Le Scan : moins d'allocations familiales à cause des banques ?

Tous les mois, environ 1,6 million de familles belges perçoivent des allocations familiales. Si lplupart d’entre elles reçoivent cet argent par virement bancaire, ce n’est pas le cas de toutes : quelques dizaines de milliers de Belges ne disposent pas d’ucompte en banque, par choix ou par obligation. Elles ont alors recours à une option, le chèque circulaire. Et cela, à leurs dépens...

Moins rapide, moins sûre, mais plus coûteuse

Si, pour les virements, ltâche est relativement simple, on ne peut en dire autant pour les chèques circulaires : ils sont envoyés par courrier viles services de lposte. L'opération est évidemment moins rapide, mais aussi moins sécurisée, le chèque pouvant être égaré durant le trajet. D'ailleurs, lgrande majorité des allocations familiales perdues sont justement les exemplaires papiers.

La méthode des chèques est donc moins rapide, moins sûre, mais elle est aussi plus coûteuse : lorsque l’on se rend à un guichet pour échanger son chèque contre du cash, lbanque demande souvent des frais (de l'ordre de 5 ou 6€)Cette somme, les banques le justifient par le coût des tâches à accomplir... Malheureusement, aucune banque n’accepté de nous recevoir pour concrètement nous montrer quelles étaient ces tâches. Même des banques comme Argenta, qui n'appliquent pourtant aucuns frais sur les chèques. 

Bernard Bayot, du Réseau Financiténe comprend pas un tel manque de transparence. Pour l'expert, si les coûts varient d’une banque à l’autre, c’est parce qu’ils n’équivalent jamais aux vrais coûts de l’opération. "Chaque banque à ses propres politiques de frais et facture davantage certaines prestations plutôt que d’autres".

"C'est la double peine"

Prendre une commission sur une allocation familiale, un geste qui du mal à passer pour lLigue des Familles : “Ces personnes sont sans doute en situation précaire", s'insurge Christophe Cocu, le directeur général, qui qualifie carrément ces frais de "double peine". 

La Ligue des Famille souhaite que "les contrats entre les caisses d’allocations familiales et les banques soient revus afin de supprimer ces frais”. 

Prévenir à défaut de guérir

Les caisses d’allocation sont conscientes du problème de ces coûts supplémentaires, mais elles ne peuvent rien y faire, à part mettre en garde les familles.

Chez la caisse d’allocation Parentia, ils prônent toujours le virement. Au moment de la création technique du dossier, nous vérifions si la personne dispose d’un compte en banque. Si ce n’est pas le cas, nous envoyons systématiquement un formulaire aux familles pour les encourager à en ouvrir unexplique Marc Ertveldt, porte-parole.

De nombreuses personnes continuent d’échanger leur chèque contre du cash, par peur de voir cette somme saisie. Pour Lcaisse d’allocation Camille, il est important de rappeler que ce n’est pas possible : “On protège les allocations qui ont un caractère insaisissable, nous explique Aurore LacroixElles ne peuvenpas être ponctionnées pendant les trente jours qui suivent le virement.

D’autres familles ne peuvent pas disposer d’un compte à banque, suite à un interdit bancaire par exemple. Elles estiment que les chèques circulaires sont leur seul recours possible. Or, il y une solution qui existe depuis des années : lservice bancaire de base

Il coûte 16,20 euros par an et permet d’effectuer un certain nombre d’opérations. "On n’en parle pas assez, à peine 10.000 personnes en profitent chaque année" déplore Bernard BayotUn service qui permet pourtant d’éviter les frais supplémentaires. 

Mais ça, les banques n’en parlent pas, ou peu...tout simplement parce que ce service n’est pas rentable.

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