagnées d’un sourire équivoque".


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"Briser des carrières"

Des rapports de pouvoir problématiques, c'est ce qui est arrivé à Sophie* durant ses études. Pour écrire cet article, il a fallu enquêter plusieurs semaines et rassurer les témoins potentiel.les. “Les professeurs d’universités sont influents et peuvent briser des carrières”. Cette phrase est revenue plusieurs fois, c’est pourquoi les différentes personnes mentionnées dans cet article resteront anonymes. 

Les Grenades ont pu écouter un enregistrement et ont lu une dizaine d’échanges de mails entre Sophie et la hiérarchie de l’ISTI, l’école d’interprétation et de traduction attachée à l’ULB. Dans tous ces différents documents, Sophie mentionne les mêmes faits durant l’année académique 2018-2019.

Pendant mon test d’entrée, j’ai senti son regard sur moi, et je ne me suis pas sentie bien

"En Master, les choses se sont gâtées"

J’ai décidé de faire un deuxième master universitaire à 32 ans. Je voulais ce diplôme, me former dans les langues, je suis donc entrée en 2015 à l’ISTI, l’Institut Supérieur en Traduction et Interprétation, pour commencer un bachelier. J’avais entendu plusieurs choses, des rumeurs sur l’école mais je n’avais pas fait attention parce que cela ne m’avait pas touchée personnellement. C’est en arrivant en master que les choses se sont gâtées”, se remémore Sophie.

Beaucoup d’étudiant.es quittent l’école après le bachelier, Sophie parle d’”écrémage”. Elle entre dans le master en interprétation après un test d'aptitude. Il faut combiner deux langues, en plus de sa langue maternelle. Dans chacun des cours, elle se retrouve avec seulement deux autres étudiantes. Une majorité de femmes étudient à l’ISTI.

"Une drôle de manière de répondre à une étudiante"

Avant d’entrer en master, j’ai fait un Erasmus à la KU Leuven. J’ai eu besoin de contacter monsieur D., car il devait signer des papiers. Je ne suis pas arrivée à le joindre, j’ai essayé de le contacter par mail, de laisser des choses dans son casier. J’ai compris plus tard qu’il faisait tout pour être injoignable, il voulait que tout se fasse en face-à-face, nous forcer à venir le voir. Il a tout de même fini par répondre à un de mes mails, d’une manière bien trop intime, en me disant que peut-être que si je le lui demandais autrement, cela changerait les choses. Nous correspondions en néerlandais et j’ai cru que je n’avais pas compris toutes les nuances, mais j’ai trouvé que c’était une drôle de manière de répondre à une étudiante. Les autres professeurs d’université ne nous parlent pas comme ça. J’ai demandé ce qu’elle en pensait à une amie néerlandophone et elle a confirmé mes impressions. J’ai aussi eu un souci pendant mon Erasmus et monsieur D. m’a demandé mon numéro de téléphone privé. J’ai de nouveau trouvé cela étrange”.


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Sophie découvre que le même monsieur D. sera un de ses professeurs durant son master en interprétation. “Pendant mon test d’entrée, j’ai senti son regard sur moi, et je ne me suis pas sentie bien. Il m’avait testé informellement auparavant, sans tout le jury, juste lui et moi en classe, j’avais été en alerte tout le long de ce test".

Au début du semestre, une ancienne étudiante de bachelier entre dans la classe. Elle n’a pas passé le test d’aptitude pour entrer dans le master d’interprétation mais elle participera aux cours, explique le professeur. “Dès le départ, il a instauré un double standard, car cette élève a été privilégiée. Et mon but n’est pas de la critiquer, elle, personnellement mais bien de faire comprendre l’ambiance qui s’est installée dans la classe. Plus tard, le professeur s’est défendu en disant que le test n’est pas obligatoire. Je ne connais personne d’autre qui soit entré.e en master d’interprétation sans passer le test. A l’ISTI, ce sont les professeurs qui décident, les règles peuvent être détournées. Dans ce climat de favoritisme créé par le professeur, celles qui accepteront ce type de rapport privilégié seront favorisées et celles qui, au contraire, le refuseront ou le critiqueront seront défavorisées. C’est à ce moment-là qu’il m’est apparu évident que ce professeur cherchait à ce qu’on le séduise, que c’était ce qui était attendu de nous”, souligne Sophie.

La classe, un lieu de drague ?

D’après Sophie, la classe se transforme alors en un lieu de drague entre le professeur et la nouvelle élève, appelée Fiona (le prénom a été modifié). “Très souvent, il nous demandait de sortir pour les laisser en tête à tête. Nous n’avions plus cours. Or, j’ai des enfants et j’ai travaillé pour payer seule mon minerval. Je tenais à cette formation. Quand je l’ai confronté en lui disant que ce n’était pas une situation normale, il m’a juste répondu de ne plus venir si cela ne me plaisait pas. Je ne recevais quasi plus de feedback sur mon travail”, s’insurge Sophie.

Monsieur D. m’a demandé mon numéro de téléphone privé. J’ai trouvé cela étrange

Monsieur D. ne communique pas via son adresse mail professionnelle et ne prévient visiblement pas de ses absences. “Il ne communiquait qu’avec Fiona via Whatsapp et c’est elle qui nous transmettait les consignes pour les travaux ou les cours. Elle servait d’intermédiaire”, précise-t-elle. Un jour, Sophie se retrouve seule dans la classe à attendre le professeur, qui ne viendra pas. Après le quart d’heure académique, ou plutôt la demi-heure académique, elle s’en va. Elle apprendra que d’autres étudiant.es ont vu le professeur quitter l’école avec Fiona peu avant le cours. Pour Sophie, c’est la goutte de trop. “J’ai aménagé mes horaires de travail pour pouvoir étudier et il ne nous prévient même pas qu’il ne donne pas cours”, explique-t-elle.

Sophie décide de contacter le directeur de la section de traduction par mail. Lors d’un rendez-vous avec lui, ce directeur lui dira que ce sont des choses qui se sont toujours passées à l’ISTI. "C’est lui qui a carrément parlé de réputation de harcèlement sexuel au sein de l’école, alors que je n’avais même pas encore abordé ce terme à ce stade-là. Il a aussi dit que des femmes choisissaient sciemment de ne pas étudier dans cette école à cause de ce qui s’y passait", précise-t-elle.

"Des remarques bizarres sur mon travail"

Dans la classe, la situation se dégrade. “Monsieur D. a dû être mis au courant de la réunion avec le directeur parce qu’il a commencé à me critiquer, à me faire des remarques bizarres sur mon travail. Je suis devenue son ennemie. J’avais toujours très bien réussi mes examens jusque là donc il ne pouvait pas m’avoir sur l’aspect intellectuel mais il retournait cela contre moi. Il me disait par exemple que je savais beaucoup de choses mais que cela ne suffisait pas. J’ai également vu Fiona préparer des exercices d’interprétation avec son gsm, c’est pourtant formellement interdit, on ne peut pas faire de recherches”.

Sophie contacte à nouveau le directeur par mail qui lui demande, cette fois-ci, de “modérer ses propos”. “Je suis tombée de haut. On m’a vraiment traitée comme une affabulatrice. J’avais déjà confronté le professeur toute seule et là, la hiérarchie ne m’aidait pas non plus”.

[...] des femmes choisissaient sciemment de ne pas étudier dans cette école à cause de ce qui s’y passait

Sophie vise alors encore plus haut dans la hiérarchie et prend contact avec le président de filière, qui l’écoute d’abord avant de lui imposer une confrontation avec le professeur, en avril 2019. Elle doit répéter toute l’histoire à nouveau. Monsieur D. nie.

Il l’a même joué grand seigneur durant cette réunion, en rappelant qu’il m’avait proposé de venir aux cours avec mon fils le jour où la crèche avait fait grève. J’ai dû le recadrer en lui disant que ce n’était pas le débat. Nous avons ensuite quitté le bureau du président et nous avons attendu le professeur dans la classe un certain temps. Quand il est revenu, il était très rouge, énervé. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Il nous a demandé de mettre nos gsm sur la table devant lui et que ce serait comme ça à chaque cours dorénavant. Puis, il est resté avec Fiona en tête à tête et nous a demandé de sortir. J’avais peur qu’il consulte mon téléphone, il y avait tous mes contacts avec les délégué.es étudiant.es ou d’autres étudiantes dessus”.

Délit de sale gueule ?

Après ce cours, Sophie décide ne plus revenir, même si cela la pénalise pour les examens et le jury. “J’ai décidé que je m’exercerais par moi-même, ce n’étais plus tenable”, indique-t-elle. Elle réussit tous ses examens écrit mais reçoit la note de 6/20 à son jury d’interprétation oral, dans lequel siège monsieur D. “Oui, j’ai fait des erreurs qui justifient que je perde des points mais pas que je rate complètement. Je n’ai jamais raté un seul examen à l’ULB ou à l’ISTI. J’avais tout réussi jusqu’à présent. Il est néanmoins impossible pour moi de prouver le délit de sale gueule”.

C’est à ce moment-là qu’il m’est apparu évident que ce professeur cherchait à ce qu’on le séduise, que c’était ce qui était attendu de nous

Seule face à ses doutes, elle décide d’abandonner ses études. “Je devais repasser mon jury après les vacances mais j’ai pris ce moment de recul pour me rendre compte de l’enfer que j’avais subi pendant un an. J’en garde toujours des traces. Je n’ai donc pas repassé ce jury. J’ai préféré m’occuper de moi que d’y retourner, j’avais perdu beaucoup de poids parce que je ne mangeais plus les 5 jours de la semaine où j’allais à l’école. Je n’en pouvais plus de tout ce système, de toute l’école qui protège les professeurs”, soutient-elle.

Des commentaires "bien trop personnels"

Une autre étudiante à l’ISTI, proche de Sophie, nous le confirme : “Je peux dire, pour avoir été à son écoute sur une période d’un an et pour avoir vu certains comportements de la part des professeurs, qui faisaient des commentaires bien trop personnels et visés, et ce, toujours envers les mêmes élèves, que je n’ai aucune raison de ne pas croire ce qu’elle dit. Je peux aussi dire que son stress était bien réel, et que je l’ai vue perdre tout plaisir à venir en cours, voire ne plus y arriver du tout, parce qu’elle ne s’y sentait plus bien”.

Sophie contacte tout de même le tout dernier échelon : l’ULB, via la commission pédagogique. “J’ai expliqué aux deux dames devant moi que j’abandonnais mes études mais que je voulais que l’ULB soit mise au courant, qu’il fallait contacter le président de filière à l’ISTI qui avait pris des notes qui devaient dormir dans un tiroir de son bureau. J’ai aussi demandé à ne plus être tenue au courant car j’avais besoin de tourner la page”.

Quelques cas de harcèlements sont rapportés aux autorités chaque année. Parmi ceux-ci, seule une partie concerne des situations de harcèlement de professeurs ou assistants envers des étudiantes ou étudiants

Tenter la plainte pédagogique ?

Durant cette année “infernale’, Sophie a contacté différent.es délégué.es étudiant.es, dont deux ont accepté de témoigner anonymement. ”Effectivement, Sophie m’a contactée pour me parler d’un problème avec un professeur, me demandant quelles démarches il était possible d’entreprendre. Elle m’avait expliqué le problème de manière relativement générale, ne souhaitant pas biaiser mon avis. La première étape prônée par la délégation étudiante est toujours le dialogue constructif. Si cela ne fonctionne pas, il faut monter un échelon plus haut dans la direction ou alors tenter la plainte pédagogique, tout en sachant que les conditions pour qu’une plainte pédagogique soit entendue sont relativement strictes (et que ce n’est donc pas toujours la démarche la plus aisée à entreprendre, surtout qu’il est relativement compliqué d’obtenir des informations sur la procédure qui reste méconnue)”, témoigne l’une d’entre elles.

Pour cette déléguée, un autre problème en termes de procédures peu transparentes ou problématiques se rencontre dans l’évaluation des professeurs. “Dès qu’on arrive en master, on se retrouve vite dans des petits groupes de 3-4-5 personnes maximum ou presque, l’anonymat de l’évaluation est mis à mal. Sachant qu’en plus, en master interprétation, les étudiants sont parfois évalués par un seul professeur (et non un jury) à l’oral, certains étudiants risquent effectivement de ne pas oser donner leur avis sur des professeurs par peur des représailles. En outre, le monde de la traduction et de l’interprétation est "petit" et comme quasiment tout se joue à la réputation ou au bouche à oreille, il peut aussi y avoir la crainte qu’un professeur mine les chances de faire carrière au sortir des études. Il est clair qu’il y a un couac de ce côté-là”, affirme-t-elle.

[...] il accusait l’étudiante d’avoir "ensorcelé" un professeur, en rejetant toute la culpabilité sur elle

Selon Sophie, ces différents éléments empêchent les femmes de parler librement. Elle a d’ailleurs peur de parler sous son vrai nom : “Les professeurs ne sont pas uniquement des professeurs. Ils travaillent aux Institutions européennes ou auprès des ministres pour traduire ou interpréter”.

"Les professeurs ont toujours raison"

La peur, c’est ce qu’expliquent ressentir d’autres femmes contactées pour cet article et le deuxième délégué qui témoigne : “Monsieur D. était aussi dans mon jury, donc oui j’y ai pensé. J’étais dans le collimateur avec cette histoire. On sait comment cela fonctionne à l‘université : les professeurs ont toujours raison. Je peux aussi confirmer que j’ai entendu plusieurs fois que des professeurs avaient fait des remarques sexistes aux étudiantes ou des propositions déplacées, dont ce professeur-là”.

C’est plus difficile pour nous, les femmes, de faire carrière. Les femmes doivent se battre pour faire reconnaitre leurs connaissances intellectuelles

Dans une discussion sur un réseau social entre Sophie et un ancien étudiant, que Les Grenades ont pu consulter, celui-ci confie qu’une de ses camarades de classe a elle aussi vécu du harcèlement au sein de l’ISTI.

Une histoire, racontée par l'un des directeurs de l’école, circulait dans les couloirs : l’histoire de "l’ensorceleuse", une étudiante qui aurait "séduit" monsieur D., avec laquelle il a eu une relation. Le directeur avait expliqué aux élèves avoir lui-même recadré le professeur. "Mais il n’a jamais remis en cause l’attitude de l’enseignant, il accusait l’étudiante d’avoir "ensorcelé" un professeur, en rejetant toute la culpabilité sur elle", précise Sophie.


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Ils ont réussi à me faire abandonner, alors que j’ai un fort caractère. C’est plus difficile pour nous, les femmes, de faire carrière. Les femmes doivent se battre pour faire reconnaitre leurs connaissances intellectuelles. Elles perdent donc beaucoup trop si elles parlent. Je me suis battue comme ça parce que j’étais plus âgée que la majorité d’entre elles, que j’ai déjà un master et que je travaille donc je "risquais" moins gros. Beaucoup restent conciliantes et veulent correspondre aux attentes des professeurs pour se protéger, c’est normal. Que faire si, parfois, ces attentes vont trop loin ?”, questionne Sophie.

Ouverture d'une enquête

Suite à cet article, l'ULB a ouvert une enquête qui sera menée "à charge et à décharge", explique Laurent Licata, vice-recteur en charge de la politique de diversité et de genre à l’ULB.

"Son déroulement comme son dénouement ne feront l’objet d’aucune publicité. L’absence de publicité autour de ce type d’enquête ou de procédure est souvent mal comprise par les plaignants et la communauté universitaire en général. Elle participe, cependant, du respect de la vie privée des personnes concernées directement ou indirectement. Il ne peut être transigé à ce propos".

"L’information communiquée à propos de la décision de l’ULB d’ouvrir une enquête est une exception, qu’il a paru nécessaire de faire dans un souci de transparence et de respect vis-à-vis de l'étudiante, autant que des enseignants de l’ISTI qui œuvrent à délivrer un enseignement de qualité dans un contexte aussi respectueux et valorisant des étudiants que possible. [...] L'étudiante n’avait pas présenté les difficultés rencontrées comme elles le sont dans votre article, ce qui explique qu’il n’y avait pas eu jusqu’ici d’instruction à ce sujet", poursuit-il.  (Mise à jour 1er juillet)

*Le prénom a été modifié


Un nouveau dispositif anti-harcèlement à l’ULB

Selon Laurent Licata, quelques cas de harcèlements sont rapportés aux autorités chaque année. Parmi ceux-ci, seule une partie concerne des situations de harcèlement de professeurs ou assistants envers des étudiant.es. "Cela semble peu si l’on tient compte du fait que plus de 32.000 étudiant·es sont inscrit·es à l’ULB, et que notre université compte environ 5000 membres du personnel. Mais c’est évidemment beaucoup trop. L’objectif est de prévenir les situations de harcèlement de manière à les réduire à néant", explique-t-il. Le dispositif classique de prise en charge des situations de harcèlement prévoit que l’étudiant·e s’adresse au vice-recteur ou à la vice-rectrice aux affaires étudiantes. Si une instruction disciplinaire est lancée, après enquête et écoute des deux parties, une décision est rendue, qui peut aller jusqu’à la révocation de la personne mise en cause. "A l’occasion de situations que nous avons eu à traiter ces dernières années, nous nous sommes cependant rendus compte que de nombreux étudiant·es ignoraient l’existence de ce dispositif. D’autre part, certain·es étudiant·es ne lui font pas confiance, craignent les représailles ou le jugent inefficace", précise-t-il.

En réponse, une "Cellule de prise en charge des situations de harcèlement envers les étudiant·es" (nom provisoire), qui sera indépendante des structures hiérarchiques de l’université, est en train d’être créée. Elle devrait être opérationnelle dès l’année académique 2020-21. "Cette cellule représentera un espace de parole sécure pour les étudiant·es, garantissant le respect de leur volonté de rester anonymes. La lutte contre le harcèlement, que ce soit au sein des personnels ou lorsqu’il touche des étudiant·es, est une préoccupation majeure de l’ULB. Chaque situation est unique ; chacune génère beaucoup de tension et de détresse", souligne encore Laurent Licata.  


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Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d'actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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