11 novembre: "Il faut que le soleil brille pour tout le monde"

11 novembre: "Il faut que le soleil brille pour tout le monde"
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11 novembre: "Il faut que le soleil brille pour tout le monde" - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

Ils ont plus de nonante ans et sont fièrement au garde-à-vous quand retentit l'air de la Brabançonne. S'il ne reste plus de survivants de la Grande Guerre depuis 2004, les anciens combattants de la deuxième guerre mondiale veillent sur leur mémoire.

Etienne Jonckheere (il a 94 ans, "95 ans dans quelques jours", précise-t-il) et Henri Taymans (91 ans) se voient chaque année dans ces tribunes. "Mon père a fait 14-18, nous explique Eric Jonckeere, mon grand-père également. Moi j'ai fait 40-45. Ce sont des étapes dans la vie, d'avoir participé à ça, c'est certain". Cet hommage au soldat inconnu, c'est aussi l'occasion, pour les deux hommes de partager des souvenirs de la guerre à laquelle ils ont participé, la deuxième guerre mondiale. "Un exemple ... quand on a traversé le Rhin en camion, quand on a mis les premiers pas en Allemagne, ce sont des choses qu'on se rappelle!" Son vieil ami l'interrompt "c'est là que le premier soldat de notre bataillon a été tué. Nous sommes du quatrième bataillon de fusiliers, attaché à la neuvième armée américaine et nous avons fait toute la campagne d'Allemagne avec les américains, jusqu'à la capitulation. Nous nous sommes arrêtés sur les bords du Weser. Les bataillons étaient alignés sur 50 kilomètres. De l'autre côté étaient les Russes".

La guerre semble beaucoup plus réelle, en les écoutant. Pour Henri Taymans, c'est important, de témoigner de ce vécu, pour que conscientiser les générations actuelles. "Heureusement qu'on a fait la guerre, parce que sinon les jeunes ne seraient pas là, aujourd'hui. Certains ne se rendent pas compte de ce qu'on a fait. il faut leur expliquer un peu ce qu'on a fait".

"A la fraternelle royale du quatrième bataillon, nous sommes encore environ nonante anciens combattants". Tous sont nonagénaires. Ce 11 novembre est l'occasion pour eux, de témoigner de ce qui fait aujourd'hui partie de l'Histoire.

Marion a 93 ans. Elle aussi, a vécu la guerre... "On veut commémorer la fin de la guerre 14-18, mais aussi toutes les autres guerres. On veut faire honneur à tous ceux qui sont tombés pour nous. Mon père a fait les deux guerres, mon mari a fait la guerre".

Si elle se sent personnellement concernée par le 11 novembre, elle lui trouve aussi une portée universelle et veut faire passer un message aux jeunes. "Il y a toujours une guerre quelque part. il faut avoir pitié de tous ceux qui tombent pour leur pays. Tout héros mérite qu'on le salue. Les enfants doivent savoir que d'autres se sont sacrifiés pour eux". Et elle ajoute : "il ne faut pas avoir de haine. Il faut que le soleil brille pour tout le monde".

Un peu d'histoire...

L'armistice du 11 novembre 1918 qui mit fin à la première Guerre mondiale, déclenchée il y a 101 ans, sera commémoré mercredi en Belgique ainsi que dans d'autres pays impliqués dans la Grande Guerre, qui vit périr quelque 8,5 millions de soldats.

Le 11 novembre 1918, à 05h10, la délégation allemande emmenée par le ministre d'Etat Etzberger, le comte von Oberdorff et le général von Winterfeld, accepte l'armistice des Alliés dans le wagon-salon du maréchal français Foch stationné dans la clairière de Rethondes, près de Compiègne (France). Les combats cessèrent à 11h00.

En retraite depuis le déclenchement de la contre-offensive alliée de juillet, l'armée allemande combat encore sur les sols belge et français au cours des premiers jours de novembre alors que sa cohésion et sa discipline demeurent intactes tandis que le sol allemand est toujours inviolé. Toutefois, sur l'avis du Haut commandement militaire, qui estimait que toute chance de victoire était anéantie, le gouvernement de Max de Bade avait demandé, dès le 4 octobre, la paix au président américain Wilson.

Les Alliés de l'Allemagne s'étaient effondrés les uns après les autres: la Bulgarie signait un armistice dès le 29 septembre, l'Autriche était vaincue par les Italiens à Vittorio Veneto (24-27 octobre) et la Turquie était contrainte de signer l'armistice de Moudros le 30 octobre.

A l'arrière, la mutinerie des marins de Kiel, en Allemagne, déclenchait le 3 novembre un mouvement qui se propagera dans toutes les grandes villes du pays, ce qui entraîna l'abdication du "Kaiser" Guillaume II le 9 novembre. La révolution enlèvera toute marge de manoeuvre au gouvernement allemand et permettra au maréchal Foch d'imposer les conditions les plus dures.

Les Allemands acceptent des livraisons considérables de matériel de guerre, de wagons, de locomotives. Ils libèrent sans réciprocité les prisonniers alliés et doivent évacuer sous quinze jours les territoires envahis à l'ouest ainsi que l'Alsace-Lorraine.

A l'annonce de l'arrêt des combats, l'arrière laisse éclater sa joie tandis que les soldats sont trop las ou trop accablés pour éprouver d'autres sentiments qu'un immense soulagement.

Au jour de la victoire, plus de 8,5 millions de soldats ont perdu la vie sur tous les fronts, pour 65 millions de mobilisés.

Ce mercredi, le roi Philippe a assité au traditionnel hommage au Soldat Inconnu ainsi qu'à la commémoration solennelle des victimes des deux Guerres Mondiales et des opérations de paix et humanitaires à l'étranger depuis 1945. Cette cérémonie s'est déroulée à la Colonne du Congrès à Bruxelles. Les présidents des Chambres législatives, des membres du gouvernement fédéral et les chefs des corps constitués y ont aussi assisté.

Depuis 2004, il ne reste plus de vétérans belges de la guerre 1914-1918. Cyriel Barbary, émigré aux États-Unis depuis 1923, est décédé au mois de septembre 2004 et Emile Brichard, un ancien coureur du Tour de France, est mort la même année.

Plus d'infos dans notre site www.rtbf.be/14-18

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