Felwine Sarr: "Il suffit d'une pandémie pour que les représentations négatives sur le continent africain remontent"

Felwine Sarr sur le coronavirus: "C’est comme si on avait du mal à admettre que l’Afrique ne s’en sorte pas trop mal
Felwine Sarr sur le coronavirus: "C’est comme si on avait du mal à admettre que l’Afrique ne s’en sorte pas trop mal - © Tous droits réservés

Une conversation vidéo entre Felwine Sarr et Safia Kessas, réalisatrice et journaliste. Felwine Sarr est écrivain, économiste et musicien. Il est l’auteur d’Afrotopia (2016) et connu pour son innovant "Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain". Cette interview est menée en collaboration avec Les Grenades, CEC-ONG et La Première dans la série "Repairing The Future" lancée par BOZAR.

Vous êtes présenté dans les médias comme l’un des intellectuels les plus importants du continent africain. Vous avez écrit plusieurs livres dont Afrotopia en 2016 et Habiter le monde en 2017. Où êtes-vous dans le contexte de cette crise sanitaire ?

Je suis à Dakar depuis le début, j’ai passé les trois derniers mois à Dakar.

Comment avez-vous vécu cette période ? Était-ce une période simple pour vous ou une période compliquée ?

Elle a été très heureuse parce que cela faisait plusieurs années que je n’avais pas eu le loisir de rester au même endroit plus de deux semaines. J’ai pu faire l’expérience de la crise ici et de choses que l’on ne peut faire que lorsque l’on est sédentaire.

Qu’est-ce que cette crise sanitaire a évoqué pour vous ?

Obligatoirement, on est bien obligés d’y réfléchir et d’avoir une lecture lucide de la réalité, ce qui n’est pas une chose simple puisqu’on est en train de la vivre. En même temps, on est obligés aussi de faire l’expérience de la crise dans sa quotidienneté. Et, ici au Sénégal, on a dû réfléchir à ce qu’on pouvait faire au point de vue économique, intellectuel, individuel, sociétal. Et ce que je trouve intéressant, c’est que j’étais obligé à la fois d’essayer de produire plus et de réfléchir dans l’action journalière.

Et, d’un point de vue plus général, quelle a été votre réflexion sur cette crise par rapport aux métiers en première ligne ? Je sais que vous vous intéressez beaucoup aux métiers du care qui sont majoritairement occupés par des femmes. Vous vous rapprochez de la pensée féministe par rapport à cela. Qu’est-ce que cela a évoqué pour vous de voir ces métiers en première ligne ?

Pour nous, les économistes, on a bien été obligés de réfléchir à ce qu’était une bonne économie pour une société et ce qui était fondamental et essentiel. Je pense qu’on a tous fait l’expérience de l’arrêt de la production industrielle du monde, donc 80% de la production s’est arrêté et de nous rendre compte que les métiers qui étaient les moins bien rémunérés semblaient être les plus essentiels lorsqu’on était en temps normal et aussi en temps de crise. Je pense que cela a induit une réflexion sur leur valeur.

La grande difficulté de la réalité, c’est qu’elle a une épaisseur et que, depuis des siècles, pour l’appréhender, on l’a divisée en micro-portions et les sciences humaines et sociales se sont spécialisées. La grande difficulté que nous avons, c’est d’avoir un regard global englobant

Donc, sur le marché du travail, qu’est-ce qui est valorisé ? Qu’est-ce qui était bien rémunéré ou pas ? Sur la manière dont la richesse est redistribuée. Sur l’importance, la corrélation à laquelle ces métiers étaient confrontés ou pas. Je dirais plus globalement sur une réévaluation globale des fonctions de l’économie, de ses modes de production, de ses modes de relation et ce qui était essentiel ou accessoire et comment réinscrire cette économie dans le vivant de manière beaucoup plus harmonieuse. Cela a été une réflexion obligée de la plupart des économistes et la crise ne nous a pas laissé le choix même si le débat existait déjà.


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On entend que, pour vous, cette question de l’économie du vivant, c’est quelque chose d’important. Qu’est-ce que vous pouvez dire à travers cela ?

On est dans un système économique qui accroit l’entreprise avec un grand E. Bien évidemment, on est dans une ère que l’on appelle anthropocène, on est dans une économie qui n’est pas durable, qui affecte négativement le biotope, qui rejette plus de déchets dans l’atmosphère que ce qui n’est pas absorbé et qui accélère le processus d’entreprise du vivant.

Et c’est une chose que l’on sait, depuis les années 70 au moins, il y a toute une littérature autour, cette économie avait du mal à s’auto-réguler et la question fondamentale qu’elle pose, c’est celle de la durabilité et en quoi elle peut nourrir le processus du vivant parce qu’elle est un sous-ensemble du vivant et toutes les questions climatiques, toutes les questions de la durabilité, toutes les questions de l’économie verte, ce sont des questions qui nous agitent mais dont la prise charge nous semblait lointaine et que nous pouvions continuer dans le même système sans trop de dégâts.

Et là, nous nous sommes rendu compte que non en fait et que les réponses devenaient absolument urgentes et qu’il fallait que, fondamentalement, on repense le système et qu’on le réinvente. La notion d’économie du vivant et qui n’accroît pas donc l’entreprise, cela me semble, en tous cas pour tous les gens qui réfléchissent à ces questions-là, l’une des questions les plus urgentes à penser et à mettre en œuvre.

Donc, cela veut dire que vous liez économie, écologie, care. Est-ce que vous prenez plutôt une approche pluridisciplinaire pour appréhender tous ces problèmes ?

La grande difficulté de la réalité, c’est qu’elle a une épaisseur et que, depuis des siècles, pour l’appréhender, on l’a divisée en micro-portions et les sciences humaines et sociales se sont spécialisées. En fait, la grande difficulté que nous avons, c’est d’avoir un regard global englobant. On a des difficultés à articuler les différentes portions de la réalité. Aucune perspective n’est à elle seule englobante et suffisante. Elle est intéressante mais elle n’est pas la seule et les phénomènes sont à la croisée du biologique, du vivant, de l’économique, du social, du politique, de l’individuel et, pour avoir un regard lucide sur ce qui nous arrive, sur ce que nous vivons, il est impératif d’être en mesure d’articuler une réflexion pluridisciplinaire, ce qui n’est pas simple au demeurant mais elle me semble absolument importante pour une plus grande lucidité. On est obligés de regarder les choses dans leur ensemble et cette crise sanitaire ou pandémie, elle est à la croisée des phénomènes liés à notre rapport au vivant.

La notion d’économie du vivant et qui n’accroît pas donc l’entreprise, cela me semble, en tous cas pour tous les gens qui réfléchissent à ces questions-là, l’une des questions les plus urgentes à penser et à mettre en œuvre

Nous avons réduit la biodiversité, nous avons réduit les habitats des espèces animales, nous avons créé les conditions de ce que les scientifiques appellent une zoonose et en sur-espèce. En même temps, on est aussi à la croisée de nos modes de vie, de l’époque moderne ou post-moderne. Le fait que nos villes soient denses et peuplées, le fait que la mobilité internationale et globale soit devenue une réalité, c’est à la croisée de ces phénomènes-là que les épidémies ont pu avoir une telle ampleur. Le fait que le virus existe ne crée pas l’épidémie. L’épidémie est aussi accélérée par notre rapport à la vie, par nos modes de vie et le type de société que nous avons. On est obligés, si on veut vivre ce qui nous arrive au présent, d’articuler plusieurs regards qui viennent de plusieurs disciplines.

Au regard de ce que vous venez d’expliquer sur le côté globalisant de la pensée, est-ce que nos élites politiques qui réagissent dans l’urgence ont-elles les grilles de lecture pour vraiment répondre à ces problèmes ? Est-ce que finalement cette crise aussi interroge la question du pouvoir ?

Elle interroge la question de savoir, en fait, sur quoi le pouvoir se fonde. Les sociétés modernes ont prétendu, je pense à juste titre, que le pouvoir se fondait sur le savoir. Il se trouve qu’au plus fort de la crise, la question qui s’est posée à tout le monde, c’était "quelle était la bonne lecture, quel était le bon savoir, quelles étaient les temporalités nécessaires pour produire un savoir utile". Un certain nombre de pays n’ont pas voulu apprendre de la Chine au tout début. Ils ont un peu rigolé, ils se sont un peu moqués. Ce sont les pays occidentaux qui savent et, généralement, c’est eux qui disent ce qu’il faut faire et ils ont perdu un temps précieux qui était un temps d’apprentissage.

Ensuite, lorsqu’il a fallu dire aux populations ce qu’il fallait faire, les pouvoirs politiques n’ont pas voulu s’inscrire dans une forme d’humilité et de relativité. On devait apprendre sur le tas, on n’était pas sûr de tout, il fallait réviser ses propres jugements, ses croyances et ses savoirs. Généralement, le pouvoir renvoyait le sentiment de maîtrise et de contrôle et ce n’était pas le cas. Et l’information évoluait et la situation n’était pas donc la même. Et là, dans certains pays, il y a un certain nombre de décisions qui n’étaient pas très intelligentes à annoncer et les gouvernements ont du mal à revenir là-dessus parce qu’ils se sont trompés. Il fallait reconnaître leurs erreurs et il fallait les dire à tout le monde dans un processus transparent et démocratique.

On est dans un processus d’apprentissage, on a besoin de temps, on a des hypothèses qu’il faudra qu’on étaye, on peut revenir là-dessus et nous sommes dans cet espace-là où notre savoir, qui est généralement assuré, est fragile et nous devons le reconstituer. Et c’était intéressant de voir les processus de constitution de savoir, les différentes temporalités, il fallait répondre à l’urgence et donner le sentiment qu’on maîtrisait la situation. Et il fallait aussi donner le sentiment que, du point de vue de la gouvernementalité, on savait ce qu’on était en train de faire et tous les biais, toutes les incertitudes qui sont en principe dans le processus de constitution du savoir, il fallait les éliminer parce que ce n’était pas apparemment leur rôle tel qu’on le concevait et ça, dans ces dossiers-là, c’est aussi intéressant d’observer comment la géopolitique des savoirs, comment elle s’est exprimée durant cette crise dans différents lieux.

Vous parlez de remise en question des hiérarchies professionnelles, vous parlez aussi d’européocentrisme, d’un nouveau regard sur l’économie, vous prenez un regard changeant sur une série de choses et qui se confirment aussi. Ce changement ne s’est pourtant pas confirmé quand on a vu l’Europe juger l’Afrique sur l’arrivée funeste de ce Covid 19. Cela allait être forcément catastrophique et on a vu évidemment que l’on s’était trompés. Est-ce que cela répond aussi à ce que vous venez d’expliquer sur la manière dont on percevait la Chine ? Là maintenant, comme on perçoit l’Afrique. Est-ce que c’est quelque chose qui vous a fait réfléchir pendant cette crise ?

Le continent n’avait pas beaucoup de cas, il n’en a toujours pas énormément. Il n’y avait pas de problème de mortalité et, pendant que les pays occidentaux étaient l’épicentre de l’épidémie, au lieu de s’inquiéter pour leur situation nationale qui était inquiétante, ils s’inquiétaient pour nous, pour une mort qui n’était pas là, une mort qui nous était promise et qu’il allait advenir des déclarations fracassantes du secrétaire général de l’ONU, Guterres, de Mélinda Gates, du directeur de l’OMS qui nous demandaient de nous réveiller.

Un certain nombre de pays n’ont pas voulu apprendre de la Chine au tout début. Ils ont un peu rigolé, ils se sont un peu moqués. Ce sont les pays occidentaux qui savent et, généralement, c’est eux qui disent ce qu’il faut faire et ils ont perdu un temps précieux qui était un temps d’apprentissage

Cela nous promettait des millions de morts à coup sûr et, les semaines passant, ces morts ne nous arrivent pas. C’est comme si, dans l’inconscient collectif, on avait du mal à admettre que l’Afrique ne s’en sorte pas trop mal puisque la place assignée à l’Afrique, c’était la place du handicap et du manque. Et dans les représentations et dans l’imaginaire, on ne pouvait pas faire face à cette pandémie-là. Il n’y avait pas de structure de santé, c’était le lieu de tous les déchets et de tous les handicaps. On oublie en fait que le continent a une longue expérience dans la gestion des maladies infectieuses. On avait l’impression en fait qu’il avait pris des mesures drastiques très tôt (fermer les écoles, les aéroports, etc…) et qu’il savait apporter des réponses à des situations de ce genre et que sa réalité, ce n’était pas ce que l’on avait articulé dans les représentations et ce qui est d’autant plus intéressant, c’est que les représentations envoient des messages tellement puissants qu’elles ont congédié la réalité. Au lieu d’observer les choses dans leur dynamique, on s’est accordé à nos réalités et durant longtemps.

Et, vers la fin, au bout de deux mois et demi, et bien, on dirait qu’il s’en sort. Qu’est-ce qui se passe au sein des sociétés civiles, quelles sont les réponses apportées. Mais quand même, l’hécatombe n’aura pas lieu mais on entend que la crise économique, la famine va arriver, elle va vous décimer. Et là aussi, c’était hyper intéressant d’observer la manière dont l’altérité était produite, comment l’autre avait le rôle de repoussoir frontal pour se rassurer soi-même en fait et il fallait un double inverse, c’est dans le miroir, il fallait quelqu’un qui représente la droiteur absolue et là, je n’exagère pas, quelles que soient les difficultés auxquelles on a prise, avoir le sentiment que d’autres sont dans une situation pire. Et là, ce n’était pas le cas.

Peu importe, en fait, que ce soit des Africains, des Asiatiques, des Européens qui décèdent, les morts sont une tragédie humaine et, en fait, on ne le souhaite pas qu’elle que soit la géographie d’où ils viennent et c’est ça la vraie question. On devrait être en capacité de se réjouir que, dans certains espaces, il n’y ait pas beaucoup de décès parce que c’est une pandémie globale qui touche l’humanité et la question était pour nous de savoir comment est-ce que nous y répondions, comment est-ce que l’humanité y répondait. Et là, chacun s’est replié dans ses représentations étroites, son territoire, sa géographie, le sentiment identitaire des gens qui lui ressemblent et, nous, nous avions le rôle d’être ce lieu des limbes et des gouffres éternels.

Ça, c’est absolument intéressant à représenter car on pensait qu'on n'en était plus à de l’afro-pessimisme, on s’est rendu compte que si. Il suffit qu’il y ait une pandémie pour que toutes les représentations négatives sur le continent remontent. Ça ne veut pas dire que le continent n’a pas de défi à relever, il en a. Mais le discours qui a été projeté sur lui était de loin totalement déconnecté d’une réalité qui ne semblait pas avoir d’importance en fait. Le récit était plus important que la réalité.

Quel impact, selon vous, peut avoir ce discours misérabiliste justement sur l’Afrique ?

Heureusement, je pense qu’il n’a plus grand impact vis-à-vis des Africains qui font face à leurs défis. Moi, j’étais au Sénégal. Je vois avec les ingénieurs qui sont en train de fabriquer des respirateurs pas chers, ceux de l’école polytechnique. Les designers et les couturiers ont fabriqué des masques en quantité à des prix pas chers. On n’a pas attendu les Chinois, on n’était pas dans une guerre des masques ridicule.

Les académiques, les économistes, les sociologues, les juristes, les médecins ont constitué des découpes de travail, des task force pour apporter des corrections importantes à la lutte contre les effets du Covid dans tous les domaines de la société et j’étais très heureux de me rendre compte que la société se prenait en charge et que bien évidemment nous avons les jeunes gens que nous devons élever dans le respect d’eux-mêmes et dans l’estime d’eux-mêmes et nous ne devons pas laisser le récit contrôlé par les autres.

Ce que je trouve intéressant, c’est qu'il y a une jeunesse blanche libérale qui vient faire jonction avec les mouvements anti-racistes noirs classiques et ce qui me fait espérer, c’est que j’ai l’impression que nous sommes à l’aube d’une nouvelle prise de conscience, d’une nouvelle génération qui n’a plus envie que le monde qui sera le sien soit celui dont on fait l’expérience actuellement.

Nous ne devons pas laisser le récit nous noircir à souhait ou par excès. Donc, il faut travailler dans l’espace du récit mais, dans l’urgence, le plus important, c’était de retrousser les manches et de contribuer à apporter des réponses aux difficultés des autres. Nos récits, ce n’était pas le plus urgent donc. Bien évidemment, il faut répondre de temps à autre et pas tout le temps mais je pense que la meilleure réponse que nous continuons à apporter, c’est vraiment de se mettre au travail et de faire du continent un lieu de bien-être, de vie digne et de ses propres défis.

Justement, à la différence de cet afro-pessimisme, le Sénégal a eu une réponse intéressante avec la société civile et vous y avez participé. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?

En fait, avec un groupe d’économistes, nous nous sommes dit dès le début de la crise, il y a des aspects sanitaires importants donc les médecins sénégalais sont en train de les prendre en charge. Ils ont eu une grosse expertise mais nous, économistes, on doit anticiper les effets de la crise sur la vie économique : les transports, le tourisme, l’hôtellerie, bien évidemment c’était les secteurs qui étaient les premiers affectés. Mais le secteur dit "informel" qui emploie énormément de gens, les ménages les plus vulnérables et on a commencé à réfléchir à des nouvelles mesures appropriées et adéquates et on a demandé un rendez-vous au ministre de l’Economie qui nous a reçus et on lui a proposé notre aide. Et il a accepté que nous travaillions en bonne intelligence avec les services du ministère, ce qui a été fait.

On devrait être en capacité de se réjouir que, dans certains espaces, il n’y ait pas beaucoup de décès parce que c’est une pandémie globale qui touche l’humanité et la question était pour nous de savoir comment est-ce que nous y répondions. Et là, chacun s’est replié dans ses représentations étroites, son territoire, sa géographie, le sentiment identitaire des gens qui lui ressemblent et, nous, nous avions le rôle d’être ce lieu des limbes et des gouffres éternels

Donc, on a eu accès aux bases de données. On a pu apporter notre contribution et, dans le plan qui a été fait, beaucoup d’éléments de notre correction ont été retenus. Donc, on a été très, très heureux de voir que, en temps de crise, on pouvait articuler ce genre de proposition où la société civile, le monde académique apportait sa contribution à des réponses que le gouvernement était prêt à articuler. Et donc, il y a eu un plan qui a été mis en œuvre. On a continué le travail et puis on a continué à réfléchir à l’économie après crise. Quel type d’économie, quel type de restructuration, quel type de réponse apportée d’un point de vue structurel pour ne plus être dans une vulnérabilité qui est la nôtre et le manque d’autonomie qui est le nôtre. Et puis on a un certain nombre de défis qui sont apparus absolument urgents et comment on devait y faire face.

Justement dans votre livre "Afrotopia", vous critiquez cette image dont on vient de parler négative du continent africain, un continent qui serait sous-développé entre guillemets. Vous questionnez aussi ce mythe du développement avec les chiffres qui l’accompagnent, des chiffres sur le PIB. Alors comment est-ce qu’on peut expliquer aussi que, justement, ce mythe continue à persister alors que vous venez d’expliquer aussi, notamment avec le Sénégal, qu’il y a eu des réponses qui étaient des réponses efficaces. Pourquoi ce mythe continue à exister ?

Parce qu’il est puissant en fait, parce qu’au sortir de la seconde guerre mondiale, le concept a été vulgarisé par le président américain Truman et toutes les aspirations vertueuses des sociétés ont été intégrées dans ce mot valise et on oublie juste que le développement est une réponse qu’une société donne à un moment donné à ses défis et à ses besoins. Une réponse qui a plus ou moins été adéquate mais que cette réponse, dans toutes ses dimensions, elle n’est pas valable en tous points et en tous lieux et elle n’est pas la seule moralité de réponse.

Répondre aux défis sociaux, c’est une constante des sociétés humaines. Les modalités de réponses, elles sont plurielles. On peut en emprunter dans d’autres géographies, dans d’autres histoires, dans d’autres cultures et les adapter. Mais l’histoire a démontré que l’on ne peut pas ériger une moralité de réponse comme la seule et donc c’est là où le développement continu idéologique lorsqu’on vient plaquer des procédés, des réponses, des histoires économiques, sociales, culturelles et politiques des pays. C’est pour cela que ça ne fonctionne pas, plus ou moins.

Parmi à peu près 200 pays qui étaient candidats au développement à l’occidentale, il y a deux pays qui ont quitté la catégorie "pays à revenus faibles" et ils sont allés dans la catégorie "pays à revenus élevés". Il y a 13 pays qui sont dans la catégorie "revenus intermédiaires". Et cela ne marche tellement pas que ceux qui s’en sortent, on les affuble du terme "miracle asiatique". Si c’est miraculeux, ça veut dire que pour l’essentiel ça ne fonctionne pas. Et donc, cela veut dire qu’il y a vraiment une réflexion profonde à mener sur comment est-ce qu’on peut apprendre des calques, des modèles sociétaux en faisant fi de l’histoire culturelle, l’histoire économique ou de solliciter les coûts sociaux.

Il faut relever les défis de l’éducation, de la santé, de la dignité humaine, de l’économie, etc, etc, il faut les relever mais les modalités de réponse, elles sont plurielles. Et les nations qui sont candidates à relever les défis doivent se fonder sur une pluralité d’archives, empruntées intelligemment au monde. C’est ça le vrai développement, on ne développe que ce qui est en soi en potentialité et on l’amène à un état de maturité. On est dans de l’enveloppement. Et, en Amérique latine, ce concept a été déconstruit et il y a des pays qui ont produit des innovations conceptuelles intéressantes.

Il faut dire que cette notion-là, elle déborde de l’économie, elle prenait en compte d’autres dimensions de l’être, l’écologie, l’imaginaire, la culture et qu’il ne faut pas être totalement déconnecté de l’endogénéité et ne pas confondre endogène et indigène. Le développement en Europe a été un développement endogène qui est fondé sur ça. Il ne faut pas considérer que, pour chaque problématique, il y a une réponse unique qui est valable en tous points et en tous lieux.

Cela ne marche tellement pas que ceux qui s’en sortent, on les affuble du terme "miracle asiatique". Si c’est miraculeux, ça veut dire que pour l’essentiel ça ne fonctionne pas

On le voit, vous revenez systématiquement à cette approche globale, complexe. Et, concernant la place des arts et de la science, quel rôle peuvent jouer ces disciplines pour procurer peut-être du confort ou du réconfort aujourd’hui pour les individus qui ont souffert de cette crise d’une manière ou d’une autre ?

En fait, pour les sociétés humaines, il y a les conditions de vie. Je dirais, l’économie, même l’écologie et il y a des autres qui s’occupent des raisons de vivre, du sens de l’existence. Une fois qu’on a répondu à nos besoins fondamentaux, une fois qu’on s’est nourri, qu’on s’est vêtu, qu’on a vécu dans des endroits sécurisés, que faisons-nous du temps qui nous est consacré ? Quelles sont les finalités que nous donnons à la vie, quels sont les sens que nous explorons ? Et, dans ces temps-là, ce sont les arts, la culture, qui fondamentalement nous donnent des raisons de vivre. On ne peut pas nier l’autre, on peut s’occuper des conditions de l’existence mais il faut en même temps s’occuper des finalités de l’existence.

C’est vrai qu’on se trouve dans un monde qui a mis l’échelle des valeurs de l’avoir au-dessus des échelles de l’être, qui est dans une compétition puérile et enfantine, à celui qui a recueilli le plus de richesses, qui en produit le plus, qui sait s’accaparer au détriment des autres

Il arrive même que des fois l’existence prend un sens beaucoup plus intéressant en dépit du fait que les conditions ne sont pas adéquates, les conditions économiques, l’organisation des villes mais que le sens profond que l’on donne à l’existence va avoir un sens riche et plein. En tant qu’humains, nous avons maîtrisé la nature, nous avons beaucoup évolué en maîtrise de la technique, en notre capacité d’agir sur le réel mais nous avons peu progressé de manière subtile, nous avons peu progressé du point de vue relationnel et du point de vue des finalités du vivre ensemble et les deux doivent être articulés ensemble et ne pas oublier quels sont les ordres qui doivent être ceux qui indiquent des sens et des directions et l’une des crises que nous vivons, bien qu’elle s’exprime en termes de crise économique, de finalité, c’est d’abord une crise philosophique, une crise éthique et une crise du sens. C’est cette crise du sens qui fait que les ordres inférieurs ont pris le pouvoir et déterminent la marche du monde.

Justement, comment est-ce que l’art peut changer la perception qu’on peut avoir de l’Afrique notamment ? Est-ce que cela peut changer les imaginaires ?

C’est une question difficile parce que j’ai le sentiment qu’en fait, la question fondamentale n’est pas tant de changer la perception qu’on a de l’Afrique. Ou, en tous cas, les Africains ne doivent pas investir le plus gros de leur effort dans le fait que les autres changent leur perception. Pour la question des arts, le sentiment que j’ai, c’est que le continent africain de tous temps a disséminé dans sa production artistique dans le monde. Quand les Africains étaient pris, mis dans les cales, réduits en esclavage, amenés dans le temps dans les Amériques, ils ont quand même amené là-bas leur art et leur culture et ils ont influencé de manière douce la plupart des formes d’expression artistique. La musique, c’est évident. Et cela me semble un rapport intéressant à autrui puisque cette puissance d’irradiation et de dissémination de leur production à des sites est culturelle, elle ne s’est jamais démentie y compris durant les moments les plus sombres de leur histoire.

Et je pense que la profession artistique a ceci d’intéressant, c’est qu’elle vous invite sans vous contraindre. En fait, la seule pression qu’elle peut exercer sur vous, c’est celle du ravissement, c’est le fait que vous soyez convaincus par la puissance, par la beauté, par la subtilité et la sensibilité de ce qui vous est produit mais vous avez un espace de liberté absolue d’y aller ou pas. Et je pense que c’est un bon médiateur des rapports humain. Les cultures qui m’intéressent le plus, elles m’ont séduites par leurs productions littéraires, cinématographiques, artistiques mais elles n’ont exercé aucune violence à mon endroit. Je pense que le continent produit cela depuis tous temps et c’est juste un problème d’échelle d’évaluation des valeurs.

C’est vrai qu’on se trouve dans un monde qui a mis l’échelle des valeurs de l’avoir au-dessus des échelles de l’être, qui est dans une compétition puérile et enfantine, à celui qui a recueilli le plus de richesses, qui en produit le plus, qui sait s’accaparer au détriment des autres. Je pense que si on inversait l’ordre des valeurs et qu’on mettait des valeurs esthétiques à leur place et qu’on mettait les valeurs de qualité relationnelle à leur place, le regard que l’on pose sur les autres évoluerait ou changerait.

C’est très intéressant et vous parlez de pollution du mental, de pollution du regard. Comment réussir à se décrasser de tout ça pour regarder la beauté, regarder l’autre autrement ?

Je pense qu’il y a des ordres de la représentation qui sont du discours, le langage, le récit, le cinéma, le théâtre, les médias et qu’il y a un travail fondamental à faire dans les contenus que ces ordres produisent lorsqu’ils produisent un regard qui articule l’altérité. Il y a un travail à faire dans les livres d’histoire pour qu’on ait une histoire globale et mondiale beaucoup plus riche. Il y a un travail à faire lorsqu’on fait des films sur les autres, lorsqu’on aborde les cultures des autres. Il y a un travail à faire dans la littérature, il y a un travail à faire à la télévision et les artistes ont une responsabilité fondamentale dans la manière de poser un regard et dans la manière de poser ce regard-là.

Le continent africain de tous temps a disséminé dans sa production artistique dans le monde. Quand les Africains étaient pris, mis dans les cales, réduits en esclavage, amenés dans le temps dans les Amériques, ils ont quand même amené là-bas leur art et leur culture et ils ont influencé de manière douce la plupart des formes d’expression artistique

Des individus, des groupes d’humains ont été éduqués ou même déséduqués durant de longues décennies à regarder les autres. Rappelons-nous que le premier regard qui a été posé sur nous, cela a été un regard à travers les expositions coloniales jusqu’au milieu du 20è siècle, jusqu’en 1930, dans des zoos humains, exhibés, que la bonne société venait voir le dimanche. On a compté jusqu’à un milliard d’individus. Le rapport aux autres a été construit par cette médiation-là, extrême, et si on reprend l’histoire de la littérature et qu’on regarde la littérature des uns et des autres, on trouve ces représentations-là, qui ont nourri l’imaginaire. Je pense qu’il faut faire un travail. Là, il y a un travail important à faire de déconstruction de ces imaginaires-là.

Regardez les reportages qui sont encore projetés sur nous par les ONG, c’est un regard misérabiliste qui continue à être articulé sur le continent. Et là encore, j’insiste, il ne s’agit pas de nier ces défis, mais il s’agit d’éviter le biais du regard principalement misérabiliste, regard qui vient de l’extérieur qui reproduit des fantasmes et des catégories qui sont là, qui ne sont pas déconstruites. Il y a un travail à faire dans tous les espaces discursifs, dans les espaces du récit et dans les espaces de la représentation et, surtout, c’est un travail à faire de part et d’autre et c’est aussi à nous, Africains, de nous réapproprier la production d’images, de discours, de récits de regards sur nous-mêmes, de ne pas laisser l’espace libre à une production que j’appellerais exogène.

La perception de cette altérité, elle est liée à une prévalence d’une forme de colonialité, c’est ça aussi que vous dites ?

Ah oui, la colonialité, c’est un travail, un processus qui est en cours. On ne peut pas imaginer que, après plusieurs siècles de domination coloniale qui s’est fondée sur plusieurs ordres, des ordres du savoir, des ordres militaires, des ordres systémologiques, des ordres économiques, des relations d’asymétrie et d’assujettissement, qu’en 50, 60 ans que cela disparaisse. Les mécanismes qui ont prévalu à cette situation-là, ils continuent à subsister. Il y a une colonialité qui est latente, qu’il faut traquer dans plusieurs lieux et qu’il faut, je dirais plus patiemment, déconstruire pour fondamentalement articuler une nouvelle forme de relationnalité. Et ça, c’est un processus.

Lors des indépendances, moments historiques, le colon est parti mais il ne désirait pas partir. Quand il a su qu’il ne pouvait plus rester dans la modalité de la domination militaire, il est parti mais il a mis en place des structures qui maintenaient des relations asymétriques : extraire des matières premières, soutenir des élites qui vont défendre leurs intérêts, etc, etc… Assurer sa place dans l’ordre des imaginaires et de représentation, mettre ses universités, ses savoirs ou procéder à des extrêmicides, etc, etc… Et il y a tout un travail de déconstruction vers une relation saine, équitable, mutuellement respectueuse et ce travail, il est en cours mais il relève du processus.


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Justement, que dites-vous à ceux qui considèrent qu’il faut tourner la page et que cela fait partie du passé ?

On ne peut pas toujours avoir le regard qui est rivé sur le passé, bien évidemment, parce que la question qui nous intéresse, c’est la question de construire le présent et le futur. Mais on ne peut pas faire comme si les sociétés n’étaient pas actionnées par leur histoire. Et on ne peut pas évacuer l’histoire d’un revers de la main comme si elle n’existait pas. Aujourd’hui, je vous parle français, c’est un fait d’histoire. Et l’histoire, elle est là au présent. Et justement, pour tourner la page, il faut faire ce travail de déconstruction, de réparation, etc, etc… pour être en mesure d’accéder à un autre stade de la relation.

Mais ça ne se décrira pas par des slogans. A mon avis, l’actualité nous le montre. Nous sommes en pleine actualité qui nous montre ici l’histoire. L’histoire, ce ne sont pas des slogans qui la défendent. Mais ce sont des vraies révolutions sociétales, c’est une prise de conscience aussi et une marche de la société dans différents étages de l’être social et dans les profondeurs de la psychologie sociale. Nous sommes en pleine résurgence des avatars de l’histoire actuellement.

Justement, vous parliez de faits d’actualité et de résurgence de l’histoire avec ce qu’il se passe aux Etats-Unis et le Black Lives Matter. Est-ce que vous pensez que cela fait écho à justement cette histoire qui continue à produire ses effets ?

La lutte pour les droits civiques américains a eu plusieurs épisodes et il y a eu des progrès indéniables. Mais, manifestement, cette histoire n’a pas fini de produire ses effets et c’est intéressant. L’esclavage, qui en est la matrice ancienne, on aurait pu se dire "c’est une vieille histoire" mais on se rend compte que non, en fait. Elle continue à travers le passé colonial, à travers les discriminations, à travers la manière dont la société a affronté cette histoire-là.

Elle continue à produire des effets dans le temps longs et il faut beaucoup plus de temps, beaucoup plus de révolutions, beaucoup plus de changements pour que la société américaine nous fasse pleinement face et qu’elle modifie ses structures imaginaires et qu’elle modifie son architecture dogmatique pour faire en sorte que cette histoire-là soit définitivement enfin derrière nous. Je pense que ce que nous sommes en train de vivre, c’est un nouvel épisode de ce long chemin qui est le chemin de déconstruction d’une société qui s’est aussi construite sur la traite des noirs. Cette histoire continue de produire une idéologie raciste de suprématie blanche, certains types de représentations qui font que, quand le corps qui est sensé assurer la sécurité de tout le monde est gangréné, on a des situations comme celles que nous vivons actuellement.

Mais ce que je trouve intéressant, c’est que là il y a une jeunesse blanche libérale qui vient faire jonction avec les mouvements anti-racistes noirs classiques et ce qui me fait espérer, c’est que j’ai l’impression que nous sommes à l’aube d’une nouvelle prise de conscience, d’une nouvelle génération qui n’a plus envie que le monde qui sera le sien soit celui dont on fait l’expérience actuellement.

Alors, je vais vous demander pour arriver tranquillement vers la fin de cet échange très intéressant et qui fait partie d’une série qui s’appelle "Réparer le futur", comment est-ce que vous le voyez en quelques mots cet avenir avec une multitude de crises qui sont liées à la santé, qui sont liées au climat financier, politique ou à la crise des réfugiés, comment est-ce que vous le voyez en quelques mots cet avenir ?

Je pense qu’au 18è, 19è siècle jusqu’au 20è siècle, on était pris dans l’idéologie du progrès. La modernité avait fait une grande promesse aux sociétés humaines, celle d’un progrès linéaire infini, nous allions toujours vers un mieux. Je pense qu’on est revenus de cette histoire-là. On sait qu’effectivement, nous avons des avancées dans des domaines mais que l’avenir est le lieu de surgissement des possibles et les possibles peuvent être antinomiques et contradictoires. Du coup, ces derniers temps, on est quand même dans un temps où l’avenir n’avait plus de promesses si ce n’est la promesse d’un changement climatique et que toute notre réflexion a été de dire comment redonner à l’avenir un caractère prometteur. Donc, du coup, je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait et je me dis que, fondamentalement, l’avenir est non configurable.

Et dès l’instant qu’il est non configurable, pour moi ce qui est important, c’est quel est l’intentionnel, quelle est la charge, quelle est la théologie, dans quel sens j’agis pour faire advenir l’avenir que j’ai envie de voir à venir. Donc, parmi les possibles qui peuvent surgir, quels sont ceux qui m’intéressent et ceux qui m’intéressent, je les ai identifiés, c’est un avenir où on sort de nos identités étriquées, où on partage plus équitablement les ressources de cette planète, où on articule un rapport au vivant qui est beaucoup plus harmonieux, qui est beaucoup plus intelligent, où on sort d’un certain nombre de problèmes comme le racisme, la colonialité, les inégalités, etc, etc…

Et la question qui est pour moi fondamentale, c’est quels sont les champs d’action, les champs de travail pour mettre assez d’énergie dans le temps présent pour que cet avenir-là puisse advenir. Donc quelles sont les forces qu’il faut mettre en coalition, quels sont les lieux, les espaces d’investissement pour que, parmi les options qui s’offrent à nous, on mette assez de volonté, assez d’énergie, assez de travail pour que l’option qui nous semble la plus lumineuse advienne. Donc, du coup, j’ai cessé d’envisager l’avenir. Je suis plus dans la réflexion sur comment faire advenir la virtualité de l’avenir qui m’intéresse.

Et justement, quel message vous pouvez dispenser à cette jeunesse ?

Je veux dire que le monde est la résultante de leurs actions. Le monde qui est devant eux est un monde à faire et que la genèse, elle est toujours renouvelée, que c’est un monde à construire, que c’est un monde à réinventer. Et je pense que le fait qu’on ait vu énormément de jeunes dans les manifestations de ces dernières semaines, on les avait vus aussi dans les manifestations sur le climat, prouve qu’il y a une repolitisation de la conscience de la jeunesse parce qu’on a quand même déploré le fait que cette jeunesse-là nous semblait moins politisée que celle des années 60/70 et j’ai l’impression que, là, il y a une sorte de prise en charge de leur avenir et c’est ça qu’il faut faire parce que le monde de demain ne sera pas produit par les gens de ma génération, les gens plus âgés que moi. Il sera produit par eux et que, justement, il sera le résultat de ce qu’ils en feront, eux, et que l’avenir demeure ouvert et, à mon avis, c’est un message important et voilà, ils peuvent en faire ce qu’ils souhaitent en faire et que c’est à eux de le produire et de le réinventer.

Je pense que ce sera le mot de la fin et c’est un message d’espoir. Merci beaucoup, Felwine Sarr, d’avoir été parmi nous et merci pour cet échange.

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