Des seniors se rassemblent à Forest contre les violences envers les personnes âgées

Le 15 juin se déroule la journée internationale de sensibilisation à la violence contre les personnes âgées. Le service des séniors de la commune de Forest a saisi l'occasion pour inviter des personnes âgées et des associations à se rassembler sur la Place Saint-Denis et à faire connaître leur revendications. 

Le Gang des Vieux en Colère

Très actif, le Gang des Vieux en Colère avait délégué plusieurs de ses membres. Parmi eux, Jean-Jacques Claes, "jeune vieux de 65 ans", comme il se nomme. Ce qui le met en colère? La violence contre les personnes âgées telle qu'elle se manifeste dans les MRS et les MR (les maisons de repos et de soins et les maisons de repos) ainsi que les contrôles domiciliaires des séniors bénéficiant de la GRAPA (la garantie de revenus aux personnes âgées, sorte de pension minimum). 

Ces bénéficiaires ne peuvent quitter la Belgique que 29 jours par an. Ils font l'objet de contrôles réguliers de la part des facteurs ou de la police. Le Gang des Vieux en Colère demande l'abolition de ces contrôles et le remplacement de la Grapa par une pension minimale universelle décente. "Des gens m'ont téléphoné en larmes", raconte Jean-Jacques Claes, "me disant "Monsieur, je n'ose même pas aller dans mon jardin parce que dans mon jardin je n'entends pas la sonnette". C'est lamentable". 

 

Les Maisons de repos et de soins du privé en question

Moment fort de ce rassemblement, la prise de parole d'Anne De Rudder. Sa maman a séjourné dans plusieurs MRS bruxelloises privées. En 2019, Anne De Rudder a écrit une "Lettre ouverte à un directeur de MRS" sur la base de l'expérience vécue par sa mère. En voici quelques extraits : 

"Contention, soins minimaux, saleté, nourriture carentielle, surveillance lacunaire résultent de l'indigence des moyens mis en oeuvre. Sous la pression d'objectifs mercantiles, désabusés, la plupart des soignants, sauf quelques exceptions miraculeuses, renoncent à soigner. Leur préoccupation centrale devient la mise en place de stratégies auto-protectrices : dérobade, cécité, déni. La majorité des humains maltraités maltraitent. Méprisés par leur gestionnaire, pourquoi se priveraient-ils de se délester de leur amertume sur les personnes à leur merci. : les résidents, dont l'impuissance en fait des victimes désignées, et les familles, ennemi juré? 

Maintenir ma mère dans un fauteuil; la priver de ses lunettes, appareils auditifs, dentiers; lui interdire les soins hygiéniques (aller à la toilette, se laver les dents); briser toutes ses dents d'un coup; lui communiquer, à force de carences alimentaires et de stress, le scorbut et une flambée d'herpès ophtalmique désormais incurable; lui refuser l'accès aux soins médicaux (...); encourager les pensionnaires à défèquer devant elle; les laisser lui enduire les ongles des excréments qui en résultent; la contraindre à prendre son repas dans cet état; (...)"

Jeanne Boute travaille au service des séniors de Forest. Elle aussi prononce des mots durs à l'égard des MR et MRS privées. "J'ai suivi des études de gestion de maisons de repos, en cours du soir, et on voit qu'à la source même de l'enseignement du fonctionnement d'une maison de repos, c'est complètement dingue. Plus les aînés sont dépendants physiquement, au plus votre institution est subventionnée. En fait, tout est biaisé dès le départ."

Heureusement, le climat de ce rassemblement n'était pas à la morosité ou à la seule colère. Le soleil et la musique étaient aussi de la partie. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK