Paul Furlan démissionne: "Une initiative personnelle, il n'y a pas eu de pression"

"Je ne suis pas Calimero. J'ai toujours pris mon destin en main. C'est ce que les gens disent de moi. Mais je dois rester serein. J'ai pris la décision de présenter ma démission". C'est par ces mots que Paul Furlan (PS) a conclu sa conférence de presse et annoncé sa démission. Selon lui, il s'agit d'"une initiative personnelle. Il n'y a pas eu de pression de qui que ce soit".

Cette démission a été acceptée par Paul Magnette (PS), le Ministre-Président wallon. Le nom du successeur sera révélé par Elio Di Rupo ce jeudi à 15h, avant la séance plénière extraordinaire au Parlement Wallon, à 17h.

La décision de Paul Furlan étonne car, pendant près d'une demi-heure, le Ministre wallon des Pouvoirs locaux s'est expliqué et s'est défendu sur les différents dossiers qui suscitent la polémique.

"Je dois sans doute déranger. Je ne sais pas qui. Mais j'ai décidé de faire le point", a expliqué d'emblée Paul Furlan au début de sa conférence de presse.

Sa relation avec Philippe Tison

Le premier point évoqué par Paul Furlan, c'est sa relation avec Philippe Tison, "un ami, un proche". Le nom du bourgmestre d'Anderlues est épinglé car Paul Furlan lui a confié la gestion de ses sociétés privées alors que Philippe Tison travaille dans son cabinet. "Je le connais de longue date. Nous étions amis depuis longtemps, bien avant la politique", explique Paul Furlan. "C'est tout naturellement en 1999, quand je suis devenu échevin, qu'il m'a suivi".

Concernant le lien avec sa société d'assurances, Paul Furlan explique qu'il doit penser à sa reconversion. Pour lui, il était normal de faire appel à un proche comme Philippe Tison "qui m'a accompagné dans toute ma carrière professionnelle". Mais, précise Paul Furlan, "depuis 1999, je n'ai perçu aucune rémunération. Philippe Tison non plus". Paul Furlan ajoute d'ailleurs que "cette société n'a pas eu à traiter avec la sphère publique".

Le courrier envoyé à une société de logement social

L'autre dossier qui soulève la polémique, c'est un courrier envoyé par Paul Furlan à une société de logement social pour que la directrice prenne en considération la demande de logement d'une famille. Rien d'anormal selon Paul Furlan. "Ces contacts permettent à tous les élus de répondre aux attentes des citoyens. Ça me permet aussi de rester les deux pieds sur terre. C'est nécessaire pour un élu de rester en contact avec la population". Paul Furlan rappelle qu'il rencontre d'ailleurs les citoyens chaque samedi matin.

"Je me contente de transmettre la demande. Je voudrais intervenir que le nombre de logements ne suffirait pas". Le ministre des Pouvoirs locaux précise que les règles d'attribution ne permettent pas d'interférence des élus. "Et je le dis à chaque personne qui vient me voir: je ne suis pas le bon Dieu".

Des proches dans son cabinet

Paul Furlan détaille ensuite la composition de son cabinet. 47 personnes travaillent aujourd'hui dans son cabinet. Seize d'entre elles habitent dans son arrondissement et deux sont membres du collège électoral de Thuin.

Mais qu'en est-il de sa compagne, qui travaille dans son cabinet et assure en même temps les permanences du bourgmestre à Thuin? Paul Furlan explique qu'il ne souhaite pas s'étaler sur sa vie privée. "Je suis toujours célibataire s'il y a des personnes intéressées", dit-il en souriant avant d'ajouter qu'il "ne souhaite pas parler de la fréquence de nos rencontres".

Y a-t-il un conflit d'intérêts? Paul Furlan répond sans hésiter: "C'est moi qui prends les décisions, pas mes collaborateurs. Je ne reviendrai pas sur Claude Parmentier. Je ne parlerai pas de Publifin" avant de conclure en annonçant sa démission.

Relisez l'intégralité de la conférence de presse ci-dessous

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