Plusieurs hôpitaux du pays reçoivent la visite de l'auditorat du travail

On les appelle les MACCS en jargon médical : les médécins assistants cliniciens candidats spécialistes. Pour résumer, il s'agit de médecins fraîchement diplômés qui entament une spécialisation en effectuant des stages en milieu hospitalier. Leur temps hebdomadaire de travail est en principe limité.

Un temps de travail souvent excessif

En fonction des conventions de stage signées par les MACCS et par les hôpitaux, le temps de travail réglementaire des MACCS s'échelonne entre 38 et 48 heures de moyenne par semaine. Des pointes sont possibles jusqu'à 60 heures/semaine. Si les médecins stagiaires signent la clause qui accompagne généralement leurs conventions de stage, le temps de travail peut alors légalement grimper jusqu'à 60 heures de moyenne maximum par semaine, les pointes hebdomadaires pouvant monter jusqu'à 72 heures. Il s'agit là d'un maximum absolu. 

Or, selon une enquête récente du magazine "Médor", dans certains hôpitaux, la durée hebdomadaire de travail peut facilement grimper jusqu'à 90 heures. L'auditorat du travail de Bruxelles l'a constaté dans une institution hospitalière de la capitale lors de descentes fin 2019 et début 2020. 

"Un avertissement est alors envoyé, le 13 juillet 2020, à la direction de l’hôpital en question. Cet avertissement stipule que l’institution hospitalière doit régulariser sa situation et mettre en place un outil de contrôle des horaires des MACCS, pour respecter la loi de 2010 sur le temps de travail", écrit Médor. 

 

L'auditorat du travail poursuit l'enquête

5 auditorats du travail du pays (Brabant wallon, Bruxelles, Hainaut, Hal-Vilvorde et Liège) ont donc mené, ce vendredi, une vaste opération de contrôle dans plusieurs hôpitaux. Pas question, à ce stade, de préciser le nombre, et encore moins les noms, des hôpitaux concernés, d'autant que rien ne désigne les institutions contrôlées comme étant plus suspectes que d'autres en matière de respect du temps de travail. Les contrôleurs des lois sociales étaient accompagnés d'enquêteurs de la CCU ( la computer crime unit). Il faudra plusieurs semaines pour dépouiller les données collectées et s'assurer du respect ou non de la législation. 

 

Une question de santé publique

Pour Fabrizio Antioco, porte-parole de l'auditorat du travail de Bruxelles, il s'agit d'une question de santé publique. Les autorités judiciaires s'inquiètent en effet de l'état de santé des médecins assistants soumis à de lourdes charges de travail. Non seulement, le bien-être au travail s'en ressent, mais des médecins fatigués risquent aussi de ne pas prodiguer les soins les plus appropriés à leurs patients. 

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