Faut-il toujours célébrer la fête des mères et la fête des pères?

Faut-il toujours célébrer la fête des mères et la fête des pères ?
Faut-il toujours célébrer la fête des mères et la fête des pères ? - © Tous droits réservés

C’est ce dimanche 12 mai que, comme chaque année à la même période, nous fêtons les mères en Belgique. Si on trouve les premières traces de la fête dans l’Antiquité grecque, il faut attendre 1941 et un régime de Vichy désireux de relancer la natalité pour trouver la trace de ses premières réelles célébrations en France et en Belgique. C’est à cette période que les cadeaux pour célébrer les mères font leur première apparition. La fête prend alors de l’ampleur et dès les années '80, on n’ose imaginer une fête des mères sans son fameux collier de nouilles.
Seulement voilà, ces dernières années se pose la question de la légitimité de cette fête dans une société où le schéma familial est en évolution constante.

Evolution des schémas parentaux

En 2017, l’institut Singelijn, de Woluwé-Saint-Lambert décidait de supprimer cette fête de son programme scolaire afin qu’il colle mieux avec les réalités actuelles. A l’époque, Dominique Paquot, le directeur de l’école se justifiait comme suit « Il y a les parents décédés, les ruptures de contacts avec certains parents, les parents manquants dans les familles monoparentales, il y a des parents du même sexe, etc. Ça a amené nombre d’enseignants à se questionner vraiment sur le bien-fondé de la préparation du cadeau en milieu scolaire. Parce qu’il faut savoir que, lorsque nous travaillons les cadeaux de fête des pères ou de fêtes des mères il y a 2, 3, 4 enfants qui sont en souffrance par rapport à ça ». Plusieurs écoles ont décidé d’emboîter le pas et de remplacer la fête des mamans et des papas par une fête de la famille, plus représentative de la société diversifiée actuelle.


En effet, en Belgique, les familles monoparentales sont toujours plus nombreuses. Selon une enquête de l’Institut du Développement Durable (IDD) de 2014, une famille belge sur quatre est aujourd’hui monoparentale, soit presque deux fois plus qu’une vingtaine d’années plus tôt. A celles-ci, il faut ajouter les enfants de couples homosexuels. Autant d’enfants qui vivent une situation douloureuse et sont stigmatisés lors de la conception des cadeaux de fête des mères ou des pères à l’école.

La fête une journée… et après ?

D’autres soulignent l’hypocrisie de cette fête des mamans. En 1973 déjà, le journal féministe Le torchon brûle titrait « Assez d’être fêtées une journée, exploitées toute l’année ». Comme nous l’avions décrit dans un article précédent, nombreuses sont les mères seules qui galèrent quotidiennement et se sentent abandonnées. Dans le sujet ci-dessous, nous abordions le cas des mères séparées qui luttent pour une reconnaissance plus juste. Rappelons qu’en Belgique, plus d’un ménage sur 10 qui devrait recevoir une pension alimentaire est confronté à un défaut de paiement et que plus de 90% des démarches entamées pour recouvrer des pensions alimentaires impayées, sont entamées par des femmes.

Une fête commerciale

Comme pour beaucoup de fêtes actuelles, est reproché aux fêtes parentales leur instrumentalisation commerciale. Ce reproche concernant le caractère consumériste des célébrations et cette « américanisation » de la fête, semble bien paradoxal quand on sait qu’Anna Jarvis (1864 1948), considérée Outre-Atlantique comme la mère de la fête des mères a lutté toute sa vie contre les industries commerciales, qu’elle jugeait être des « propagandistes anti-mère ». Elle allait de commerce en commerce, demandant aux magasins qui avaient récupéré son idée, de verser une partie de leurs bénéfices liés à la fête à des associations venant en aide aux fermiers pauvres.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK