Le Scan: sommes-nous tous des influenceurs?

Prenons un compte Instagram au hasard : le mien.

Des photos de vacances. Quelques photos de mes plantes ou de ma tronche. Pas mal (trop) de photos de baskets. Bref, une "galerie Insta" somme toute banale : 517 abonnées. A priori, pas de quoi inquiéter Kim K. 

Et pourtant…

Boris Kaisin et Thomas Angerer sont les fondateurs de BeInfluence.eu, une agence qui s’occupe des "nano et des micro-influenceurs", sous-entendu des personnes n’ayant que quelques centaines ou quelques milliers de "followers" (d'abonnés) sur les réseaux. Et Boris et Thomas en sont persuadés, je pourrais facilement devenir influenceur. "On va te demander quels sont tes centres d’intérêt, ce que t'aimes publier et, sur base de ça, on reviendra vers toi avec des campagnes (publicitaires, ndlr) qui te correspondent."

Et quel type de campagnes exactement ? Thomas Angerer m’explique : "On a des clients purement commerciaux, comme des marques de bières par exemple. On est aussi en relation avec des institutions publiques et académiques. Et puis, on collabore enfin avec des ONG, vers lesquelles on reverse une partie des rémunérations."

Des campagnes avec des ONG ou des marques qui me correspondent... après tout pourquoi pas. Mais pourquoi les clients évoqués par Thomas s’intéresseraient à des personnes comme moi, alors plutôt qu'à des influenceurs professionnels, comme Jenna Minnie et ses 800.000 fans ?

Réponse des deux fondateurs : "Au moins nous sommes suivis sur les réseaux, au plus nous connaissons ceux qui nous suivent. Et donc, fatalement, au plus nous pouvons les influencer". L'explication tient la route, mais nous sommes quand même allés à la rencontre de Sophie Pochet, Chief Academic Officer de la section publicité à l'IHECS, pour en savoir plus. Après tout, mon hypothétique carrière d'influenceur est en jeu.

Direction donc l'IHECS, où Sophie Pochet confirme que l'influence est plus immédiate dans un groupe réduit : "Quand vous avez une toute petite communauté, vous connaissez presque tout le monde, là où les macro-influenceurs tirent la langue quand il faut répondre à tout le monde". Les nano ou micro-influenceurs sont des personnes "qui ont une seule spécificité", qui s'adressent souvent à une petite catégories de personnes, et ça, les marques l'ont bien compris. "Grâce aux algorithmes, les marques peuvent aujourd'hui s'adresser à un tout petit groupe de personnes. Et ça marche."

Un million d'euros par publication...

La professeure de l'IHECS est donc formelle : tout le monde peut devenir influenceur. Même votre humble serviteur, avec 517 abonnés.

Alors admettons que j'en ai envie (j'ai dit admettons) : combien gagnerais-je ?

Deux influenceuses ont accepté de partager ce qu'elles demandaient par publication : Estelle Raquez (6696 abonnées) demande "entre 60 et 80 euros par post Instagram", tandis que Jenna Minnie (795.000 abonnés) va facturer "entre 500 et 2000 euros, selon le type de contenu".

La fourchette est large, mais on est encore loin, très loin, très, très loin, de ce que touchent les superstars des réseaux sociaux pour chacune de leur photo. Attention les yeux, ça surprend.

Pour le million, on attendra.

Pareil d'ailleurs pour la carrière d'influenceur.

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