Le Scan : le ticket de caisse est-il toujours utile ?

D’un côté la France, qui supprime les tickets de caisse inférieurs à 10 euros, écologie oblige. De l’autre l’Allemagne, où les tickets de caisse sont obligatoires pour des raisons de fiscalités. Et au milieu la Belgique, où l’avenir du ticket de caisse est incertain.

"Supprimer les tickets de caisse au format papier et les remplacer, à moyen terme, par des solutions alternatives plus durables mais aussi plus économiques." Voilà comment le MR a présentait, en mai 2019, sa volonté de supprimer à terme les tickets de caisse papier. L’idée : privilégier l’option digitale, en mettant évidemment à contribution les acteurs du secteur et les développeurs d’applications.

Réalisable ? Pas forcément…

98 millions de tickets par an pour Colruyt

Quelques chiffres déjà, pour se rendre compte ce que peut représenter le ticket de caisse.

Une étude française indiquait que, chaque année, une boulangerie imprimait 6 kilomètres de ticket de caisse, un bureau de tabac 29 kilomètres et une grande surface 848 kilomètres. A titre de comparaison, un rouleau de papier toilette se déroule généralement sur une petite trentaine de mètres…

Le même genre d’étude n’existe pas pour la Belgique, mais nous avons réussi à obtenir deux chiffres intéressants :

La porte-parole de Vanden Borre nous a tout d’abord indiqué que le magasin de Leeuw-Saint-Pierre utilisait chaque année quelque 500 rouleaux de papier à tickets de caisse. Vanden Borre compte en Belgique un peu plus de 70 magasins, on vous laisse faire le calcul.

De son côté, Colruyt annonce l’impression, chaque année de 98 millions de tickets de caisse. Des tickets au format particulier, proche de feuilles A5, "ce qui leur confère une très bonne lisibilité" nous explique la porte-parole du groupe.

Ticket papier vs ticket digital

Un format peut-être plus clair, mais pas forcément nécessaire pour l’achat de seulement quelques produits. Surtout au vue du nombre de tickets émis par Colruyt tous les ans. L’enseigne à beau imprimer sur du papier recyclé, celui-ci pourrait être utilisé à autre chose.

Alors la solution viendrait-elle, comme le suggérait le MR il y a un an et demi, du ticket digital ? Pas si l’on écoute Frédéric Bordage, expert indépendant en numérique responsable : "Supprimer le ticket de caisse papier pour le remplacer par le ticket de caisse électronique, c’est une fausse bonne idée".

Il a étudié le coût énergétique d'un ticket de caisse papier, de la fabrication des caisses enregistreuses à l’abattage des arbres, et l’a donc comparé à son équivalent numérique, en prenant là en compte la fabrication d’un ordinateur, ainsi que l’envoi et le stockage de mail. Résultat : l’option électronique est "peut-être plus pratique", mais d’un point de vue énergétique et environnement, cela représente "un transfert de pollution".

Autrement dit, le ticket numérique pollue différemment mais tout autant que le ticket papier.

Le ticket à la demande

Pour l’expert, la confection d’un ticket "à la demande" serait – écologiquement parlant – la meilleure solution. Un ticket que l’on ne "matérialiserait qu’en cas de besoin".

D’autant, et c’est à souligner, que l’impression du ticket de caisse n’est en soi pas obligatoire. Le SPF Economie nous a relayé ce qui est écrit dans les textes de loi : "Le livre VI (six) du Code de droit économique n’impose pas la délivrance d’un ticket de caisse pour la vente de biens. Une telle obligation n’existe que pour les ventes de services pour lesquels aucun devis ou facture n’a été délivré".

Reste que certains d’entre vous ne pourraient pas faire sans. Pour la bonne tenue des comptes ou tout simplement par habitude.

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