Investissements cyclables: où en est la Wallonie?

Contrairement au RAVel, les autres investissements "vélo" sont trop peu nombreux en Wallonie
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Contrairement au RAVel, les autres investissements "vélo" sont trop peu nombreux en Wallonie - © Jonas Hamers - BELGAIMAGE

Dans le cadre de l'opération "Le Climat et Moi", vous nous avez posé vos questions sur le climat. L'un ou l'une d'entre vous s'est demandé pourquoi la Wallonie ne donne-t-elle pas toutes ses chances au vélo comme les Pays-Bas, avec une infrastructure entretenue même en hiver ?​

Prendre son vélo pour se rendre au travail, à l'école, au hall de sports ou pour faire ses courses dans le centre-ville, c'est loin d'être un réflexe en Wallonie. La Wallonie a des années de retard par rapport aux Pays Bas mais pas seulement. "On fait plus de vélo en Suisse qu'en Wallonie!", affirme le GRACQ, le groupe de recherche et d'action des cyclistes quotidiens. Une réalité qui s'explique par un mot: investissements. Pourquoi la Wallonie ne donne-t-elle pas toutes ses chances au vélo comme aux Pays Bas, avec notamment des infrastructures entretenues même en hiver? Tentative de réponse.

5 euros par an et par habitant
Cinq euros, c'est ce que la Wallonie investit par an et par habitant pour le réseau cyclable tant en terme de sécurité que d'entretien. C'est trop peu. C'est d'ailleurs cinq fois moins qu'aux Pays-Bas et c'est même deux fois moins qu'à Bruxelles. "Il faudrait au minimum 16 à 17 euros par wallon et par an", estime le GRACQ qui compare à ce qui est consacré aux bus soit 400 millions pour les TEC. "En doublant le budget, comme à Bruxelles, la Wallonie dépenserait 35 millions. Ce n'est pas insurmontable", ajoute l'association.

Le GRACQ balaye aussi d'un revers de main les arguments liés au climat, au relief ou au nombre de cyclistes et pour cela il puise dans les expériences voisines. Ainsi, à Copenhague, un demi-million d'habitants se déplacent quotidiennement à vélo et en hiver ils sont encore 400 000. Quant au relief, grâce aux vélos électriques, il est possible de surmonter les principaux obstacles comme les côtes dans les agglomérations. Enfin, le GRACQ constate que dès que des investissements conséquents sont réalisés, le nombre de cyclistes augmente. D'ailleurs rien n'est acquis, aux Pays Bas, les incitants, les cadeaux et les campagnes de promotion du vélo se poursuivent pour continuer à développer ce mode de locomotion.

Wallonie cyclable
Pourtant, la Wallonie veut développer le cyclisme au quotidien. Elle souhaite rattraper le temps perdu. C'était d'ailleurs déjà dans la déclaration de politique générale 2009-2014 avec la volonté d'un plan Wallonie Cyclable. C'est dans ce cadre que dix villes et communes ont rentré des projets qui sont en cours et largement subsidiés. Parmi ces communes, Namur qui a vu son nombre de cyclistes quotidiens passer de quelques centaines à plus d'un millier.

A Gembloux, autre commune pilote, le parking vélo est aujourd'hui largement rempli. A Liège, le réaménagement des quais de Meuse a été repensé aussi en fonction du vélo. Ce ne sont là que quelques exemples. Ces communes pilotes ont réellement mis en place des politiques "vélo" et pas seulement en construisant des pistes cyclables. Ainsi, à Gembloux, on a acheté une balayeuse multifonctions qui peut travailler sur les pistes cyclables. A Namur du personnel et du matériel sont également consacrés à cela.

A ce plan Wallonie cyclable communal, ajoutons que la Région aide aussi les grosses entreprises qui favorisent le vélo pour venir au travail. Une trentaine d'entreprises comme Ethias ou Lampiris par exemple ont souscrit à ce programme sur base volontaire.

RAVeL
Le réseau RAVel a 20 ans et à cette occasion, le ministre Prévot a d'ailleurs décidé de dégager 10 millions supplémentaires portant ainsi le budget RAVel à 32 millions pour les 4 prochaines années. Bien sûr le RAVel,ce n'est pas que pour le vélo mais cet argent servira notamment à l'asphaltage de tronçons. Le réseau RAVel est d'ailleurs en général bien entretenu. L'argent permettra aussi de combler 300 kilomètres de chaînons manquants. Le RAVel, s'il est touristiquement porteur, il peut aussi servir au quotidien. D'ailleurs, le ministre namurois assure vouloir développer les "liaisons emploi" c'est à dire les RAVel qui permettent d'accéder aux zonings, hôpitaux et autres pôles d'emplois.

Des mesures qui vont dans le bon sens mais pas assez vite pour les usagers. "L'entretien des pistes cyclables est quasi nul, souvent en déneigeant les routes, on enneige les pistes cyclables pourtant ne Scandinavie ou en Suisse on fait du vélo. On ne demande pas des pistes cyclables partout, c'est impossible d'ailleurs, mais on pourrait imposer des villes complètement zone 30 pour plus de sécurité ou créer plus de parkings vélos sécurisés par exemple. Avec le vélo électrique, ce type de politique porterait ses fruits", conclut le GRACQ. L'infrastructure, c'est aussi plus de souplesse pour permettre le développement du train/vélo mais là c'est le fédéral et la SNCB qui pilotent avec des différences comme un parking de 10 000 places vélos à Gand et quelques centaines de places seulement en Wallonie...

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