Féminicide de Louise Lavergne: des policiers ont-ils été négligents?

Féminicide de Louise Lavergne: des policiers ont-ils été négligents?
Féminicide de Louise Lavergne: des policiers ont-ils été négligents? - © Tous droits réservés

La Belgique s'est réveillée ce dimanche avec un nouveau féminicide qui est survenu la veille à Molenbeek, le 24 octobre. Une femme a été poignardée en pleine rue et est décédée de ses blessures.

"En moins d’une semaine, notre commune a connu une tentative de féminicide et un féminicide. Le rappel que nous sommes bien loin d’être au bout du combat pour une société plus égalitaire", a réagi sur les réseaux sociaux Leila Agić, conseillère communale à Molenbeek et députée au Parlement bruxellois.

Une autre information nous revient concernant les féminicides : trois policiers sont visés par une procédure judiciaire dans le dossier du féminicide Louise Lavergne qui remonte à 2017.

En octobre 2017, cette étudiante de 22 ans en médecine vétérinaire à l’Uliège avait été poignardée et tuée par son voisin quinquagénaire, Patrick Vanderlinden. Il l’avait harcelée à plusieurs reprises et Louise Lavergne s’était rendue au commissariat pour signaler son comportement.

Un lourd passif

Or, Patrick Vanderlinden avait déjà été condamné deux fois à de la prison ferme pour viol sur mineures d’âge (il était en libération conditionnelle lors du féminicide de Louise). Ce qui aurait dû alerter trois policiers, selon le parquet de Liège qui demande leur renvoi au tribunal correctionnel pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution : il s’agit des deux policiers qui ont reçu Louise au commissariat d’Angleur et de celui qui était chargé de veiller au respect des conditions imposées à Patrick Vanderlinden, considéré comme un délinquant sexuel, au sein du commissariat du Longdoz.


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On parle du féminicide parce que c’est sensationnel mais il ne faut pas oublier de parler des violences qui précèdent le féminicide

D’après le petit ami de Louise, le premier policier qui les reçoit les aurait dissuadés de porter plainte, “invoquant le fait que cela allait lui attirer des problèmes de voisinage et peut-être l’obliger à déménager”, même s’il les a orientés vers un collègue, rapporte le journal Le Soir.

Selon La Libre Belgique, les avocats des policiers estiment que leurs clients ne peuvent être poursuivis car le meurtre a eu lieu plus de deux ans après le signalement de la victime à la police. L’ordonnance devrait intervenir dans un mois. Patrick Vanderlinden, quant à lui, s’est suicidé en prison en 2018.

“Manque de suivi des violences faites aux femmes”

Interrogée par La Libre, Diane Bernard, professeure à l’université Saint-Louis et membre de Fem&Law qui regroupe des avocates féministes, estime qu’il s’agit d’un signal fort pour tout le système judiciaire.

Le cas de Louise est révélateur du manque de suivi des violences faites aux femmes qui concerne l’ensemble du système judiciaire, depuis le dépôt de plainte jusqu’au jugement et à l’application des peines”, dit-elle, tout en espérant que cela ne s’arrête pas à une condamnation des policiers. “Cela ne sera pas suffisant car cette affaire dramatique est révélatrice d’une difficulté beaucoup plus large”, continue-t-elle.


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Les violences qui précèdent les féminicides

Quand je vois aussi que le féminicide est traité par les médias, je me dis que c’est bien mais pas suffisant, c’est la face immergée de l’iceberg […] On parle du féminicide parce que c’est sensationnel mais il ne faut pas oublier de parler des violences qui précèdent le féminicide”, nous avait expliqué Josiane Coruzzi, directrice de l’asbl Solidarité Femmes.

En Belgique, cette année, il y a eu au moins 17 féminicides, des actes qui sont recensés par le blog Stop Féminicide sur base des affaires médiatisées. Les associations féministes qui le gèrent demandent un recensement officiel de l’État belge.


►►► A lire aussi : Retour sur le terme féminicide


Le numéro d’Écoute Violences Conjugales est le 0800 30 030. Si vous ne pouvez pas téléphoner, un chat est accessible sur https://www.ecouteviolencesconjugales.be/. Il s’agit d’une ligne d’écoute, en cas d’urgence, contactez le 112.

Rassemblement des proches de Louise à Liège - Archives JT

 

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