Le Forum mondial de la langue française s'ouvre officiellement

Des jeunes de multiples pays francophones tendent un fil rouge symbolique
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Des jeunes de multiples pays francophones tendent un fil rouge symbolique - © Boris Krywicki

Les sièges de velours rouge de la salle de spectacle "Le Forum", à Liège, accueillent habituellement des mélomanes ou des amateurs d’humoristes. Ce lundi matin, il s’agit plutôt de célébrer les porteurs de projet venus des quatre coins du monde. Tous francophones, ces innovateurs s’installent aux côtés de personnalités politiques locales.

D’emblée, cette cérémonie d’inauguration se drape de dynamisme. Un duo de présentateurs mène la danse : Julie, en salle, et Nicolas, qui intervient par vidéo pour détendre l’atmosphère à coups de familiarités. Plusieurs jeunes de tous les horizons foulent la scène et y étendent un long cordon rouge. Ce symbole du réseautage qu’offre le Forum Mondial de la Langue Française, on le retrouve au plafond de ce théâtre, entre deux luminaires, et partout ailleurs au cœur de la ville.

Le Commissaire général de l’événement, Philippe Suinen, salue son prédécesseur à Québec, Michel Audet". Nous lui devons une leçon de démocratie et de participation citoyenne ", soutient le repreneur de flambeau de cette deuxième édition, avant de rappeler son pivot thématique : la créativité. Tout comme Michaëlle Jean hier, Philippe Suinen regrette les refus de visa de plusieurs participants et compte les intégrer tout de même aux festivités par les voies numériques.

Après Rudy Demotte, qui clame son amour pour la langue française, le bourgmestre de Liège Willy Demeyer prend la parole pour manifester son enthousiasme. "La francophonie apporte des solutions aux problèmes du monde et nous espérons, avec vous, modestement y contribuer", conclut le maïeur. S’ensuivent Paul-Émile Mottard, Député Provincial à Liège, Jean-Claude Marcourt, Ministre de l’Enseignement Supérieur et du Numérique et Pascale Delcomminette, Administratrice Générale de la WBI et de l’AWEX.

Place aux jeunes

Les porteurs de projets aussi ont droit à leur présentation, avec plusieurs duos venus introduire leur initiative. On note Bio Mikaïla Toko Worou, un Béninois qui pilote, depuis Nice, "Libre opinion", une plate-forme web qui assure le lien entre les décideurs et les citoyens. " Les premiers peuvent affiner leur politique en fonction des avis des seconds ", expose le créateur. "L’utilisateur peut donner son retour aux autorités étatiques, par internet donc, mais aussi par sms, messages vocaux…". Comme cinq autres concepts mis en lumière par le Forum Mondial, ce site communautaire bénéficie des accélérateurs de projets. "C’est un incubateur accéléré, un rassemblement qui nous a permis en deux semaines d’apprendre à valoriser notre idée jusqu’à sa maturation", expliquait Bio Mikaïla dimanche à notre micro.

D’autres structures créatives reçoivent l’attention, comme Cyber Clic, un réseau des bibliothèques francophones à Madagascar. Tout au long de la cérémonie, Michaëlle Jean observe toutes ces idées d’un œil bienveillant avant de déclarer le Forum Mondial officiellement ouvert. La Secrétaire Générale de la Francophonie rend hommage à l’énergie qu’elle sent planer dans la salle quasi-centenaire. Lorsque la présentatrice la défie de décrire l’événement en trois mots, Michaëlle Jean énonce "Créativité" et "Innovation", bien sûr, mais surtout "Réinvention". Elle invite ainsi les participants, issus de pays francophones du monde entier, à conjuguer leurs efforts pour sortir des sentiers battus, apporter du neuf.

Ce discours, Bio Mikaïla Toko Worou s’y retrouve complètement "C’est rassurant pour nous de voir qu’elle incite la jeunesse à bouger pour voir ce qui se fait ailleurs ". Des soucis d’obtention de titres de transport ont empêché 250 participants de prendre part au Forum Mondial. " Souvent, cela vient d’une crainte, par les ambassades, du non-retour des jeunes talents dans leur pays d’origine", décrypte le Béninois. "On a eu beaucoup d’exemple de visites en Europe pour des événements de ce type qui sont restées des allers-simples. Du coup, les autorités filtrent au profit des demandeurs de visas qui disposent de moyens financiers. Et, pourtant, les porteurs de projets en manquent souvent".

Reste à prendre au mot le Commissaire Général Philippe Suinen pour que les chanceux communiquent leurs avancées à ceux restés à quai. Ce n’est pas cette cérémonie d’ouverture enjouée qui les aura découragés.

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