Des femmes en résistance face à la destruction de l'environnement

Cette chronique a été écrite pour le neuvième épisode des Grenades série d’été, saison 2, diffusée tous les dimanches de 17h à 18h sur La Première.

Plantes et femmes : forcément cette association nous fait penser aux sorcières. La figure de la sorcière est importante pour les féministes, en tant que figure politique à se réapproprier.

Cela me rappelle une phrase de l’écoféministe et sorcière américaine Starhawk quand je l’ai interviewée en 2017 lors de sa venue en Belgique pour le magazine axelle : "On doit apprendre à reconnaître que c’est un grand pouvoir de s’occuper d’un enfant ou d’un jardin, bien plus que de tirer sur quelqu’un". Elle compare cela avec la figure ultra médiatisée de Wonder Woman, cette super héroïne qui reprend des codes badass très masculins. En résumé : c’est une guerrière qui tabasse tout le monde autour d’elle et est considérée comme puissante.


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Déconstruire la notion de pouvoir

Les écoféministes nous invitent à déconstruire cette notion de pouvoir et à nous intéresser au grand pouvoir qu’est celui de faire pousser des plantes pour nous nourrir ou nous soigner. On rappelle qu’au Moyen Age, certaines femmes considérées comme sorcières et tuées pour cette raison utilisaient librement la nature pour soigner. C’était des guérisseuses plutôt que des guerrières et c’est cela qui dérangeait.


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Ce qui nous amène à la question des agricultrices ! On a cette image de l’agriculteur sur son tracteur, mais si on décentre un peu son regard, on se rendra compte que, dans ce qu’on appelle les "pays du Sud", 80 % des personnes qui collectent l’eau, connaissent les semences et les cultivent, sont des femmes, alors que les terres sont principalement détenues par des hommes ou par des grandes entreprises… Les femmes ont donc également cette connaissance, elles sont surtout invisibilisées.

Résistances

Citons encore quelques mouvements de résistance de femmes face à la destruction de l’environnement. On fait généralement remonter la naissance de l’écoféminisme au mouvement Chipko en 1970 en Inde qui lutte contre la déforestation. Concrètement, des femmes enlaçaient des arbres pour empêcher qu’ils soient coupés. Le mouvement de la ceinture verte, lui, se passe au Kenya, des femmes plantent des arbres tout autour de leur village ou de leur ville. Depuis 1977, on estime que 51 millions d’arbres ont été plantés, rien que ça.

En Amérique, à Détroit plus précisément, la D Town Farm est une ferme gérée par des femmes afro-américaines qui proposent des jardins partagés. Il s’agit de donner accès à de la nourriture saine et accessible aux communautés de la ville. Il y a aussi le concept de la Belge Astrid Genette dans son Jardin des Mycorhizes. : "C’est presque un acte militant que de vouloir cultiver selon les principes de l’agriculture paysanne : revenir à une culture à échelle humaine, en prenant compte de la faune et de la flore indigène et en incluant dans notre paysage les familles qui nous font confiance. [...] Le Jardin des Mycorhizes est cultivé sur une très petite surface : 40 ares. Il a pour objectif de nourrir une soixantaine de familles", explique-t-elle.


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