À l'écoute des victimes de violences gynécologiques et obstétricales

Cette chronique a été écrite pour le quatrième épisode des Grenades série d'été, saison 2, diffusée tous les dimanches de 17h à 18h sur La Première.

Anaïs Strivay souffre d’endométriose. Durant une opération, le médecin place un stérilet à son insu dans son corps. S’ensuit des douleurs insurmontables et un rendez-vous en urgence à l’hôpital : elle apprend que son stérilet est cassé. Elle demande alors à ce que le corps médical lui retire définitivement. Malgré les pleurs et les cris de protestations, et alors qu’Anaïs s’évanouit de douleur, le spécialiste décide unilatéralement de replacer un nouveau stérilet.

En 2021, il arrive encore régulièrement qu’on impose à une femme une intervention chirurgicale ou un corps étranger. Récemment, pour un article que j’ai rédigé, je suis parti à la recherche de femmes qui avaient subi des violences gynécologiques, et le moins que l'on puisse dire c’est qu’il ne m’a pas été compliqué d’en trouver.


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Une jeune femme atteinte d’endométriose avait par exemple témoigné : “J’ai été consulter un spécialiste car mon corps ne supportait pas la pilule en continu et je ne voulais pas d’un stérilet. J’ai donc demandé à plusieurs gynécologues qu’on me fasse une hystérectomie, donc une ablation partielle ou totale de l’utérus. Elle m’a été refusée par tous les médecins." L’un d’eux lui a d’ailleurs répondu qu’il ne voulait pas l’opérer car elle n'avait pas encore eu d’enfant et qu’elle pourrait le regretter. Cette femme me témoignait son mal-être face à ces prises de décisions de médecins qui ne l’écoutaient pas, comme si son avis n’avait pas d’importance et que son corps ne lui appartenait pas.


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Les exemples les plus frappants en ce qui concerne les violences gynécologiques sont sans doute ceux relatifs à l’accouchement où les questions de maîtrise et de consentement qui devraient pourtant être centrales ont bien du mal à exister.

Des témoignages glaçants

Les témoignages glaçants de mères traumatisées par leur accouchement, entre examens brutaux, gestes médicaux vécus comme une "mutilation" et paroles déplacées s’accumulent et se succèdent inlassablement.

Aujourd’hui la plupart des femmes qui arrivent à la maternité se voient imposer un protocole : touchés vaginaux, monitoring, injections, épisiotomies ... tout est prédéfini par un cadre strict. Des actes médicaux sont posés alors qu’ils ne sont pas forcément toujours utiles puisqu’on sait que 90% des femmes ont a priori un accouchement sans complication.

Vous connaissez certainement le slogan féministe “Mon corps, mon choix”... et bien on n'y est pas encore...


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Les Grenades-RTBF est un projet soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui propose des contenus d'actualité sous un prisme genre et féministe. Le projet a pour ambition de donner plus de voix aux femmes, sous-représentées dans les médias.

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