Le Scan : les médicaments sont-ils vraiment moins chers en France?

Le prix des médicaments est étroitement lié au pouvoir d'achat. Et pourrait bien se retrouver au centre de la prochaine campagne électorale. Plus chers qu'ailleurs nos médocs? Oui, mais pas tout le temps. 

Crespin, petite commune du Nord de la France. À l'intérieur de la pharmacie de la Frontière, des acheteurs belges. "C'est 40% de notre clientèle", lâche Frédéric Vekemans, le patron des lieux. "Ils viennent du coin, mais on a également des personnes de Mons, de Waterloo et même de Bruxelles". La raison? Le prix, évidemment. Une cliente nous fait le test, en direct. "Regardez cette boîte de Movicol. Cela guérit la constipation. En Belgique, c'est 12€. Ici, seulement 4€".

Veinotoniques, antidouleurs et parapharmacie dans le cadis

Dans la pharmacie française, on s'adapte à cette clientèle. Que ce soit pour les prix, les promotions ou les stocks. "Ce serait bête de ne pas s'adapter à 40% de notre clientèle", poursuit Frédéric Vekemans. Qu'achète-t-elle? Principalement des veinotoniques, des antidouleurs, anti-inflammatoires (type Dafalgan ou Nurofen) et de la parapharmacie. Ici, les prix sont parfois trois à quatre fois moins élevés qu'en Belgique. 

Les raisons : la TVA à 2,1% chez nos voisins, contre 6%, chez nous. Mais aussi la marge : les pharmaciens belges gagnent plus d'argent sur un médicament que leurs homologues français. 

Problème d'érection : direction la Belgique ! 

Mais tous les médicaments sont-ils plus chers de ce côté de la frontière? Non. "Les antibiotiques, les pilules contraceptives, les traitements prescrits aux femmes ménopausées et même les médicaments contre les troubles de l'érection sont moins chers, chez nous", précise Alain Chaspierre, porte-parole de l'APB, l'association belge des pharmaciens. 

Les différences de prix vont donc un peu dans tous les sens. Certains l'ont bien compris et réalisent parfois un véritable shopping pharmaceutique. Aller acheter dans chaque pays, Belgique, France ou Pays-Bas, les produits les moins chers. Une habitude qui ne plait pas vraiment à l'APB. "Un médicament n'est pas un produit comme un autre. Nous n'aimons pas vraiment cette course aux prix les plus bas. Il faut moins se concentrer sur la marque et sur le prix, mais bien sur l'utilité d'un médicament. Et si un client a un problème avec le prix, qu'il en parle à son pharmacien. Il y a souvent une alternative moins chère", conclut Alain Chaspierre.

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