Tunnels bruxellois: en 2013, un rapport prévoyait la catastrophe actuelle

C'est un rapport de Bruxelles Mobilité qui date de mars 2013. Une vingtaine de pages. Des calendriers, des chiffres. Et quelques phrases qui résonnent avec l'actualité du moment : "(...) beaucoup de ces tunnels sont aujourd'hui très vétustes, ce qui pose des problèmes de maintien en service de plus en plus aigus. Le risque d'une défaillance sévère pouvant nécessiter la fermeture d'un tunnel sans solution de réparation rapide ne peut être écarté". 

Ce rapport émane donc de l'administration. Ce rapport a été réalisé à la demande du ministre Pascal Smet, en 2007, nous indique son cabinet. Il s'agissait de voir si les tunnels de la Capitale étaient en conformité avec une directive européenne de 2004 sur la sécurité des tunnels routiers. Le rapport ne fait pas mystère de l'urgence de la situation : "La synthèse du diagnostic montre que la plupart de ces tunnels ne présentent pas les caractéristiques aujourd’hui requises en matière de sécurité, notamment en cas d’incendie. (...) La rénovation à court terme de l’ensemble des ouvrages est l’unique réponse qui permette rapidement de réduire les risques précités.​" 

Enfin, l'administration estime que "la mise en place de mesures (en termes de gestion de trafic, de travaux, de procédures d’exploitation et d’organisation des secours) à très court terme est indispensable pour permettre de réduire rapidement le niveau de risques, dans l’attente des réalisations des rénovations."

Le rapport insiste sur le tunnel Léopold II, dont la rénovation avait été décidée par une décision du gouvernement bruxellois en mars 2012. 

Les 25 tunnels bruxellois ont été inspectés par Bruxelles Mobilité entre juillet 2009 et décembre 2010. Le rapport a été livré le 20 mars 2013. C'était alors Brigitte Grouwels qui était en charge des Transports et des Travaux publics.

Pas sur la table du gouvernement

Le rapport propose trois scénarii traduisant "un compromis entre plusieurs facteurs antagonistes parmi lesquels : la réduction du risque, le lissage de la charge financière et la réduction des nuisances associées aux travaux." Le scénario 1 propose la sécurisation de tous les tunnels de plus 300 mètres sur 12 ans, le scénario 2 porte sur une sécurisation durant 21 ans, le scénario 3 table sur 12 ans, mais tient compte de la construction du tunnel Meiser et du recouvrement de la Petite ceinture à la Toison d'or (ces 2 projets sont mort-nés).

Le rapport insiste (en gras) : l'état actuel des tunnels fait peser sur la Région bruxelloise "des risques opérationnels élevés", il existe des "risques de pertes de continuité de service en cas de défaillance grave sans possibilité de réparation rapide, compte-tenu de la vétusté des tunnels". Rappelons que le tunnel Stéphanie a dû être fermé après des contrôles demandés par le gouvernement bruxellois, après la récente chute d'un bloc de béton dans le tunnel Rogier

Ce rapport a-t-il servi à quelque chose ? Selon nos informations, ce rapport ne s'est jamais retrouvé sur la table du gouvernement bruxellois précédent. Il aurait été évoqué en "ikw" (groupe de travail intercabinets), sans plus.

 

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