"Ce gouvernement doit créer une plus grande marge de manœuvre pour la concertation"

"Ce gouvernement doit créer une plus grande marge de manœuvre pour la concertation"
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"Ce gouvernement doit créer une plus grande marge de manœuvre pour la concertation" - © Tous droits réservés

C'est par cette phrase qu'Hendrik Bogaerts, député fédéral CD&V et ex-secrétaire d'Etat à la fonction publique, illustre le débat des Décodeurs de ce dimanche. Syndicalistes et représentants politiques ont sorti faux, fourches et flambeaux pour faire entendre leur version des faits sur les causes des grèves qui secouent le pays depuis plusieurs semaines.

La colère gronde, elle monte en puissance

Thierry Bodson, Secrétaire général de l'Interrégionale wallonne de la FGTB, est revenu sur certains propos quant au leadership derrière ces mouvements de grogne.

"Non, la base n'échappe pas aux leaders syndicaux. Ce qu'il faut retenir de ce qui se passe en ce moment, c'est qu'il y a un mouvement social d'une ampleur incomparable à ce qui s'est passé ces vingt et trente dernières années en Belgique. Ce qui se passe aujourd'hui, c'est un mouvement à la base, le résultat d'un véritable ras-le-bol."

Une réalité que confirme Eugène Ernst, secrétaire  général de la CSC enseignement. "Si aujourd'hui on nous prend pour des cons en nous disant 'Vous ne comprenez rien, on va vous expliquer', ça les travailleurs ne l'acceptent plus et la colère elle gronde, elle monte en puissance"

Thierry Bodson précise que la motion de la CGSP n'est pas un appel à une grève au finish, mais "elle couvrira l'ensemble des secteurs qui continueraient les actions au-delà du 31 mai. Nous sommes dans le cadre d'un plan d'action qui va jusqu'au mois d'octobre, et il est assez logique et assez courant qu'une centrale couvre pour un secteur ou l'autre des actions sur une période donnée."

Et il ajoute: "On essaye de trouver des problèmes sur la forme plutôt que de trouver des solutions sur le fond. On essaye sans cesse de diviser un mouvement parce que vous n'êtes pas capable de faire des concertations."

Des syndicats trop politiques?

Jean-Luc Crucke, député wallon MR, fustige ces mouvements de grève à tendance trop politique. "Quand j'entends des délégués qui déclarent ouvertement 'on veut faire tomber le gouvernement', on n'est plus dans une grève pour des raisons professionnelles mais dans une opposition politique. Et ça, ce n'est pas le rôle des syndicats."

Hendrik Bogaerts va dans le même sens, tout en nuançant. "Je comprends le fait que juridiquement parlant, la majorité qui décide ne signifie pas qu'il ne faut pas respecter la minorité. Ça, c'est le vrai esprit démocratique, et sur ce point-là il y a du travail pour le gouvernement. Mais en Flandre ce qu'on se dit, c'est qui va gérer le pays? Les syndicats ou le gouvernement? La rue ou le Parlement?"

Ce gouvernement doit mieux tenir compte de la minorité parlementaire

Le député CD&V appelle à plus de retenue: "On est en train de mettre la paix communautaire et le pays en danger. Beaucoup de gens en Flandre disent qu'une Wallonie en grève structurelle sera une Wallonie indépendante. Il ne faut pas stimuler ces gens, il faut être capable de se recentrer à ce qui est essentiel."

"Concernant les grèves dans les prisons, on a actuellement 7775 postes de travail. Dans le gouvernement Di Rupo, en 2012 et 2013, on avait moins de 7000 postes. En fait ce gouvernement de centre-droite est en train d'offrir plus qu'un gouvernement de gauche."

Toutefois, l'ancien secrétaire d'Etat aux Entreprises publiques sous Di Rupo admet que "Ce gouvernement doit mieux tenir compte de la minorité parlementaire dans ce pays. Il faut qu'il crée une plus grande marge de manœuvre pour la négociation et la concertation."

"La mission de ce gouvernement est la modernisation qui rapporte à tout le monde. La concertation sociale doit avoir une vocation qui va au-delà de la distribution de l'argent, il y a aussi une composante sociale."