Paul Furlan: "Le Premier ministre n'a pas aidé à trouver un accord climatique"

Paul Furlan: "Le Premier ministre n'a pas aidé à trouver un accord climatique"
Paul Furlan: "Le Premier ministre n'a pas aidé à trouver un accord climatique" - © Tous droits réservés

La Belgique a enfin scellé son accord climatique, le fameux "burden sharing", à peine quelques heures avant que les négociateurs de la COP21 n'annonce la mise sur la table de l'ébauche d'un accord, qui servira de base aux discussions ministérielle de la semaine prochaine.

Christine Marghem (MR), ministre fédérale de l'Environnement, Céline Fremault, présidente cdH de la Commission climat, Paul Furlan (PS), ministre wallon de l'Energie  en charge du climat et Jean-Marc Nollet, député fédéral Ecolo étaient à la table des décodeurs pour revenir sur cet accord.

Notre participation au Fond Vert est ridicule

Sans attendre, le député Ecolo pointe le "manque d'ambition du fédéral. On s'attendait à ce que la Belgique s'engage réellement. Mais quand j'ai entendu Charles Michel à la tribune de la COP21 énoncer les engagements pris par le passé, on a de quoi s'inquiéter. La plupart des pays ont revu leurs engagements à la hausse, et la Belgique diminue sa contribution au Fond Vert. Si l'on compare à la Suède (qui compte à peu près le même nombre d'habitants que notre pays), elle s'engage à 580 millions d'euros. Notre participation est ridicule. On ne se rend pas compte de l'urgence qu'il y a derrière ça, pour les pays concernés." Jean-Marc Nollet se désole de voir que la Belgique se contente de garder ses engagements de Copenhague, qui datent de 2009, alors que le message de la COP21 est de revoir ses ambitions à la hausse.

De son côté, la ministre fédérale MR conteste les chiffres avancés par Mr Nollet. "Le Fédéral n'a pas réduit son ambition. Ce sont 50 millions annuel jusque 2020, partagés avec les Régions, le Fédéral participant de moitié. 50 millions qui sont additionnels à la politique de coopération au développement, dans laquelle nous avons déjà libéré 94 millions de financement, notamment dans des projets de lutte contre le changement climatique." Et elle ajoute: "Nous essayons de faire les efforts nécessaire, en tenant compte de toutes les restrictions budgétaires importantes aux différents étages de la 'Maison Belgique'. Si demain nous pouvons faire plus, rien ne s'y opposera."

Le Premier ministre n'a pas aidé aux négociations

A propos des déclarations du Premier ministre, qui laissait entendre que la Wallonie était à l'origine de l'échec des négociations, Paul Furlan dénonce l'attitude de Charles Michel qui "n'a pas aidé aux négociations, car ce gros mensonge au Parlement a eu la faculté de fâché la Wallonie qui a toujours été proactive. Encore une fois, nous sommes passés au-dessus, nous avons fait des efforts complémentaires. Entre les ministres de l'environnement tout s'est bien passé. Nous avions un mandat clair de la part de notre gouvernement, c'était moins clair pour le Fédéral et pour la Région flamande."

Céline Frémault confirme, " Les Wallons ont toujours eu beaucoup de détermination et de volontarismes."

Le gros problème du fédéralisme, c'est la NVA

Les péripéties liées à la conclusion de cet accord posent aussi la question des limites de notre fédéralisme, qui appelle sans cesse au compromis. Jean-Marc Nollet n'y va pas par quatre chemins, "Le gros problème du fédéralisme, c'est la NVA, il ne fait pas tourner autour du pot. Tout ce qui ne fonctionne pas en Belgique sert à la cause NVA et à son objectif de détruire la Belgique. Il faut que l'on arrive à isoler la NVA."

Le ministre de l'Environnement wallon va plus loin et affirme que "Le Premier ministre est constamment l'otage de ce parti séparatiste."

La ministre MR Christine Marghem ne se sent pas victime d'un quelconque syndrôme de Stockholm et confirme son soutien au Premier. "Ça fonctionne bien entre les différents partenaires et les différentes personnalité du gouvernement. Il faut faire fonctionner notre pays avec un partage de compétences, ce qui n'est pas simple. C'est un fédéralisme de coopération que nous devons apprendre à utiliser, nous devons continuer à trouver des accords pour l'intérêt des Belges"

Concernant l'accord de la COP21, les quatre personnalités réunies autour de la table parlent d'un même voix, soulignant un accord contraignant, et qui ne permet plus une interprétation des textes par les différents pays" ce qui est une première dans l'histoire des accords de la COP21.

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