Le Scan: 9 centres de bronzage sur 10 non conformes

Une nouvelle loi a vu le jour depuis le 1er janvier 2019. Le but ? Mieux protéger les clients des centres de bronzage. Sauf qu’en pratique, personne ou presque ne la respecte.

Les règles sont devenues drastiques. Depuis le début du mois, interdit de mettre les pieds dans un banc solaire sans l’attestation d’un médecin. Une alternative : le centre peut se doter d’un appareil qui détermine le type de peau et le temps d’exposition. Pour rappel, les types 1 (roux ou rousses aux peaux très claires, par exemple) sont interdits d’accès. « Grâce au capteur, on connaît rapidement votre type de peau. Le système détermine le banc que vous pouvez faire et combien de temps. Tout est automatisé, impossible de tricher », commente Jean Goussot, propriétaire de trois centres de bronzage, dans la région de Charleroi.

Aucune attestation demandée

Problème, le matériel coûte cher et très peu de commerces se sont mis en ordre. Avec l’équipe de "On n’est pas des Pigeons", le Scan a testé une dizaine de centres à Bruxelles et en Wallonie. Et tous ou presque sont dans l’illégalité. Aucune pièce d’identité demandée, pas d’attestation médicale ou de machine pour déterminer le type de peau. Neuf centres sur dix ont accepté de nous laisser bronzer en toute tranquillité.

Pour Jean Goussot, c’est le business qui prime. Et beaucoup risquent de travailler longtemps dans l’illégalité. « Certains préfèrent payer une amende, plutôt que se mettre aux normes et peut-être perdre des clients. »

À chaque avancée en matière de protection des clients, c’est la même question : le secteur va-t-il s’effondrer ? Pour Kris Peeters (CD&V), le ministre en charge de la protection du consommateur, c’est la santé des clients avant celle des centres de bronzage. « Nous ne voulons pas tuer le secteur, évidemment. Oui, les règles sont strictes. Mais il s’agit de la santé de consommateur et de risques encourus qui sont très graves, comme le cancer. »

Le secteur est en mal d’image. Les centres en règle se plaignent de payer pour ceux qui fraudent. En 2018, 172 contrôles ont été effectués par l’inspection économique. Près de 90% d’entre eux n’étaient pas aux normes.

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