Edito les grenades : la face cachée de la parité hommes-femmes en politique

Edito les grenades : la face cachée de la parité hommes-femmes en politique
Edito les grenades : la face cachée de la parité hommes-femmes en politique - © Tous droits réservés

Six femmes et sept hommes. Les nouveaux gouvernements wallon et de la fédération Wallonie-Bruxelles affichent (enfin) la parité. C’est une grande première pour ces exécutifs. Les observateurs du monde politique s’en sont d’ailleurs réjouis dans les médias. Preuve qu’en 2019, voir des femmes accéder aux plus hautes fonctions n’est pas encore la norme et mérite d’être souligné positivement comme une gommette verte qu’on collerait sur un bon bulletin.

C’est qu’on vient de loin… Le précédent gouvernement wallon dirigé par Willy Borsus comptait à peine deux femmes pour cinq hommes. Et avant cela, c’était encore pire. Entre 2009 et 2017, l’Elysette dirigée par Rudy Demotte puis Paul Magnette n'avait qu’une seule femme dans ses rangs.

Quand on regarde la répartition des compétences entre les hommes et les femmes, on déchante. 

Bonne nouvelle donc cette parité ? D’un point de vue purement arithmétique oui ! Mais quand on regarde la répartition des compétences, on déchante. Les Ministres-Présidents (les chefs) restent des hommes. Les portefeuilles du budget, de l’économie et des finances demeurent entre des mains masculines. Les femmes ministres, elles, sont responsables de l’enseignement, de la petite enfance, de l’action sociale, du bien-être animal, de nature, de la santé. C’est un peu stéréotypé non ? Oui, c'est cliché et non ce n'est pas étonnant.

Quand les femmes ont accédé au marché du travail à la moitié du XXe siècle, elles ont été assignées aux tâches qu’elles effectuaient dans la sphère familiale. La seule différence, c’est qu’elles étaient payées pour les réaliser. Dans le monde professionnel, les femmes se sont donc retrouvées à s’occuper du ménage, des bébés, des personnes âgées, de l’éducation des enfants, des soins aux malades. Des activités désignées par les sociologues sous le terme anglais de "care". Revers de la médaille : les femmes, continuant à s’occuper du "care" à la maison, en accédant au monde du travail, ont eu droit à une double journée de boulot.

Numéro deux, c’est pas mal. Prochaine fois, elle sera peut-être numéro un. 

Mais revenons à nos moutons. On me rétorque que la socialiste Christie Morreale est quand même Vice-Présidente du gouvernement wallon Di Rupo III. Oui, c’est vrai, numéro deux, c’est pas mal. Prochaine fois, elle sera peut-être numéro un. Et effectivement, la socialiste est aussi Ministre de l’emploi et l'emploi ce n'est pas de la gnognotte. Quant au gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles, il est quand même majoritairement féminin (trois femmes pour deux hommes). Et le plus gros portefeuille est quand même détenu par Caroline Désir, Ministre de l’enseignement obligatoire. Alors, franchement, de quoi se plaint-on ? Du fait qu’en politique, comme ailleurs, les femmes sont encore trop souvent assignées aux compétences liées au "care", au soin des autres, à l’attention des plus faibles.

Mais le changement est en marche et l'avenir s'annonce plus égalitaire. Ursula von der Leyen a été fraichement désignée Présidente de la commission européenne. De quoi ouvrir la voie pour les suivantes... 

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