Le Scan : que consommons-nous pendant le confinement ?

Nos habitudes de consommation ont-elles changé, sous prétexte que nous sommes confinés ? A force de voir de longues files aux entrées des supermarchés, et de gros caddies à leurs sorties, l’équipe du Scan s’est posé la question.

Les paniers d’achats restent plus costauds que d’habitude – les clients continuent donc à acheter un peu plus que d’ordinaire.

Notre panier moyen grossit. Toutes les enseignes de grandes et petites distributions que nous avons contactées nous l’assurent.

"Il se constitue de produits de longue conservation, développe Nathalie Roisin du groupe Colruyt. On peut vraiment parler de constitution de stock."

Voilà pourquoi des produits comme les pâtes, le riz, les conserves et les surgelés enregistrent partout tous une forte hausse. Toujours chez Colruyt, "un client sur trois achète des pâtes. Un sur cinq, du riz".


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Mais est-ce seulement la peur d’être à court de vivre qui nous pousse à acheter plus que d’habitude ? Apparemment non.

Qui dit confinement, dit forcément plus de repas à la maison. Une logique mathématique que les clients "n’avaient pas forcément bien anticipée", explique Alexandra Balikdjian, une psychologue qui étudie depuis de nombreuses années nos comportements de consommation.

Pour ses recherches, elle contacte plusieurs consommateurs par semaine et nous partage cette anecdote : "Lors d’un entretien que j’ai fait récemment, une consommatrice m’avouait qu’elle ne s’était pas rendu compte qu’avec un caddie bien rempli, sa famille ne pouvait même pas tenir une semaine."

Pas de cantine, pas de restaurant d’entreprise, pas de snack entre les cours. Tout se fait à la maison et cela se voit sur la liste de courses.

Les meilleures ventes : farine et levure

Toutes les enseignes remarquent une vraie tendance : celle du retour au fourneau. Le confiné prend le temps de cuisiner, et laisse d’ailleurs volontiers en rayon les sandwichs et les salades prêtes à être mangés. "Chez nous, ces produits ont chuté de 40 à 50%", explique Karima Ghozzi, la porte-parole de Delhaize. 

A contrario, on se rue sur les ingrédients de base comme la farine (aliment le plus acheté chez Carrefour), les œufs, le lait et la levure (en hausse de 206% chez Delhaize).

Pour beaucoup, c’est le temps qu’offre le confinement qui nous pousse à rouvrir les bouquins de cuisine : une activité comme une autre qui, en plus d’être gustative, occupe aussi bien les plus grands que les plus petits. L’explication se tient, mais Alexandra Balikdjian analyse cela autrement.

La psychologue estime que ces recettes traditionnelles apportent "une dose de confort et de repères" non négligeables, dans un monde qui en manque cruellement. "La situation n’est pas ordinaire, personne ne sait ce qui se passe. Alors on cuisine des choses à la base de notre culture."

Nos smartphones s’adaptent aussi

En plus de nos assiettes, l’équipe du Scan s’est penchée sur nos téléphones. Grâce à l’entreprise américaine Sensor Tower, elle a pu mettre la main sur le classement des applications les plus téléchargées par les Belges, au lendemain du confinement.

Sans trop de surprise, là encore, ce classement fait la part belle aux services de messagerie :

Alexandra Balikdjian n’est pas surprise d’apprendre que 7 des 10 applications les plus téléchargées servent à communiquer. "On a besoin de savoir comment l’autre vit son confinement. Pour prendre des nouvelles, bien sûr, mais surtout pour savoir si de notre côte, on confine de la même manière, de la bonne manière."

Là encore donc, une histoire de repères et de mimétisme, qui nous aide à traverser cette époque bien particulière.

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